Les Britanniques ont choisi de quitter l’UE après en avoir été partie prenante pendant 43 ans. Le Brexit (contraction de Britain exit) l’a emporté. Le camp du « Leave » (quitter) a gagné avec 51,9% sur le Remain (rester) 48,1%). C’est la première fois qu’un pays quitte l’Union européenne.
David Cameron, le premier ministre conservateur britannique, qui avait initié le référendum alors qu’il était lui-même opposé au Brexit, a annoncé dès ce vendredi matin qu’il quittera son poste dans les trois mois. « Je pense que le pays a besoin d’un nouveau leader », a-t-il admis reconnaissant sa lourde défaite. David Cameron assurera la transition au 10 Darning street jusqu’à la désignation d’un nouveau leader lors d’un congrès du Parti conservateur en octobre et celui-ci deviendra automatiquement premier ministre. Le porte-parole des pro-Brexit, Boris Johnson, ancien maire de Londres, semble tenir la corde.
Sortir de l’UE
Ce successeur, quel qu’il soit devra assurer la sortie de son pays de l’Union. Pour que cette sortie soit effective le Royaume-Uni doit faire connaître formellement ses intentions lors d’un Conseil européen. Cette démarche découle de l’article 50 du traité de Lisbonne adopté en 2009 et un Conseil des chefs d’Etat était d’ores et déjà prévu les 28 et 29 juin à Bruxelles. Une période de deux ans est prévue pour préparer la sortie et la rendre effective. Cette période peut aussi être prolongée, si les Etats européens en sont unanimement d’accord, faute de quoi le Royaume-Uni se retrouverait sans accords commerciaux ni accords préférentiels de libre circulation. De longues négociations sur les modalités du désengagement britannique, notamment sur un éventuel accès au marché unique vont se dérouler. Selon le ministre des Affaires étrangères britanniques ces négociations pourraient s’étaler sur plus d’une décennie.
Equilibre des pouvoirs
Ce départ va automatiquement modifier l’équilibre des pouvoirs au sein du Conseil européen. Selon les règles introduites en novembre 2014 une minorité de blocage au Conseil européen doit comprendre au moins quatre états représentant au minimum 35% de la population européenne. Avec la sortie du Royaume-Uni pays très peuplé, les tenants de la ligne plus libérale perdent un pays très peuplé.
Le véritable moteur de l’UE, surtout sur le plan économique, fonctionnait jusqu’ici à partir d’un un jeu d’influence entre Allemagne, France et Royaume-Uni. Désormais Berlin se retrouvera seul face à Paris. La convergence des positions entre les deux pays deviendra encore plus nécessaire et l’influence de Paris en sera renforcée.
Conséquence pour les particuliers
Tant que le Royaume-Uni est dans l’Union européenne, les règles concernant la libre circulation des personnes restent inchangées : Le Royaume Uni n ’étant pas un pays de la zone Schengen, il faudra toujours un document d’identité prouvant son appartenance à un pays de l’Union européenne pour voyager outre-Manche et y travailler.
Les choses deviendront plus difficile lorsque le Brexit sera effectif : il se peut qu’il faille un visa pour gagner le Royaume-Uni et y séjourner et que les Britanniques en aient besoin pour entrer dans l’UE.
Les étudiants britanniques, qui sont de plus en plus nombreux à partir étudier à l’étranger, seront les plus touchés. Il sera compliqué pour eux d’effectuer leur mobilité sans le programme Erasmus. Les étudiants européens au Royaume-Uni pourraient devoir acquitter des frais universitaires beaucoup plus importants qu’actuellement car ils seront considérés comme des étudiants internationaux.
Les produits anglais coûteront plus chers en Europe et nos exportations dans ce pays devront acquitter des taxes Le Royaume-Uni bénéficie de plusieurs milliards d’euros au titre des programmes financés par l’Union européenne en faveur de ses membres. Si Londres quitte l’UE, ces aides et ses contributions doivent disparaitre. Pendant la campagne électorale une grande partie du débat a été occupé par cette question : le pays serait-il financièrement bénéficiaire ou non ? Les partisans du Brexit avançaient que le pays allait récupérer la contribution britannique à l’UE. Les proeuropéens rappelaient les risques de réinstaurer des barrières douanières et de perdre les subventions garanties par l’UE.
L’Ecosse va peut-être se détacher du Royaume Uni, mais pas tout de suite. Les Ecossais ont voté à 62 % en faveur du maintien dans l’Union européenne, avec cependant une participation assez faible. La première ministre de l’Ecosse, Nicola Sturgeon, dirigeante du Parti national écossais (SNP) a prévenu que la région voyait « son avenir au sein de l’Union européenne ». les Ecossais vont-ils programmer à leur tour un referendum ?
Selon toute vraisemblance l’anglais qui est parlé par 38% des européens dont elle n’est pas la langue maternelle restera la langue officielle à Bruxelles, Si les 24 langues des pays de l’UE sont acceptées au sein des institutions européennes, le français et l’anglais sont les deux le plus fréquemment usitées.
F.C.
Publié le 25 juin 2016