AgglO : Orléans-Métropole fait consensus

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180 minutes avant le début du fameux match France-Allemagne, les élus de l’AgglO n’ont pas traîné lors du conseil d’agglomération jeudi 7 juillet. L’heure de début avait même été avancée pour ne pas rater le coup d’envoi. Mais les élus ont quand même bien pris leur temps pour débattre du projet Orléans-Métropole. Cependant pour qu’elle intègre ce rang envié, il faut changer la loi, car actuellement elle n’atteint pas le seuil d’accès.

Le siège de l'Agglo d'Orléans (:photo Agglo).

(c) AgglO

“Une ambition commune ; et si chacun s’approprie le projet, il réussira. Il nous reste quelques petites phases à mettre en œuvre”. Charles-Eric Lemaignen, président de l’Aggl’O, semble satisfait à l’issue du débat (sans vote) autour du projet Orléans-Métropole. Tout reste à faire, mais les élus de l’AgglO veulent aller vite, pour ne pas rater le train.

Un train qui les mène vers Paris. Pas n’importe quel Paris : le Grand Paris. Ce projet doit être discuté prochainement en Conseil des ministres, et avec lui sera aussi question de la modification de la loi concernant l’accession d’une ville au rang de Métropole. Orléans et Dijon – les deux seules capitales régionales de France à ne pas être Métropole – en rêvent. Saint-Étienne et Toulon aussi. A Dijon, François Rebsamen, ex-ministre du travail et maire de la capitale bourguignonne, et à Orléans, Charles-Eric Lemignen, pédalent comme des forcenés (Tour de France oblige) pour faire en sorte que “ça passe”. 

“Petite parmi les grandes”

Charles-Eric Lemaignen (LR), président de l'agglo.

Charles-Eric Lemaignen (LR), président de l’agglo.

Car aujourd’hui, aucune des deux communautés urbaines n’atteint le seuil fatidique des 400.000 habitants pour entrer dans le club. Il faut donc modifier la loi pour prendre en compte “le bassin d’emplois”, et atteindre ainsi le seuil. “Nous avons les compétences pour y participer”, insiste le président Lemaignen. Le projet de loi sur le Grand Paris – et la loi modificative sur les Métropoles – devrait intervenir avant le 1er janvier 2017. Le temps presse. Après, il sera trop tard, nous entrerons dans une année électorale où présidentielle et législatives vont accaparer tous les débats et geler les décisions, surtout. Il faut dans un premier temps que l’agglomération passe en Communauté urbaine. Nouvelles compétences (équipements culturels et sportifs d’intérêt communautaire, voirie, stationnement en ouvrage, concession de la distribution publique d’électricité et de gaz), mais aussi nouvelles dotations (un bénéfice de 5 à 6 M€ de Dotation globale de fonctionnement, la fameuse DGF).

Qu’apporterait le statut de Métropole à Orléans ? Outre là aussi de nouvelles compétences – et donc de nouvelles subsides – il ne fait pas mystère que ce statut apporterait un rayonnement national et même international qui ne peut que bénéficier à la ville qui décroche cette timbale. C’est particulièrement le cas en matière d’attractivité économique, précieuse pour les créations d’emplois. Mais c’est aussi une belle affaire sur le plan de l’attractivité culturelle. “Il vaut mieux être petite parmi les grandes, que grande parmi les petites”, dit Hugues Saury président du Conseil départemental du Loiret, pendant la session du 7 juillet. A ce sujet, Communauté urbaine, puis Métropole : encore des couches supplémentaires du “millefeuilles territorial”, dont on nous promet sans cesse un régime amaigrissant ? Mais dans les faits les citoyens ont parfois bien du mal à s’y retrouver : “Il y a huit blocs de compétences qui peuvent être transférées du Département à la Métropole, et il en faut minimum trois”, ajoute-t-il. Déjà étranglés financièrement, les Départements seront-ils sacrifiés sur l’autel de ces regroupements, étant peu à peu déshabillés de leurs compétences suite à l’entrée en vigueur de la loi NOTRe (compétence économique notamment transférée aux Régions) ? Il ne lui “resterait plus que” le volet social (RSA, APA, CPH), environ 60 % du budget en moyenne des Départements.

Ne pas diluer l’échelon communal

Christophe chaillou, maire PS de Saint-Jean-de-la-Ruelle.

Christophe chaillou, maire PS de Saint-Jean-de-la-Ruelle.

Dans l’assemblée des élus communautaires, c’est plutôt le consensus qui domine autour du projet Orléans-Métropole. Personne ne semble vouloir porter la casquette du rabat-joie qui ne voudrait pas du projet, quitte à le regretter des années plus tard. Aussi, à la marge, certains élus appellent cependant “à ne pas oublier les habitants de l’AgglO” ; et “que ça ne soit pas qu’une affaire d’élus” (Michel Ricoud, conseiller municipal PCF de La Source). Certains appellent à ne pas oublier de “respecter les identités, les solidarités, les diversités” des 22 communes de l’AgglO (Christophe Chaillou maire de Saint-Jean-de-la-Ruelle), insistant sur la “place des communes et des maires, qui doivent rester à l’origine des actions car ils ont la légitimité du suffrage universel pour agir”. Où l’on voit l’importance de l’échelon communal dans le pays, élément indispensable de proximité facilement identifiable – et identifié – par les citoyens.

