A Blois : accoucher, naturellement

La polyclinique de Blois vient d’ouvrir une nouvelle salle “nature”. Un équipement innovant pour des accouchements naturels dans une atmosphère douce et confortable. Inspirez, soufflez, poussez… Visite guidée.

Les lianes, très prisées par les femmes enceintes, permettent de s'étirer le dos pendant le travail d'accouchement.

Les lianes, très prisées par les femmes enceintes, permettent de s’étirer le dos pendant le travail d’accouchement.

Faut-il que ça soit un homme qui vous le dise : ça donnerait (presque) envie d’accoucher. A la Polyclinique de Blois (à la Chaussée-Saint-Victor) une nouvelle salle d’accouchement dite “nature” vient d’ouvrir. Ambiance zen pour les femmes qui désirent accoucher naturellement, mais il n’est pas interdit de penser que cette salle à la lumière douce, feutrée, au plafond étoilé et à la décoration soignée, plaira aussi aux futurs papas…

Tout y est mis à disposition pour assurer bien être, sérénité et sécurité : matériel médical réduit au minimum et très discret, couleurs et décorations agréables, lumière tamisée, musique douce ; pour un peu on y ferait même la sieste… Une baignoire de relaxation y trouve aussi sa place, la future maman peut, au contact d’une eau à 37° se relaxer et s’apaiser, elle procure une sensation de légèreté, de flottement. Suspendues au dessus de la table d’accouchement, deux lianes d’étirement permettent de s’étirer pendant le travail, libérant le bassin lui donnant la possibilité de s’ouvrir.

Un projet pour une équipe de maternité homogène

Baignoire accouchement Polyclinique Blois Un investissement de 70.000 €, fabriqué par une société française (mvf ; la baignoire est Suisse) que ne regrette pas le directeur de la Polyclinique Yvan Saumet : “La première fois qu’on en a parlé c’était du temps de la clinique Saint-Côme, il y a 30 ans. Il y avait une baignoire, qui n’a quasiment jamais servi. Cette salle nature servira soit pour accoucher, soit pour passer un moment pendant le travail. Une maternité, comme une clinique au sens large, il faut que cela soit un lieu de vie”, dit-il. “On cherche à ce qu’une femme ait le choix. Or dans plus de 30 départements, une femme n’a pas le choix du lieu où elle accouche. Cette salle n’est pas un choix de rentabilité – une maternité ne l’est pas – mais l’équilibre se fait avec d’autres services qui sont eux, plus rentables”. Avec un record de 900 accouchements en 2013, la Polyclinique blésoise tourne actuellement à 700 par an, soit en moyenne deux par jour. On est loin des 4.000 accouchements annuels de certaines “usines” de grandes métropoles françaises.

Seul équipement de ce genre en Loir-et-Cher

Plyclinique Blois

A tout moment lors de l’accouchement naturel, si un problème survient, on peut basculer sur une salle d’accouchement normale.

 Un choix qui émane surtout d’une équipe, un projet porté par les quatre gynécologues, renouvelés récemment, les trois pédiatres et les sages-femmes du service maternité de la Polyclinique. “Pour qu’un tel projet avance, il faut une équipe homogène”, explique Sophie, sage-femme. “C’était le bon moment, c’était mûr”.

Cet équipement d’accouchement nature est le seul en Loir-et-Cher sur les 4 maternités existantes. L’accouchement dit “physiologique” est une demande de plus en plus fréquente de la part des femmes qui ont l’impression d’être dépossédées des décisions les concernant et d’être contraintes dans un environnement trop médicalisé. Cette demande semble avoir été entendue par les professionnels du secteur. “Mais cela reste pour l’instant marginal”, indique Yvan Saumet, “on a environ 70 à 80 % d’accouchements qui se déroulent sous péridurale”. En région Centre-Val de Loire, le CHR d’Orléans, et l’hôpital de Chinon proposent aussi des accouchements naturels. Un équipement qui pointe le bout de son nez au moment même où, à Pithiviers, la maternité – qui fut en pointe pour les méthodes d’accouchement douces au début des années 80 – vient de fermer ses portes

Frédéric Sabourin.

 

 

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