Pont Aven, la cité des peintres

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Par André Degon

L’ouverture du nouveau musée de Pont-Aven est l’occasion de découvrir cette ravissante petite ville bretonne qui abrita Gauguin et les peintres de l’Ecole de Pont-Aven, mouvement célèbre dans le monde entier qui influença le Symbolisme et l’Art nouveau.

L'atelier au manoir de Lezaven

L’atelier au manoir de Lezaven ©AD

« C’est le plus joli village de France que j’avais vu jusqu’à présent, avec son pont étrange au-dessus d’une rivière rapide, qui fait tourner plusieurs roues à eau pittoresques et s’en va vers la mer, à peu de distance. » Ainsi le peintre américain Henry Bacon vantait Pont-Aven auprès de ses confrères nord-américains installés à Paris après son voyage entre Concarneau et Quimperlé en 1864.

L’ouverture de la ligne ferroviaire jusqu’à Quimper et son extension jusqu’à Quimperlé un an auparavant allait faciliter l’accès à cette petite ville du sud Finistère, ce « petit trou pas cher » comme le surnommait le peintre Armand Jobbé-Duval. Situé au bord de l’Aven, dans une vallée encaissée, à quelques kilomètres de son embouchure, Pont-Aven était, à la fin du XIXe siècle, un bourg actif avec ses foires et ses marchés au cochon. Sur le port, les allées et venues étaient incessantes entre les caboteurs pour décharger le blé, et remplir les cales de bois de chauffage. La petite ville commerçait notamment avec Cardiff en Grande-Bretagne pour le charbon en échange de granit. Au-dessus des rives de l’Aven, face aux moulins qui tournaient à plein régime, les riches demeures des négociants et armateurs rivalisaient d’importance. C’est donc là, dans ce bourg ouvert et animé où l’on parlait français, loin des villages bretons plus fermés comme Concarneau que commencèrent à débarquer ceux que les Pontavenistes allaient appeler « les Américains ». Séduits par la lumière, les paysages, l’exotisme, et le faible coût de la vie, ces jeunes peintres anglais, américains et français vont progressivement fonder une colonie d’artistes, Le village devient un véritable atelier et les habitants comprennent vite comment prendre la pose pour quelques pièces devant les chevalets qui fleurissent à la porte des auberges et des cafés. Les hôtels affichent complets.

L'annexe de l'ancien Hôtel Julia fait partie intégrante du musée. Ph. Musée de Pont-Aven

L’annexe de l’ancien Hôtel Julia fait partie intégrante du musée. ©Musée de Pont-Aven


« La bonne hôtesse »

Parmi les hôtels et pensions investis par les artistes, l’Hôtel des voyageurs, en haut de la Grand-Place, est très fréquenté, notamment par le peintre Robert Wylie arrivé en 1865. Et lorsque la propriétaire Madame Feutray met fin à ses jours, il supplie, ainsi que les autres pensionnaires, la serveuse, Julia Guillou, de prendre la relève. Ce qu’elle fait grâce à un emprunt. Très vite le désormais Hôtel Julia acquiert une belle réputation. Sa table est connue de tous. Alors la futée Julia se lance dans les travaux, acquiert la maison en face et fait construire à la place une prestigieuse annexe qui devient « l’annexe de l’hôtel Julia ».

A côté du modeste hôtel d’origine, le magnifique établissement est doté de tout le confort moderne : fauteuils de cuir, électricité, sonnettes, thés l’après-midi, whisky écossais le soir. Concerts, bals pour distraire les pensionnaires… Mademoiselle Julia, « la bonne hôtesse » pense à tout pour satisfaire une clientèle qui n’est plus uniquement composée d’artistes.

L’arrivée de Gauguin

Dans les années 1880, Pont-Aven compte une centaine de peintre. La Bretagne est à la mode, Renoir est parti planter son chevalet à Saint-Briac, Flaubert et Stendhal jouent les touristes sur les plages. Le jeune Emile Bernard sans le sou – ses parents lui ont coupé les vivres et son père a brulé ses pinceaux – a quitté Paris à pied pour Pont-Aven. Il y arrive la même année que Paul Gauguin, l’été 1886. Celui-ci aussi démuni est venu sur les conseils de son ami Jobbé-Duval qui lui a « vendu » le fameux « trou » pas cher et les paysages primitifs de la région. Alors ça lui va. Mais pas question de prendre une chambre à l’Hôtel Julia trop cher pour lui, il se rabat sur la pension de Marie-Jeanne Gloanec, jolie maison en bas de la Grand-Place, aujourd’hui Maison de la presse, où le gîte et le couvert ne coûte que 60 francs.

