Macron l’ambigu

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« C’est au pied du mur que l’on voit le Macron ! », titre cette semaine Le  Canard Enchainé. On l’a vu hier soir ovationné par ses 3000 supporters, essentiellement des jeunes participant au premier meeting très attendu de son mouvement, « En marche ». Au pied du mur et toujours ambigu comme si c’était sa marque de fabrique, le jeune et fringant ministre des Finances et de l’Industrie  a prononcé un discours à l’allure présidentielle sans jamais dire qu’il serait candidat tout en le laissant entendre, enfin peut-être, à moins que…

Emmanuel  Macron lors des fêtes de Jeanne d'Arc à Orléans

Emmanuel Macron lors des fêtes de Jeanne d’Arc à Orléans

La salle attendait une déclaration explicite et pas seulement les petites mains qui vont frapper aux portes pour porter la bonne parole mais aussi la majorité des quelques caciques qui ont osé franchir le Rubicon macronien  à leurs risques et périls. Le plus emblématique est Gérard Collomb, le sénateur maire PS de Lyon, qui s’est fait le porte-parole de son nouveau chef de file. C’est lui qui avait révélé la date et le lieu du meeting qui l’une et l’autre n’ont pas été choisi au hasard : deux jours avant la dernière interview du chef de l’Etat, deux jours avant le dernier 14 juillet du quinquennat et à la Mutualité chère au Front populaire dont on vient de fêter les 80 ans. Des symboles pour une bonne communication

Il y avait aussi Richard Ferrand du Finistère, Pascal Terrasse de l’Ardèche, Arnaud Leroy  des Français de l’Etranger, tous trois députés socialistes et le député PRG du Calvados, Alain Tourret. Il y avait   le sénateur  de Côte d’Or, François Patriat, rocardien de la première heure, réformiste bon teint investi, semble-t-il, du rôle de recruteur du mouvement. Pour lui qui voit grand, il y aurait 17 soutiens potentiels parmi les sénateurs dont Nicole Bricq  du Val-de-Marne et Gérard Miquel  du Lot tous deux socialistes et présents au meeting. A ces politiques il faut ajouter un « Macron boy » Ismaël Emelien diplômé de l’ENA et de l’Essec,  chargé de la stratégie au sein du mouvement et une « Macron girl », Julie de la Sablière, patronne de l’agence Little Wing chargée de la communication et quelques grands patrons, Laurent Bigorgne de l’Institut Montaigne, Jean Peyrelevade , Marc Simoncini, fondateur de Meetic et Claude Bébéar. A côté de Brigitte Macron était assise Sylvie Rocard, la veuve de Michel dont Emmanuel Macron s’est déclaré l’héritier, « mais en liberté. Il était un homme de parti pas moi ».

Mais l’ancien banquier n’a annoncé ni sa démission du gouvernement, ni officiellement sa candidature pour 2017. Y va ? Y va pas ? Les  “marcheurs”  sont repartis bredouilles.

Avant le meeting, le premier ministre Manuel Valls, parlant de son ministre de l’Économie déclarait sur les antennes : « il faut que tout cela s’arrête ». Après le meeting devant les parlementaires de la majorité, agacé, il en remettait une couche, « on ne peut pas céder au populisme et dénoncer le système en étant soi même le produit du système » disait-il. Stéphane Le Foll, le porte-parole du gouvernement ajoutait qu’il « fallait éviter de s’égailler, de se disperser ».

« Macron président »

Emmanuel Macron

Les « Macroniens » avaient juré que ce meeting ne serait pas une démonstration de force. Ce le fut et la centaine  de militants anticapitalistes qui attendaient  devant l’entrée n’y purent rien. Une démonstration de force mais dans quel but ? Sans cravate ni texte écrit, en marche, en mouvement permanent sur l’estrade, Emmanuel Macron  affirme être de gauche,  fait applaudir le président de la République qui « lui a fait confiance et je ne l’en remercierais jamais assez » mais  sans jamais citer son nom, vante le travail réalisé par le gouvernement, ironise en passant sur « sa démarche qui dérange, j’en sais quelque chose», allusion voilée à Manuel Valls, avant de conclure « Il est temps que tout cela s’arrête. Notre pays est usé par les promesses non tenues. Vivons une refondation collective ». L’heure est au discours de la méthode, à l’appel  de « ceux qui veulent juste changer le pays »  de gauche comme de droite dans un mouvement qui rassemble.  Une méthode qui pour l’instant du moins ne dit ni ses moyens ni  sa mise en œuvre.

Il n’empêche que lorsque l’orateur qui pas une seconde n’a fait appel à des sentences enflammées, demande à son auditoire d’ « imaginer où nous serons dans un an » icelui-ci se lève et scande « Macron  président ! ». Il apprécie et ajoute « Si on n’explique pas avant ce qu’on va faire, si on avance à couvert on a du mal à convaincre ».

« Les « marcheurs «  de « En Marche » vont sillonner la France pour recueillir le témoignage de 100 000 citoyens. Le bilan sera  en sera fait en septembre avant qu’elle se traduise par des propositions d’actions pour une « refondation radicale des choses ».

F.C.

 

Commentaires

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  1. Je ne soutiens pas M. Macron, mais sa démarche n’est en rien ambiguë : c’est bien pour cela que les partis établis et vautrés dans leurs mauvaises certitudes tapent à coups redoublés contre ce gêneur qui, de plus, pourrait être un rival pour les ambitieux, style Valls, NKM et tutti quanti qui ne rêvent que de se partager le gâteau que les citoyens leur payent depuis tant et tant de décennies

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