RÉTRO- Orléans: Macron en costume de président… des fêtes de Jeanne d’Arc

  • PDF
  • Email
  • Add to favorites

bandeau rétro été

Durant tout l’été, Magcentre vous propose de lire ou relire les articles qui ont marqué l’année, ceux que vous avez préférés, que vous avez le plus commentés ou partagés.
Date initiale de publication le 8 mai 2016


 

S’il fallait mesurer l’avenir d’un homme politique au nombre de mains qu’il serre et à l’importance de la grappe de caméras qui s’agglutine autour de lui, Emmanuel Macron devrait aller loin. A Orléans dimanche, le ministre de l’Economie avait répondu à l’invitation d’Olivier Carré le député-maire LR d’Orléans et il a  rencontré pour la première fois le peuple dans une configuration aussi nombreuse -environ 40 000 personnes- des Orléanais qui s’étaient massés sur le parcours des fêtes de Jeanne d’Arc.

Emmanuel Macron et Olivier Carré avec la Jeanne 2016.

Emmanuel Macron et Olivier Carré avec la Jeanne 2016.

C’était son premier vrai bain de foule et visiblement, l’exercice lui a plu au delà de toute espérance. Poignées de main, sourire charmeur, selfies, deux trois mots à ses admirateurs, le ministre de l’Economie qui était accompagné de son épouse, a fait montre d’un incontestable professionnalisme dans un exercice qui ressemble comme deux gouttes d’eau à une campagne électorale…

Macron

Emeute médiatique

Le marathon d’Emmanuel Macron dans le cortège a débuté dans la plus grande confusion en raison de l’insupportable pression de la presse nationale. Résultat, au bout de trois quarts d’heure, le jeune premier de la gauche libérale n’était pas encore arrivé au croisement stratégique de la rue Jeanne D’arc et de la rue de la République. Au final, les services du ministère et de la préfecture ont été obligés de dresser un cordon sanitaire entre les caméras                                                                                 et le Ministre pour lui donner un peu d’air.

IMG_5938Ainsi, la plus part des sifflets ou des quolibets entendus au long du parcours s’adressaient plutôt à la presse qu’à l’invité d’honneur. “Inadmissible, irrespectueux” ont lancé quelques spectateurs ulcérés par le retard, au moins deux heures, pris par le cortège. Olivier Carré a tenté d’apaiser les esprits.  Même si certains Orléanais lançaient aussi “nous on n’est venu voir les fêtes de Jeanne d’Arc pas Emmanuel Macron”. D’autres au contraire scandaient ravis, “Macron président” et même Olivier Carré qui a parfaitement réussi ses premières fêtes en tant que maire, s’étonnait en fin de parcours de cette incroyable popularité d’Emmanuel Macron.

Un selfie avec le Ministre.

Un selfie avec le Ministre.

Celui-ci a tellement apprécié sa marche triomphale orléanaise qu’il est allé au terme du parcours, à l’école primaire de Saint-Marceau, ce qui est arrivé rarement de la part des invités politiques. Mieux, Emmanuel Macron a refait le trajet retour à pied jusqu’à la mairie!

Avant ce morceau de bravoure pédestre du créateur du mouvement “En marche”, le discours traditionnel devant la cathédrale Saint-Croix était guetté comme le lait sur le feu par la presse et toute la classe politique. Alors qu’à midi, Arnaud Montebourg avait pratiquement fait acte de candidature à la Présidentielle sur France 2, Emmanuel Macron allait-il profiter de cet anniversaire historique -la délivrance d’Orléans en 1429- pour annoncer la sienne. 

La nouvelle génération

Olivier Carré lors de son discours devant la cathédrale.

Olivier Carré lors de son discours devant la cathédrale.

Même entre le lignes, on aura du mal à discerner un tel message. En revanche, tant Olivier Carré que son invité, ont fait part de leur “envie de dépasser tout ce qui semble établi et qui ne marche plus”, a dit le maire. “La France d’aujourd’hui a besoin de cette audace. L’audace qui  consiste à faire confiance à une nouvelle génération qui porte sur le monde un regard neuf et conquérant..L’audace qui permet de fédérer les femmes et les hommes de bonnes volontés et de construire des majorités de projet” a poursuivi Olivier Carré.

Le défilé traditionnel, ici les Antillais d'Orléans.

Le défilé traditionnel, ici les Antillais d’Orléans.

Emmanuel Macron lui a répondu par un éloge classique de l’héroïne, alimenté par quelques citations de bon aloi de Michelet ou  Péguy, “les grandes figures de l’histoire, c’est nous seuls qui les faisons parler, qui construisons leur légende. IL n’y  a pas non plus d’hommes ou de femmes providentiels, je n’y crois pas, il n’y a que le courage de celles et ceux qui se jettent dans l’action. La vie de Jeanne montre que l’ordre des choses ne tient pas si cet ordre est injuste.”. Mais hier comme aujourd’hui pour Emmanuel Macron, cette France «réussira si l’on parvient à réconcilier les deux France. Celle qui aime le goût du monde et celle qui le craint, celle qui est sûre d’elle et celle qui doute».

Jeanne fend le système

IMG_5989Quant à Jeanne d’Arc à laquelle i: s’est identifié par moment, il a dit de la sainte, “elle sait qu’elle n’est pas née pour vivre mais pour tenter l’impossible. Jeanne fend le système . Porte la volonté de progrès et de justice de tout un pays. Elle était un rêve fou elle s’impose comme une évidence.”. S’adressant à son hôte, le ministre a ,sur la fin de son intervention délivré le message  consensuel que l’on attendait de lui: “nous n’appartenons pas au même bord politique mais nous croyons dans la France, dans sa force… Nous savons qu’à certains moments de l’histoire il faut savoir rassembler les énergies. Autour d’un même projets des mêmes valeurs. Nous savons tous ici pourquoi nous aimons la France. Espoir de triompher du cynisme de ceux qui font tout pour maintenir l’ordre établi.  Jeanne d’arc contribue à forger un projet, ouvert et universel. Voilà pourquoi les français ont besoin de Jeanne d’arc. Le destin n’est pas écrit, nous n’avons pas à subir. C’est ce qui fait que la France restera elle même”.

macronFigure idéale que celle de Jeanne d’Arc rassembleuse, symbole républicain, pour un ministre de l’Economie passé maître dans l’art de la provocation et de la transgression politique, mais qui, hier a aussi encouragé les Français en ces termes: “Notre temps n’est pas celui de la gaieté, de l’insouciance…Nous devons nous confronter faux défis sans céder à la peur“. A 17 ans, Jeanne a libéré Orléans, le jeune ministre a lancé aux Orléanais présents, “cette même énergie je la sens parmi vous”. 

Jusqu’où ira le phénomène Macron? Ira t-il jusqu’à bouleverser la tradition qui veut que le Président de la République préside les fêtes johanniques un an après son élection, en les présidant lui, un an avant? A voir sa popularité, certains élus de droite n’étaient pas loin de penser qu’ils pourraient avoir un jeune adversaire de taille l’an prochain.

Ch.B

 

Commentaires

Toutes les réactions sous forme de commentaires sont soumises à validation de la rédaction de Magcentre avant leur publication sur le site. Conformément à l'article 10 du décret du 29 octobre 2009, les internautes peuvent signaler tout contenu illicite à l'adresse redaction@magcentre.fr qui s'engage à mettre en oeuvre les moyens nécessaires à la suppression des dits contenus.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Code de sécurité *



Recevez chaque jour les nouveaux articles par e-mail

Votre e-mail ne sera communiqué à aucun tiers et servira uniquement à vous envoyer les titres chaque jour par e-mail