Loches expose Lansyer et Courbet

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De Loches, on retient en priorité qu’elle est depuis plus de mille ans, une cité royale.Son donjon roman, sa collégiale Saint-Ours qui abrite le tombeau d’Agnès Sorel, son logis royal, les façades de ses maisons, ses ruelles racontent un pan entier de l’histoire de France. Mais à cette riche palette, il ne faut pas oublier d’ajouter qu’elle fut la patrie d’un des plus grands peintres paysagistes du XIXe siècle, Emmanuel Lansyer.

Emmanuel Lansyer, Marine côté de la plage de sables blancs à Saint-Jean, petite falaise à gauche au fond le Couliaut, huile sur toile, 1882 (Ville de Loches)

Emmanuel Lansyer, Marine côté de la plage de sables blancs à Saint-Jean, petite falaise à gauche au fond le Couliaut, huile sur toile, 1882 (Ville de Loches)

Celui-ci possédait à Loches une maison bourgeoise héritée de sa mère dans laquelle il séjournait régulièrement et qu’il a léguée à la ville. Consacrée à l’oeuvre de cet artiste, elle est devenue le musée Lansyer. Dans une atmosphère XIXe reconstituée une partie importante de ses œuvres y est conservée ainsi que ses collections de gravures et d’objets chinois et japonais.

Maitre, élève et amis

Emmanuel Lansyer fut l’élève de Courbet. Aussi Loches a-t-elle choisi de rapprocher ces deux artistes dans une exposition et, en invitant « Courbet chez Lansyer », d’offrir un nouveau regard sur l’oeuvre de Courbet et sur celle de Lansyer. Exceptionnelle cette exposition l’est à bien des égards. Conçue autour de l’atelier d’enseignement que Gustave Courbet ouvrit à Paris en 1861 (ce à quoi les historiens de l’art se sont jusqu’ici peu intéressés), l’exposition montre l’influence qu’exerça ce maître sur son élève et la proximité qui exista entre les deux.

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40 œuvres et objets personnels de Courbet appartenant à l’institut Courbet sont mis en scène dans la maison de Lansyer .A partir de la reconstitution d’un atelier d’artiste les liens entre les deux hommes apparaissent. Quand ils se rencontrent en 1861, Lansyer possède une solide formation au dessin d’architecture grâce aux cours de Viollet-le-Duc auxquels il s’est montré assidu. Il a 26 ans quand il décide d’intégrer l’atelier de Courbet, le peintre le plus révolutionnaire de son époque. C’était de la part de Lansyer vouloir mêler classicisme et modernisme.

Gustave Courbet, L’Atelier du peintre, huile sur toile, 1855

Gustave Courbet, L’Atelier du peintre, huile sur toile, 1855

Dans son atelier Courbet promet à ses élèves de leur apprendre à « peindre plus vite que la photographie ». Artiste en rupture il ne cesse de transgresser les règles de l’art académique. Il n’a pas hésité à s’engager sur le plan artistique comme politique. Il souhaitait une réforme complète du système des arts ( école des beaux arts, salons, musées… ). Des lettres présentées à l’exposition le prouvent. Devenu président de la Commission des Arts (lointain ancêtre du ministère de la culture) au sein de laquelle siège également Lansyer il alerte l’opinion.

Enfin et surtout, par le biais d’anecdotes, de correspondances , de textes de Courbet et de dessins de Lansyer réalisés au cours de sa formation le visiteur découvre la vie telle qu’elle était dans l’atelier Courbet. Il est même invité à s’approcher au plus près des outils du peintre et à faire l’expérience du dessin en se mettant en situation au sein de l’atelier. Une bien belle aventure !

F.C.

« Courbet s’invite chez Lansyer »
Maison-Musée Lansyer, 1 rue Lansyer, Loches 37600
4 juin-2 novembre 2016. Tous les jours de 10h à 18h30
Plein tarif : 5 euros, Tarif réduit, 3,5 euros pour les groupes d’au moins dix personnes, gratuit pour les moins de 7 ans. Billet jumelé Cité royale + Maison -Musée Lansyer : 10 euros

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