Olafur Eliasson : un magicien à Versailles

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Versailles étonne toujours et d’autant plus quand un magicien y installe des jeux d’eau. Cet été le roi soleil accueille dans son parc et dans ses murs Olafur Eliasson un artiste scandinave qui convie les visiteurs à rencontrer le Versailles d’aujourd’hui.

Olafur Eliasson, Waterfall, 2016.  Installation view, Palace of Versailles, 2016 Photo: Anders Sune Berg Courtesy of the artist; neugerriemschneider, Berlin; Tanya Bonakdar Gallery, New York © 2016 Olafur Eliasson

Olafur Eliasson, Waterfall, 2016. Installation view, Palace of Versailles, 2016
 Photo : Anders Sune Berg Courtesy of the artist; neugerriemschneider, Berlin; Tanya Bonakdar Gallery, New York © 2016 Olafur Eliasson

« Pourquoi figer Versailles dans une étape de son voyage dans le temps ? Le château était en chemin pour rencontrer mon exposition » déclarecet artiste qui invite au déplacement du corps, à une observation mouvante. Au bout du grand canal une cascade monumentale, telle que Le Nôtre en eut certainement rêvé  crée une perspective nouvelle.

Olafur Eliasson, ©Rolex Tina Ruisigner

Olafur Eliasson, ©Rolex Tina Ruisigner

Comme suspendue dans le ciel, obtenue grâce à des échafaudages, des grues et des pompes ultra-puissantes, la chute artificelle  déverse, inlassablement dans le lointain, sur l’horizon et enfin à vos pieds  des cataractes d’eau somptueuses qui font penser aux chutes du Niagara.  Au bosquet de l’Etoile un anneau de pluie brumeuse, véritable rideau aquatique que l’on peut traverser et retraverser permet d’apparaître et de disparaître à l’envi. Cette dernière installation, toute de légèreté, soumise au vent et au soleil déploie des trésors irisés. Elle se joue avec malice de la lumière du jour. Dans le bosquet de la Colonnade, l’eau demeure sous sa forme solide. Autour de la statue de Proserpine, déesse des saisons, un parterre clôt le triptyque aquatique représentant la continuité des cycles.  Ces grandes eaux contemporaines répondent avec talent à l’hydraulique mise en scène sous le règne de Louis XIV et démultiplient le plaisir des yeux et de l’âme.

L’attraction de l’eau

L’eau a toujours exercé son pouvoir sur Olafur Eliasson jusqu’à faire de lui un magicien. Né à Copenhague de parents islandais, l’artiste passait ses vacances chez ses grands–parents près de Reykjavik, au fond d’un fjord. Avec les enfants du village il jouait à fuir la marée : premiers jeux d’eau, initiation aux mouvements de la nature, prise de conscience de la présence humaine en son sein d’où son désir de communiquer ses observations aux autres, de les faire partager.

En 2003, il se fait remarquer à la Tate Modern de Londres où il reconstitue un coucher de soleil aveuglant accompagné d’un brouillard artificiel, obtenu grâce à des humidificateurs. Cinq ans plus tard il installe des cascades de 40 mètres de haut en plein New-York. En 2015 à la COP 21, il interpelle le public en mettant en scène des blocs de glace venus du plus grand glacier du Groenland, le Nuuk, ce qui ne plait pas aux écologistes purs et durs.  C’était, pour lui, sa façon de rappeler à tous que le réchauffement climatique entame les glaciers.

Le langage de l’art

A Versailles Eliasson ne se contente pas de faire parler les jardins, il donne la parole au château. Au bout de la galerie des glaces il a disposé un miroir ovale  de cinq mètres de haut. Une façon de proposer un questionnement, une expérience à tout visiteur : « voir le baroque est une chose mais voir que l’on voit le baroque en est une autre. Chacun a besoin d’un reflet pour exister. Le château a été conçu pour paraître et d’une certaine manière il nous voit » ,suggère-t–il.

Quel lieu mieux que Versailles  pour accueillir ses œuvres ? « Versailles est si grand ! », dit-il. « La première fois que je m’y suis promené, le château m’a stupéfait, qui d’une façon spectaculaire d’un endroit pouvait paraître si grand et d’un autre si petit. L’art est un langage  fort qui développe la citoyenneté. L’intérêt du public pour l’art contemporain prouve qu’il est bénéfique d’exposer dans des lieux chargés d’histoire ».

F.C.

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