Rétro: la beauté naturelle de l’Arboretum d’Ingrannes

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Date initiale de publication: 27 aout 2014

Il est écrit dans la Genèse : “Dieu planta un jardin en Eden à l’orient”
“Planter un jardin, c’est tenter de retrouver le paradis terrestre. Chaque jardin n’est-il pas en lui-même un Eden, qui suggère la vision de notre destinée première ?”
Bernard de La Rochefoucauld

photo Jean François Grossin

Photos : Jean François Grossin

Il existe au nord d’Orléans un jardin extraordinaire dont le charme et la beauté s’apprécient en toutes saisons, caché à la lisière de la forêt d’Orléans, c’est l’arboretum des Grandes Bruyères d’Ingrannes.

Créé il y a plus de quarante ans, par Bernard de la Rochefoucault, ce lieu, à force de travail, de patience et de passion est devenu un ilot de nature qui est l’illustration végétale d’un terme à la mode, la biodiversité, dans un paysage où chaque pas, chaque allée, chaque perspective est un enchantement des sens, une invitation à la poésie de la nature.

Mais d’abord, qu’est-ce qu’un arboretum ? Laissons le maitre de ces lieux nous l’expliquer:

photo Jean François Grossin

“Pour comprendre la création des arboretums, il faut remonter il y a plus de 8.000 ans, à la fin de la dernière glaciation où, pour des raisons mal connues, 80 % des espèces végétales disparaissent en Europe alors qu’elles subsistent en Amérique et en Asie sous des latitudes comparables. Lors de la découverte du Nouveau Monde, les botanistes constatent ainsi que si l’Europe possède une quinzaine de variétés de chênes, et l’Amérique en connait plus de 250 (dont 120 sont aujourd’hui présents à l’Arboretum dans la partie “Amérique”).

Il s’ensuit un intérêt grandissant pour l’importation et la ré-introduction d’espèces, et les bateaux rapportent ainsi, de toutes les parties du monde, ces précieuses plantes disparues. Souvenez-vous, c’est pour avoir arrosé sa cargaison d’arbres avec de l’eau douce qui venait à manquer, que l’équipage du Bounty se révolta contre son capitaine…

Puis ce fut le tour des missionnaires au XIXième siècle… et notre arboretum s’inscrit dans cette tradition d’une collection raisonnée que nous présentons au public sur douze hectares en trois espaces différenciés: Amérique, Asie, et Europe, avec plus de 3 000 espèces, et bien sûr une place particulière pour les magnolias puisque nous en possédons plus de 400 spécimens et que nous en sommes le Conservatoire National.”

Ainsi Bernard de La Rochefoucault, dendrologue* passionné, poursuit-il à sa façon l’œuvre des Encyclopédistes des Lumières en offrant au public la possibilité de découvrir l’immense variété des espèces végétales, non pas dans un livre, mais dans un superbe jardin.

Les Magnolias

photo Jean François Grossin

Avant d’être chanté par Claude François, cet arbre aux feuilles vernissées et aux fleurs odoriférantes, joyau de l’arboretum des Grandes Bruyères, semble être le plus vieil arbre à fleurs puisque l’on en retrouve des fossiles à l’ère des dinosaures.
Les premiers magnolias sont décrits en 1703 en Louisiane, par le botaniste du Roi, Charles Plumier qui leur donnera ce nom en hommage à un autre botaniste Pierre Magnol, directeur du Jardin des Plantes de Montpellier. Il est réintroduit en Europe en 1711 mais on en découvrira aussi en Chine et au Japon avec plus de 80 espèces identifiées aujourd’hui.

L’arboretum en présente la collection la plus extraordinaire en France avec 400 spécimens dont la floraison s’étale de mars à juin, offrant aux visiteurs un somptueux spectacle de couleurs et de parfums dans cet écrin de verdure qui fait de la fleur l’image du bonheur…

Les oiseaux aussi…

arboretum des grandes bruyères photo jeff grossin (18)

Les oiseaux ne s’y trompent pas, plus de 100 espèces différentes fréquentent ces lieux à la beauté ensorceleuse… car ici, tout est naturel: pas d’engrais chimique ou de pesticide, la nature a au fil des ans, repris ses droits, et la biodiversité, c’est aussi les insectes, les reptiles, les amphibiens et petits mammifères qui s’épanouissent dans ce jardin à l’harmonie retrouvée…

Gérard Poitou avec l’aimable complicité de Jean François Grossin

Arboretum des Grandes Bruyères – 45450 Ingrannes – Tél. 02 38 57 12 61

*Dendrologue: La dendrologie (du grec dendron signifiant « arbre », et logos signifiant « discours, science ») est la science de reconnaissance (et classification) des arbres, et plus généralement la science des végétaux ligneux.

photo Jean François Grossin

A lire: “Une collection française de Magnolias” de Jean Louis Derenne – photos Jean François Grossin éditions Verlhac

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