Etonnant personnage que ce Gauguin. Né à Paris, fils d’un journaliste libéral exilé de France, il a passé sa petite enfance à Lima avant de s’engager dans la marine, puis de travailler chez un agent de change. Marié à une Danoise, il vit bien. Sa rencontre avec Pissarro et l’Impressionnisme provoque en lui un grand bouleversement. Il commence à peindre. Au début peintre du dimanche talentueux, très vite il se consacre entièrement à son art et séjourne à Rouen où habite son ami. Il peindra dans la capitale normande une quarantaine de tableaux. Mais Gauguin manque d’argent. Alors la mort dans l’âme il laisse femme et enfants chez sa belle-famille à Copenhague.

Rencontre avec Emile Bernard

Le manoir de Lezaven

Le manoir de Lezaven ©AD

Lors de son deuxième séjour à Pont-Aven en février 1888, après son voyage au Panama et à la Martinique avec son ami Charles Laval, Gauguin monte souvent au manoir de Lezaven au-dessus de la ville. Là il travaille dans ce grand atelier aux murs blanchis à la chaux découvert par « les Américains » et qui donne sur la forêt du domaine. Il se lie avec une vingtaine d’artistes dont le jeune Emile Bernard arrivé comme lui deux ans auparavant. Ils échangent, mettent en place un nouveau vocabulaire visuel, travaillent dans la même direction vers ce que l’on appellera le synthétisme, une vision post-impressionniste de la peinture où les aplats de couleurs sont cernés par des traits, cloisonnés un peu à la manière des estampes japonaises.

La Pension Gloanec actuellement

La Pension Gloanec actuellement

L’artiste ne copie pas la réalité, mais exprime sa vision subjective, son émotion. Ainsi nait l’Ecole de Pont-Aven qui regroupe ces peintres loin de l’enseignement officiel. L’importance d’Emile Bernard est grande dans ce petit cénacle, mais la personnalité de son ainé, Paul Gauguin, est telle qu’il devient le moteur du groupe. « J’ai toujours des satisfactions morales attendu que je fais ici à Pont-Aven la pluie et le beau temps. Tous les artistes me craignent et m’aiment : pas un ne résiste à mes convictions » écrit-il à sa femme Mette. Il se brouillera avec Emile Bernard en 1891.

Le Talisman

Avec Paul Sérusier, son élève, les rapports sont différents. Sérusier suit les conseils de Gauguin et son évolution est fulgurante. Il suffit de comparer ses œuvres Intérieur de Pont-Aven et Le Talisman toutes deux peintes la même année en 1888 pour s’en rendre compte. La première est très académique, la deuxième très audacieuse. Elle aurait été peinte sous la « dictée » de Gauguin. C’est en tout cas ce que rapporte son ami Maurice Denis. 

Gauguin et Sérusier s’étaient rendus au nord de Pont Aven, dans ce bel endroit qu’est le Bois d’Amour. « Comment voyez-vous ces arbres ? » demanda Gauguin. « Ils sont jaunes ». « Et bien, mettez du jaune. Cette ombre plutôt bleue, peignez-la avec de l’outremer pur. Ces feuilles rouges ? Mettez du vermillon »

Paul Serusier  le talisman

Paul Serusier, le Talisman

Après un séjour à Arles chez Vincent Van Gogh, Paul Gauguin revient à Pont-Aven. Avec le peintre hollandais Meyer de Haan, il s’installe en 1889 au Pouldu, sur cette côte sauvage, dans la buvette de la plage, la petite auberge de Marie Henry.

L’année suivante ils sont là avec Sérusier, Charles Filiger. Il termine la décoration de la salle à manger commencée l’année précédente avec ses amis. Chacun à sa chambre et on travaille souvent à quatre mains voir plus. Après un premier séjour à Tahiti en 1891, Gauguin revient en 1894 à Pont-Aven pour la dernière fois accompagné de Annah la Javanaise. Blessé dans une bagarre avec des marins à Concarneau, sa blessure se répare mal, il quitte la Bretagne définitivement pour Tahiti et les Marquises loin de tout. Il meurt en 1903 à Atuona sur l’île d’Hiva Oa.

L’âme des peintres

Pont-Aven a protégé son architecture pour préserver son âme, ou plutôt celles de ses peintres. Pas de constructions intempestives. Remonter le quai Théodore Botrel le long de l’Aven qui se calme et s’élargit en ria, après s’être frayé un chemin entre les gros blocs de granit en amont où s’accrochaient les moulins d’antan, est un vrai bonheur. Certes les galeries se sont multipliées, et l’on trouve un peu de tout, mais qu’importe.