Pour Olivier Carré, député maire d’Orléans, “un des objectifs est d’être une des villes qui compte dans 10, 20 ans. Malgré tout, il ne faut pas tomber dans des usines à gaz, et faire attention aux sujets sensibles qui deviendront compétences de la Métropole : assainissement, ramassage des ordures ménagères. Les habitants y sont très sensibles, on le voit bien dès qu’il y a un problème. Moi je souhaite que nous fassions partie des territoires que l’on choisit. Qu’Orléans soit ville référence sur la Loire”.

Intervives, projet phare de l’AgglO qui devrait peser dans la balance de la future Métropole – c’est en tout cas ce que souhaite Ch-E. Lemaignen – a ensuite été mis au vote des élus de l’agglomération orléanaise, et adopté.

Frédéric Sabourin.

Commentaires

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  1. 20 ans d’immobilisme sur ce sujet et probablement une grosse frayeur lors du regroupement ou non des régions, pour qu’enfin les élus se bougent en faveur d’un début de regroupement des communes de l’Aggl’O.
    Et dire qu’il faudra encore 20 ans de plus pour créer le véritable Grand Orléans, bien plus efficace qu’une simple Métropole.
    Il est plus que temps d’avoir des ambitions pour être une vraie capitale régionale.

  2. ce que je vois dans cette affaire c’est un gonflement des ego des élus (avec à la clef sans aucun doute de meilleures indemnités…), un monstre administratif pour aboutir au final à une dissolution de la démocratie : belle avancée !

  3. Cette réforme des intercommunalités est dans la lignée de la réforme des régions: nécessaire mais idiote et mal arbitrée.

    Cette réforme est dans la lignée de la réforme des régions: nécessaire mais idiote et mal arbitrée.

    Orléans, moins dynamique économiquement que Tours, moins dynamique culturellement que Tours, plus petite ville étudiante que Tours, moins peuplée que l’agglomération de Tours, moins centrale d’un point de vue transports que Tours deviendrait une métropole et Tours non ?

    Ce jeu des métropoles n’est qu’un jeu d’égo qui n’apporte rien aux citoyens.

  4. J’ai reçu une plaquette explicative indigeste éditée par ma ville. On tenterait encore de nous endormir qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

  5. Sur : http://candidatlemaignen.blogspot.fr/

    Son expérience :

    La première, la plus marquante, est d’avoir mis en place, quand il était secrétaire générale de la mairie de Grenoble, la pratique de faire signer des chèques en blanc par ses Présidents de commissions. Mis sur la sellette par la Chambre régionale des comptes, il avait avec arrogance, pour expliquer cette pratique scandaleuse et totalement illégale de tout temps qu’il s’agisse de fonds privé ou plus particulièrement de fonds publics répondu que cette pratique existait déjà à son arrivé.

    La deuxième expérience est d’avoir pris la tête de l’administration du Conseil régional. Il s’y comparait, dans le bulletin de la Région, en toute modestie, à Alain Prost ou Steve MacQueen. Il expliquait à l’infortuné président d’alors, Maurice Dousset, que pour être réélu il fallait mettre à la porte la quasi totalité des directeurs de la région. Les Directeurs furent mis à la porte, pour autant, Dousset connu une amère défaite.

    La troisième expérience est d’avoir mis en place une collecte sélective des ordures, catastrophique, car très mal coordonnée, et proposant moins de services qu’auparavant ( la collecte des “monstres” ne se fait plus dans les quartiers, il faut les porter à la déchetterie, comment faire sans voiture ou fourgonnette particulière).

    La palette de Charles-Eric Lemaignen est impressionnante ; aux électeurs de faire savoir si elle les a séduit.

  6. “un des objectifs est d’être une des villes qui compte dans 10, 20 ans.”
    “Car aujourd’hui, aucune des deux communautés urbaines n’atteint le seuil fatidique des 400.000 habitants pour entrer dans le club.”

    Encore des “machins” et des “phrases creuses” d’élus . . Ce qui compte, pour les gens, c’est de bien vivre, ce n’est pas que leur ville “compte” ( on ne sait d’ailleurs pas trop ce que ça veut dire ) ou qu”elle totalise le plus d’habitants possible. D’ailleurs ont vit de manière bien plus harmonieuse dans une petite ville que dans une grande métropole où personne ne connait personne..

  7. Dans ce débat sur le passage en communauté urbaine puis en métropole, il est évident que le citoyen de l’agglo est totalement oublié. La mairie de Saran a, elle, consulté les habitants, organisé des réunions publiques pluralistes. La droite et une parie du PS ont critiqué cette initiative. Mais au moins, cela a permis de porter cette question en débat. Depuis, Saint Jean de la Ruelle et Saint Jean de ont organisé des débats.
    Cette question est loin d’être une question technique. C’est une question très politique car il s’agit de la vie des habitants en terme de service public, de proximité, du lien des habitants avec les élus. La modernité ce n’est pas de faire disparaître les communes, la modernité, c’est de donner les moyens aux communes de satisfaire les besoins des habitants. Si on écoute les élus très favorables au processus de passage en communauté urbaine puis en métropole, ce serait formidable pour les habitants. Je n’en suis par persuadé. Ce qui compte, c’est bien de savoir si cela va apporter du mieux au niveau de l’emploi, du logement, de la santé, etc….C’est donc aux citoyens de décider. En toute transparence.

    Michel RICOUD

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