Loiret : Servier soigne son avenir à Gidy grâce aux biotechnologies

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Servier ne quitte pas Gidy près d’Orléans. Au contraire, les dirigeants Patrice Martin et Christian Sauveur ont annoncé mercredi officiellement que le groupe pharmaceutique allait investir 35 à 40 millions d’euros dans un programme de bioproduction sur son site de Gidy. Les premiers lots de médicaments destinés notamment à la lutte contre le cancer sortiront de l’unité de production 3 au premier semestre 2019 et les premiers médicaments seront commercialisables en 2020.

La fabrication du Pelliculage - Laboratoires Servier à Gidy

La fabrication du Pelliculage – Laboratoires Servier à Gidy


35 à 40 millions d’euros d’insvestissement

Servier conforte son implantation à Orléans où l’entreprise est née en 1954 rue Eugène Vignat, mais le couperet n’est pas passé loin. « Il est vrai qu’il y a eu concurrence avec l’Irlande, une saine émulation » dit Christian Sauveur, « fort heureusement nous avons eu une écoute bienveillante de la région qui s’est dotée d’éléments déterminants pour la décision en faveur de Gidy ».

La fabrication granulation  - Laboratoires Servier à Gidy

La fabrication granulation – Laboratoires Servier à Gidy

François Bonneau, le président de région qui a longuement visité le site de Gidy mercredi flanqué de Harold Huwart, vice-président à l’économie et de Jean-Louis Garcia, directeur des services économiques, confirme : « à Tours nous venons d’inaugurer Biocube (*bio3) au sein de l’université qui permet la formation dans ce domaine et la région soutient les entreprises dans leur projet de recherche et d’innovation ». Un écosystème régional propice à l’innovation pharmaceutique. Christian Sauveur confirme : « si Biocube n’avait pas existé nous partions en Irlande ». Et il explique : « l’installation d’une unité de bioproduction à Gidy est rendue possible par une proximité immédiate, au sein d’un même site, d’équipes dédiées à l’industrie et d’équipes spécialisées en recherche et développement ».

Cet investissement fait partie de la stratégie de Servier consistant à renforcer sa recherche-développement et sa production de médicaments anticancéreux avec les biotechnologies, tout en multipliant les partenariats académiques et industriels dans le domaine, avec l’Institut Curie, les biotechs Cellectis, GeNeuro, Sorrento ou encore le géant pharmaceutique américain Pfizer.

La concurrence de Dublin

Le développement Clinique  - Laboratoires Servier à Gidy

Le développement Clinique – Laboratoires Servier à Gidy

En attendant que les locaux de Gidy  qui emploient 900 salariés soient transformés, la mise au point et le développement des bioproductions ont déjà commencé avec l’université de Dublin. Frappé de plein fouet par l’affaire du Médiator, Servier une entreprise familiale à l’origine devenu un des grands groupes internationaux, est passée d’une attitude défensive à une « attitude offensive », comme l’admet son directeur avec cette accélération sur les biotechnologies.

François Bonneau en visite chez Servier.

François Bonneau en visite chez Servier.

“Aujourd’hui, environ 50% des nouveaux traitements contre les cancers sont issus des biotechnologies”, souligne t-on chez Servier. D’autre part, toujours en matière de recherche, Servier va développer et investir dans son unité de Saclay (Essonne) sur le plateau où foisonnent les grandes écoles comme Polytechnique et les laboratoires de pointe comme SOLEIL (que la région Centre avait tenté en vain d’attirer à Orléans). Aux dires de ses dirigeants, 240 millions

d’euros seront investis à Saclay pour un effectif de 600 chercheurs. Une partie des salariés du centre de recherche d’Orléans et de Fleury-les-Aubrais (près de 350 personnes) seront redéployés sur Saclay. Combien ? Dans quelles conditions ? « Nous sommes en concertation avec les syndicats, le personnel » répond Christian Sauveur. Décidément bien des choses ont changé chez Servier dont le fondateur Jacques Servier avait fait une entreprise où se cultivait à la fois le paternalisme, sans syndicat, et l’organisation à l’Américaine.

Une pépite pour la région

Laboratoires Servier à Gidy

Laboratoires Servier à Gidy

Avec Servier, la région Centre Val de Loire, leader dans l’industrie pharmaceutique, abrite une pépite européenne qu’il n’est pas question de laisser partir. Or, maintenant que les régions ont seules la compétence économique le mercato va bon train pour attirer les meilleurs à domicile. Ainsi Nouvelle Aquitaine sort le grand jeu.

Jusqu’à 2020, la croissance en biomédicament dans le monde est estimé à 10% par an. Tout en affichant un objectif de 5 milliards de CA en 2020, (contre 3, 9 en 2015), Servier veut aussi réduire ses coûts de production de 25%. Autrement dit, seul le développement de nouveaux médicaments peut assurer l’avenir du site de Gidy. Le laboratoire n’exclue pas de demander à la région et à l’Etat de mettre la main à la poche pour boucler les 35 à 40 millions du programme de bioproduction.

Ch.B

En chiffres

Servier rien que dans le Loiret, c’est quatre unités de production, 75 spécialités, 1900 références produits, 10 500 lots analysés par an, 8 500 lors conditionnés par an, 800 collaborateurs (à Gidy, Orléans et Fleury), 300 prestataires et intérimaires, 192 millions de boites produites soit 5,5 milliards de comprimés, 1 100 clients et quinze millions de patients traités par mois. Servier expédie de Gidy dans 140 pays, 23% de la production reste en France et 77 % par à l’international.

Gidy, la commune où coule La Retrève la fameuse rivière en partie souterraine à qui l’on doit l’inondation de l’autoroute A.10, a été très touchée par les intempéries de juin. Inaccessible l’entreprise Servier a du interrompre son activité durant cinq jours et elle a perdu environ 3 millions d’euros, mais il n’y a pas eu rupture de marché des médicaments produits.

*Biocube (Bio3) est la future école des biotechnologie en France créée au sein de l’Université François Rabelais de Toursdans le cadre de l’IMT: Institut des métiers et des techniques de l’industrie pharmaceutique et cosmétique. Son coût, 13 millions d’euros.

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