L'Aven au milieu du village. Au fond à gauche le moulin de Rosmadec

L’Aven au milieu du village. Au fond à gauche le moulin de Rosmadec ©AD

Après le Moulin du Grand Poulguin où furent tournées quelques scènes du film Les galettes de Pont-Aven, il suffit de continuer par la promenade Xavier Grall, jardin dédié au poète, journaliste et écrivain qui vécut ici, pour découvrir le Bois d’Amour.

Le quai Théodore Botrel et l'Aven

Le quai Théodore Botrel et l’Aven ©AD

En bordure de l’Aven, l’endroit dont l’appellation viendrait de la vie tumultueuse qui s’y déroulait au XVIIIe siècle est quasiment un lieu sacré. Les peintres s’y retrouvaient pour travailler sous les frondaisons des grands hêtres, dans ce paysage emprunt de sérénité. Plus haut sur le plateau, la chapelle de Trémalo est également un lieu mythique. Entourée de grands manoirs et de fermes, cette chapelle du XVIe siècle représentait jadis un des buts de promenade des artistes. Elle est célèbre pour son Christ en bois polychrome que l’on retrouve dans le « Christ jaune » et dans « L’autoportrait au Christ jaune » de Gauguin.

Les rives de l'Aven en aval du village

Les rives de l’Aven en aval du village ©AD

D’autres artistes ont également utilisé la chapelle comme sujet, ainsi Emile Jourdan, Pierre-Eugène Clairin dont les œuvres sont visibles au musée de Pont-Aven. En redescendant au village, il suffit de franchir le pont pour découvrir la place Gauguin et la célèbre Maison Gloanec. La pension s’est muée en papeterie-Maison de la presse. On y trouve tout, bien sûr toiles et tubes de peinture, et ouvrages sur l’art. Mais en plus, la propriétaire, Marie-José Le Gall, a créé au premier étage un espace rencontres, dédicaces et expositions. On l’aura compris, cette maison est un haut lieu de la culture de Pont-Aven. Plus loin, la place de l’Hôtel de ville est également un haut lieu historique avec la maison qui abrita l’hôtel Julia et son annexe devenue partie intégrante du nouveau musée ouvert en mars dernier.

Le nouveau musée

l'éclairage des tableaux a été particulièrment soigné. Ph. Musée de Pont-Aven

L’éclairage des tableaux a été particulièrment soigné ©Musée de Pont-Aven

Consciente que le musée de Pont-Aven, premier musée au monde consacré à l’Ecole de Pont-Aven inauguré en 1985, était devenu obsolète et ne répondait plus à sa mission, sa conservatrice en chef, Estelle Guille des Buttes-Fresneau initie en 2006 le projet d’un nouveau musée répondant aux critères actuels : un projet de dix ans dont trois ans de travaux qui aboutirent à un résultat exceptionnel comprenant une partie de l’ancien musée, la réhabilitation de l’annexe de l’Hôtel Julia, lieu historique et la création d’une aile contemporaine. La part belle a été faite aux dispositifs audiovisuels et multimédias, aux images et aux explications pédagogiques avec un soin tout particulier pour l’éclairage des œuvres et les codes couleurs pour les différentes salles L’histoire de l’Ecole de Pont-Aven fait l’objet du parcours de l’exposition permanente mettant en valeur les nouvelles acquisitions. Au total 4500 œuvres sont présentées au public. Pour qui ne connait pas l’importance de l’Ecole de Pont-Aven dans l’histoire de l’art, il faut absolument découvrir ce lieu de mémoire pour comprendre la peinture du XXe siècle.

 

Séjourner

L'hôtel Les mimosas– Hôtel Les Mimosas, 22, square Botrel. 02 98 06 00 30. www.lesmimosas-pontaven.com. Un charmant trois étoiles avec dix chambres avec vue sur l’Aven. La 1 et la 2 avec terrasse. De 79 à 90 euros plus pt.dej. 9 euros. Restaurant formules 17, 19 et 25 euros. Cuisine simple et goûteuse. Bel accueil des jeunes gérants.

 

Carri'Air ©DR

Carri’Air ©DR

– La Carri’Air, 19, rue de Sainte-Marguerite. 06 48 72 95 99. www.lacarriair.com. Avec Maëva, Jean-Marie a repris la ferme de ses parents. Autour d’une grande carrière, ils ont construit des cabanes perchées dans la verdure dans de beaux matériaux très design. Paniers repas de la mer : 35 euros avec vin blanc dans la cuisine d’été sur demande. De 119 à 149 euros selon saison et cabane (pt déj.sucré ou salé à la demande inclus à hisser depuis le sol à l’aide d’une corde. Belle découverte.

