Bras de fer autour de la manifestation de jeudi à Paris

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Les anti-loi travail pourront-ils manifester comme ils en ont l’intention jeudi à Paris ? A l’heure où nous écrivons le sort du défilé pris dans l’étau d’un bras de fer entre gouvernement et syndicats demeure toujours en suspens. La réunion  qui s’est tenue en fin de matinée entre le préfet de police  et les  représentants des syndicats  s’est terminée sur un échec.

manifestation lycéen orléans

Dans un communiqué les syndicats ont aussitôt fait savoir qu’ils refusaient « catégoriquement  un rassemblement statique place de la Nation » comme le ministre de l’Intérieur et la  préfecture de police, invoquant des raisons de sécurité à la suite de la manifestation du 14 juin émaillée de violences le demandent.  Le préfet et les sept syndicats contestataires vont-ils finir par trouver un terrain d’entente ? Pour l’heure les tractations continuent. Le gouvernement cherche à faire plier l’intersyndicale qui résiste, proposant un trajet  volontairement raccourci entre Bastille et Nation pour  « tenir compte des conditions de sécurité » alors que la loi El Khomri est actuellement examinée au Sénat avec un vote solennel prévu le 29 juin avant un retour à l’Assemblée le 5 juillet.

Menace d’interdiction

La manifestation du 14 juin dernier a dégénéré

La manifestation du 14 juin dernier a dégénéré

S’ils renoncent à ce rassemblement statique, la manifestation sera interdite, a averti la préfecture, une mesure exceptionnelle bien que rien dans la constitution l’interdise. Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a écrit en ce sens au patron de la CGT, Philippe Martinez (lettre publiée par Mag’Centre). Alliance, le premier syndicat de gardiens de la paix, a demandé le report du défilé parisien de jeudi « comme d’ailleurs de tout rassemblement statique, car nos collègues sont sur tous les fronts et sont épuisés», selon Frédéric Lagache, secrétaire général adjoint du syndicat de police. Mais les syndicats (CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, UNL et Fidl) ont maintenu leur demande de défiler, proposant au ministre de « faire une nouvelle proposition de manifestation». Un autre trajet comme  porte de sortie serait-il dans les tuyaux ? Une nouvelle journée de mobilisation est déjà programmée le 28 juin, avec un appel à manifester de Nation à place d’Italie, selon le communiqué intersyndical publié la semaine dernière.

« Et pourquoi pas un pique-nique ? »

Philippe Martinez

Philippe Martinez, patron de la CGT

Pour les syndicats, un rassemblement statique constitue une « remise en cause de la liberté de manifester », d’autant que, dans le cadre de la journée de mobilisation de nombreuses manifestations sont prévues ici et là jeudi en France, sans menaces d’interdiction. « Et pourquoi pas un pique-nique aussi !?  Le rassemblement statique peut être source de tous les dangers, car nous  rappelons que c’est en fin de manif que les exactions les plus violentes sont commises »,  dit-on à la CGT.

« Je ne suis pas sûr qu’une fan-zone syndicale sur la place de la Nation soit plus sécurisée qu’une manifestation. Franchement, vous voyez la place de la Nation, comme toute autre place, entourée par les forces de l’ordre ? Donc, ça devient quoi, c’est une arène ? »  s’insurge à son tour Jean-Claude Mailly , leader de FO.

Valls sur la sellette

« Qu’est-ce qui a généré la manif du 23 ? Les interventions la semaine dernière du Premier ministre » ajoute le patron de Force ouvrière. Au lendemain de la manifestation nationale de la semaine dernière à Paris, Manuel Valls a pointé la « responsabilité » de la CGT, critiquant son attitude « ambiguë » vis-à-vis des casseurs. Dimanche, il a estimé que « les organisateurs devraient annuler eux-mêmes ces rassemblements ».

Manuel Valls

Manuel Valls

Remarques qui ont déclenché un tollé chez les syndicats et dans  une partie de la gauche. La CGT « ne porte aucune responsabilité sur ce qui se passe en marge des manifestations », a insisté Philippe Martinez, qui s’est interrogé, comme Jean-Claude Mailly, sur des ordres de non-intervention qui auraient été donnés aux forces de police. Même Laurent Berger, leader de la CFDT, qui soutient la loi travail, estime qu’interdire de manifester n’est « pas du tout souhaitable. Il y a un risque de victimisation de la CGT », opinion partagée par l’ancien ministre de l’Intérieur PS, Daniel Vaillant. La ligue des Droits de l’homme et  l’aile gauche du PS pourraient aussi en cas d’interdiction hurler « au coup de force permanent » du premier ministre. Il reste  deux nuits et un jour  pour trouver une solution acceptable par toutes les parties prenantes. Est-ce possible ?

Françoise Cariès.

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