L’histoire extraordinaire de la collection de coquillages du MOBE d’Orléans

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Arrivée début juillet d’Eure-et-Loir, cette collection de coquillages – marins, d’eau douce et terrestres – de la fin du XIXe siècle début du XXe présente des spécimens exceptionnels du monde entier, dont de possibles espèces disparues…

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Au sous-sol du futur MOBE (Muséum d’Orléans pour la Biodiversité et l’Environnement, voir Magcentre), dans la salle de quarantaine où les collections transitent avant d’être intégrées dans les étages, un meuble en chêne fait l’objet de toutes les attentions de la communauté scientifique. Notamment de Michel Binon, responsable scientifique et des collections du MOBE.

« Ce meuble arrive de Faverolles (Eure-et-Loir). Le muséum de Chartres étant fermé définitivement, cette collection privée a été donnée à la Mairie avant de nous être donnée. Un meuble de 24 tiroirs, de la fin du XIXe début du XXe siècle si l’on en croit les notes que le propriétaire a consignées dans le catalogue, et qui présente une magnifique collection de coquillages d’environ 1200 spécimens du monde entier. On y trouve d’un côté des bivalves marins et d’eau douce et de l’autre des coquillages terrestres, des escargots en fait du monde entier, le tout correctement étiqueté ».

Sur la trace d’espèces disparues ?

Ainsi par exemple des mulettes perlières, des jambonneaux de mer, mais aussi différentes espèces de moules, d’huîtres perlières… « Des spécimens d’îles et archipels du monde où la biodiversité a souffert soit par l’urbanisation, soit victime d’espèces invasives », poursuit Michel Binon. Plus encore, il est fort possible que des découvertes soient mises au jour ! « On pense que parmi ces coquillages, il y a des espèces disparues. Mais il faut que ce soit vérifié auprès d’un scientifique spécialisé. Lui pourra dire quels sont les coquillages les plus intéressants ».

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Dépositaire et non propriétaire de cette nouvelle collection, le MOBE a donc signé une convention de dépôt, valable pour 5 ans. Le temps qu’une étude livre les secrets de cette collection pour ensuite en tirer profit scientifiquement. « Elle aura évidemment toute sa place dans le futur Muséum, précise Michel Binon, dans le cadre par exemple de réserves visibles qui seraient dévoilées au public ». Peut-être aussi comme cette autre collection, récemment donnée, de minéraux et d’outils préhistoriques des bords de Loire moyenne : « Elle peut avoir un intérêt scientifique. Il y a des morceaux de bois fossiles ».

Un étonnant camée sculpté redécouvert

MOBE_NLLE_COLLEC_COQUILLAGES_EB_06400 000. C’est le nombre d’objets conservés au Muséum. Aussi, les travaux du MOBE sont l’occasion d’un inventaire global plus poussé que d’habitude et celle d’un récolement (vérifier l’état des collections, si des spécimens manquent, si les prêts ont été rendus, etc.). Ainsi, toutes les collections de coquillages sont passées au crible. « C’est un chercheur retraité de l’université de La Rochelle qui en a la charge. Il inventorie et pointe les espèces rares et intéressantes ».

Et parmi les objets insolites et esthétiques de la collection, le Cypraecassis rufa d’Indo-Pacifique ou Casque Rouge. « Ce coquillage, qui était exposé, présente un magnifique vase avec des fleurs sculptés. Ce type de coquillage est utilisé pour fabriquer les camées, une technique qui remonte à l’Antiquité romaine. On a aucune idée de l’âge de la sculpture, XIXe, XXe siècle » ?

Une pièce qui, à n’en pas douter, sera mise en valeur dans la nouvelle scénographie du futur MOBE pour montrer le côté esthétique et spectaculaire de la biodiversité. « Ces travaux nous offrent un moment particulier, car toutes nos collections repassent sous nos yeux et l’on redécouvre des choses. Parfois désagréables quand il s’agit de retrouver des objets cassés ou altérés par des parasites, parfois très agréables, comme ici », conclut Michel Binon.

À l’heure où le comité scientifique est en train de décider quelles collections seront présentées dans les nouveaux espaces du MOBE, il est déjà des spécimens qui ont de belles histoires à raconter…

Estelle Boutheloup

Sur le MOBE par E. Boutheloup: http://www.magcentre.fr/100399-linteraction-homme-biodiversite-la-nouvelle-vision-du-futur-mobe-orleans/

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