Manoir Dalmor ©DR

Manoir Dalmor ©DR

– Manoir Dalmore, 7, corniche de Pouldon à Névez. 02 98 06 82 43. http://www.manoirdalmore.com. A l’embouchure de l’Aven surplombant la plage de Port-Manec’h et ses cabines de bain, une grosse maison de granit, très british avec ses boiseries, construite dans les années vingt pour une riche Australienne est devenue hôtel en 2011 pour le bonheur de ses hôtes. De 100 à 230 euros selon saison et chambres (Pt. déj.inclu). Pour déguster un whisky 12 ans d’âge du même nom face à la mer. Restaurant, menu trois plats 35 euros.

Se restaurer

Une bonne crêperie : Le moulin du Grand Poulguin, 2, quai Théodore Botrel. 02 98 06 02 67. http://www.moulin-poulguin.fr/. A côté des meules de pierres, au-dessus de l’Aven, les crêpes sont servies à toute heure.

– Un classique à la déco moderne : Sur le pont, 11, place Paul-Gauguin. 02 9806 16 16 ; http://surlepont-pontaven.fr/. Le bistrot du Moulin de Rosmadec, l’étoilé Michelin de Pont Aven ou Frédéric Sébilleau propose une cuisine pleine de saveurs à prix doux. Formule deux plats le midi 25 euros.

– Un étoilé face à la mer : Ar Men Du, Raguenez plage, 47, rue des îles, Névez. 02 98 84 22. http://www.men-du.com. Il y a Patrick, il y a Jean-Marie. A eux deux ils sont de vrais magiciens des produits de la mer/terre. Et quand souffle le vent sur ce bout du monde, il est bon de se faire dorloter par les Le Guen père et fils. Huitres Gillardeau à la gelée Dashi et foie gras poché, Lieu jaune de ligne aux agrumes confits participent au festival des saveurs : la barre est très haute et ne faiblit pas avec les desserts totalement magiques de Jérôme Gourmelen, un jeune bigouden surdoué. Son Mangue, mousse au chocolat blanc vanillé et citron vert est une véritable « tuerie ». Bravo à Pierre-Yves Roué, le propriétaire de ce charmant hôtel aux chambres de style bateau (à partir de 115 euros) de permettre à Patrick Le Guen et à son fils de s’exprimer. Menus : 49, 65, 79 89 euros.

A voir

Village de Kerascoët

Village de Kerascoët ©AD

– Village de Kerascoët. A une dizaine de kilomètres de Pont-Aven, près de Névez, dans ce petit village du XVe siècle les maisons aux toits de chaume ont la particularité d’avoir des façades en « pierres debout ». Il s’agit de blocs de granit jointés de 2m de haut.

– L’Aven, ses berges et les châteaux construits de part et d’autre, en descendant le fleuve en bateau-promenade de Pont-Aven jusqu’à l’océan. 1h15 de visite commentée avec un début de remontée sur le Belon, fleuve célèbre pour ses parcs à huîtres.

Vedettes Aven-Belon, 02 98 71 14 59. http://vedettes-aven-belon.com/. Tarif : 13,50 euros.

– Le musée de Pont-Aven, place Julia. 02 98 06 14 43. www.museepontaven.fr. Entrée 7 euros. Accessible aux personnes à mobilité réduite.

– La maison-musée du Pouldu, 10, rue des Grands-sables. 02 98 39 98 51. www.maisonmuseedupouldu.blogspot.fr. Se renseigner pour les horaires. Tarifs 4,10 euros.

A lire

2db60274-8930-4b21-a143-5ad9d88595a4Paul Gauguin et les Marquises : paradis trouvé ? de Caroline Boyle-Turner, éditions Vagamundo, 256 pages, beau livre. 44 euros.

Historienne d’art née à Chicago, Caroline Boyle-Turner est tombée amoureuse de l’Ecole de Pont-Aven et de Gauguin à la fin des années 70. Fondatrice de la Pont-Aven school of contemporary art, elle a fait venir à Pont-Aven des étudiants en art du monde entier et s’est rendue de nombreuses fois aux Marquises. Dans son ouvrage préfacé par l’arrière petite-fille du peintre, l’auteure rend compte de la complexité de l’artiste et essaye de percer son mythe grâce à ses écrits et à des entretiens avec ses descendants, des archéologues, des botanistes et des historiens du Pacifique sud. Une œuvre passionnante superbement illustrée.

Pour en savoir plus

– Office de tourisme de Pont-Aven, 5, place de l’hôtel-de-ville. 02 98 06 04 70. www.pontaven.com.

– Finistère tourisme : www.finisteretourisme.com

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