L’arroseur-arrosé et l’arrosé-arroseur !

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Par Loic Puyoloïc puyo

Revenons quelques instants à l’Euro. Déjà, pour commencer, je veux féliciter le Portugal. C’est une victoire au courage qu’ils sont allés chercher à l’envie, à l’expérience et à la tactique. Peut-être que ce n’est pas l’équipe la plus flamboyante de cet Euro, mais la victoire est au bout et c’est bien cela le plus important.

Les lusitaniens ont proposé un style de jeu assez minimaliste, mais ô combien efficace. Derrière leur grand leader Cristiano Ronaldo, tristement sorti sur blessure lors de cette finale, les fidèles lieutenants tels que Pepe Quaresma ou encore Nani et les soldats comme Guerreiro ou Adrien Silva ont tout donné. Tous ont hissé leur niveau de jeu, pour aller chercher le graal, leur premier titre international.

photo Marie Line Bonneau

photo Marie Line Bonneau

Quand je parle d’arrosé-arroseur, je fais référence à leur Euro 2004 à domicile où en finale, les Portugais avaient perdu leurs illusions face à une inattendue équipe Grecque encore moins productive dans le jeu. Sans doute nos vainqueurs se sont-ils inspirés de cette “tactique” pour un retour à ce football assez simple et direct pour réaliser l’exploit de ce mois de juillet 2016. Bien leur en a pris ! Parabens Portugal !

Quant à l’arroseur-arrosé, c’est bien sûr notre équipe de France. En demi, elle a été outrageusement dominée par l’Allemagne, tout en remportant la victoire 2-0. C’est un scénario inverse que l’on a connu lors de cette finale.

Dominer n’est pas gagné, mais être dominé n’est pas perdu. Nous en avons eu la preuve dimanche soir. Les bleus ont eu une quantité impressionnante d’occasions franches et ce, malgré un léger manque de rythme, des sauvetages du gardien, un poteau à la dernière minute du temps réglementaire… Oui mais voilà, le sort en avait décidé autrement. La France ne remportera pas son Euro, devant son public.

@UEFA

@UEFA

Tout le monde voyait pourtant cette issue parfaite avec l’aide et l’intervention d’un possible marabout de Didier Deschamps (oui oui je l’ai entendu !). Sa baraka c’était d’avoir eu : un groupe à sa portée, un huitième de finale facile, des gros qui s’éliminent entre eux, l’Angleterre sortie par un tout petit, une Islande tendre et au bout du rouleau en quart de finale, une Allemagne décimée en demi finale et un Portugal moribond pour conclure de la plus belle des manières cet Euro gagné d’avance. Un marabout concurrent a donc été encore plus fort, ou tout simplement faut-il voir dans ce résultat la si belle incertitude du sport.

Aujourd’hui, on lit dans la presse ce qu’il aurait fallu faire de différent, les regrets à avoir et bien sûr le procès du sélectionneur Didier Deschamps. Ses choix de composition des 23 joueurs, des choix de titulaires, ses choix de remplacements, ses choix tactiques etc… Jusqu’à la finale, c’était un génie avec des stratégies inattendues mais payantes, des adaptations très réactives et opportunes. Et après cette finale le voici mauvais, trop défensif, frileux etc…

Mais qu’aurait-on dit si Gignac, très décrié lors de sa sélection, avait marqué le but à la 91ème minute et offert le titre à la France ? On aurait dit que Deschamps avait eu du flair, qu’il était un meneur d’hommes hors pair et un fin tacticien. Aujourd’hui que nenni ! Tout ça pour un poteau ! Et que dire de Payet, encensé hier pour ses coups de pieds arrêtés, décrié pour son coup de mou en demi finale et banni depuis la finale pour avoir -involontairement- blessé l’icône Ronaldo.

Après le but de Eder. @FB EURO UEFA

Après le but de Eder ©UEFA

La presse est versatile, les supporters sont sévères, nous sommes intransigeants mais au final la seule chose à faire c’est s’incliner devant la loi du sport, féliciter les portugais et remercier la sélection française pour les émotions qu’elle nous a fait connaître durant ce mois de compétition.

La triste page de l’Afrique du Sud est tournée, un style de jeu reste à trouver, mais les gens se sont réconciliés avec le football et tous ses acteurs. De voir tous ces supporters réunis pour une même passion, voir une telle liesse populaire, tant d’amour pour leurs pays respectifs, des hymnes chantés à tue-tête mais chantés avec le cœur, les tripes et sans doute autre chose… de voir ces joueurs se défoncer sur le terrain, s’enlacer après chaque but, chaque victoire mais aussi chaque défaite, respecter, féliciter ou consoler leurs adversaires. Je ne me souviendrais sans doute pas de la qualité de jeu proposé au cours de cet Euro, mais je n’oublierais pas l’état d’esprit affiché.

L’équipe de France repose désormais sur une base solide pour construire l’avenir et pourquoi ne pas rêver à un futur titre international.

En attendant place à des petites vacances bien méritées pour eux !

Leur quotidien de joueur de club va bientôt reprendre, les supporters du onze tricolore, que nous sommes devenus, s’attendent à trembler dès la rentrée avec le début des matchs de qualification pour la prochaine Coupe du monde. A son sujet, il me revient de faire un pronostic, domaine dans lequel je n’ai guère brillé. Je me risque à vous annoncer que cette compétition qui nous fait déjà rêver, aura lieu dans deux ans ! Là pour une fois, je suis sûr de ne pas me tromper.

Allez les Bleus, merci les Bleus ! Rendez-vous à Moscou, pour faire juste un peu mieux.

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