« O’Neill soit qui mal y pense… »

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Joao Dorandao

Comment avons-nous pu leur faire cela ? A eux, nos amis fidèles. L’épisode de la main de Thierry Henry qui a permis à l’équipe de France de décrocher une qualification inespérée pour la coupe du monde 2010 (et pour quel résultat final…) a dépassé le stade du sport. Pour les Irlandais, voir ces balourds de Simonet et Domenech se congratuler bruyamment au coup de sifflet final relevait de l’insulte, d’une perfidie presque quasiment anglaise. Les futurs mutins de Knysna, dirigés par un serial loser, éliminent les guerriers celtes de Trapattoni, légende vivante du football italien,sur une des pires tricheries du sport français sans que personne ne propose de rejouer le match ni ne présente d’excuses !

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Aux antipodes de la sportivité d’un Arsène Wenger qui fit rejouer un match de coupe en février 1999 après que son équipe avait inscrit un but après une action peu conforme à l’esprit du jeu. Le gardien Sheffield, qui affrontait Arsenal, était … irlandais…

Notre pays et l’Irlande entretiennent une amitié multiséculaire, qui doit beaucoup à notre hostilité commune à l’égard de la perfide Albion : à la fin du XVIIème siècle, les Jacobites, partisans du Roi catholique Jacques II exilé en France, combattirent dans les troupes de Louis XIV, puis de Louis XV. Entre 1796 et 1798, les armées républicaines tentèrent à trois reprises de débarquer en Irlande, avant la création par Napoléon d’une légion irlandaise en août 1803. Et en mai 1969, quelques jours après sa démission, c’est  la terre d’Irlande que choisit le Général de Gaulle pour effectuer ce qui allait être son dernier voyage à l’étranger.

Jack Charlton, le fidèle

Jackie Charlton

Jack Charlton

Jusqu’à la fin des années 1980, l’équipe irlandaise de football n’impressionnait personne et ne se qualifie pour aucune compétition officielle jusqu’au championnat d’Europe de 1988 organisé en Allemagne. Un homme est à l’origine de l’éclosion d’une équipe : Jack Charlton.

Frère de Bobby, Jackie Charlton était un défenseur central de renom, vainqueur de la coupe du monde 1966 (grâce au « non-but » de Geoff Hurst en prolongation face à la République Fédérale d’Allemagne) et joueur fidèle à son club de toujours, Leeds United. Ironie du sort, pour son premier match en championnat d’Europe, les Irlandais affrontent l’ennemi juré : l’Angleterre. Charlton connaît par cœur le jeu de ses compatriotes. L’Anglais est sûr de lui : comment pourrait-il s’incliner face à ces rustres d’Irlandais ? Mais le madré Charlton a incorporé à son équipe des « Anglais » aux (parfois lointains) ancêtres Irlandais, tels John Aldridge ou Ray Houghton, joueurs de Liverpool. Et son équipe, déjà soutenue par un formidable contingent de supporters, rêve d’un coup de Trafalgar… L’impensable se produit : dès la sixième minute de jeu, une tête lobée du néo-Irlandais Houghton surprend Peter Shilton, les Irlandais sont devant.

Les Anglais ne s’en remettront pas et s’inclinent 1 à 0 après avoir échoué à plusieurs reprises face au gardien irlandais Pat Bonner. Les Irlandais sont toutefois éliminés de la compétition, mais avec les honneurs (1-1 face à l’URSS, futur finaliste, puis courte défaite 1-0 face aux Pays-Bas, futurs vainqueurs, après un but tardif de Kieft). Et l’essentiel est là : l’équipe peut perdre 9 matches sur 10, mais si le dixième match débouche sur une déroute de l’Anglois, la Guinness peut couler à flots !

 

Certes, l’Irlande de Charlton n’est pas les Pays-Bas de Rinus Michels ou le Barça de Guardiola : une défense solide organisée autour de gaillards comme O’Leary ou McGrath, un pressing agressif du milieu de terrain (que le grand Jack soutient avoir inventé), et quelques bons coups de boule des costauds de devant, Frank Stapleton ou Niall Quinn. C’est avec cette recette aussi simple qu’efficace que l’Eire obtient ses meilleurs résultats en coupe du monde (quart-de-finaliste en 1990, sortie par l’Italie, pays organisateur ; puis huitièmes de finale en 1994).

L’Irlande de 2016, entraînée par Martin O’Neill, conserve les fondamentaux de l’ère Charlton : si elle a raté son match face aux Belges, elle s’est montrée solide face aux remplaçants italiens. Et bien que Robbie Keane, meilleur buteur irlandais de l’histoire écarte tout esprit de revanche, la surmotivation de ses coéquipiers ne fait guère de doute.

Avec ce qu’elle a montré au premier tour, nous ne voyons pas l’équipe de France aller au bout : alors, plutôt que de donner aux Anglais en quarts ou aux Allemands en demies le plaisir de nous éliminer, pourquoi ne pas envisager la victoire dont les meilleurs fans du monde se souviendront toute leur vie ?

 Nous leur devrions bien ça après tout. Mais, « O’Neill soit qui mal y pense… »

Joao Dorandao.

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