Orléans-métropole : le feu vert en Conseil des ministres ce mercredi!

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Orléans deviendra métropole en 2017. Une étape capitale sera franchie demain mercredi 3 août en conseil des ministres. Le projet de loi sur la réforme du statut de Paris sera en effet présenté à l’Elysée pour le dernier conseil avant les vacances. Il s’agit du “projet de loi relatif au statut de Paris et à l’aménagement métropolitain.”

 

Le siège de l'Agglo d'Orléans (:photo Agglo).

Le siège de l’Agglo d’Orléans (:photo Agglo).


Orléans et Dijon capitales de région

Ce projet de loi comporte aussi un changement…capital dans l’accès au statut de métropole, il va en effet intégrer quatre nouvelles grandes agglomération, Saint-Etienne, Toulon, Dijon et Orléans. Ces deux dernières au titre de capitales de région (Bourgogne-Franche-Comté et Centre-Val de Loire), comprenant aussi une zone d’emplois de plus de 400 000 habitants. Pour ce qui concerne Saint-Etienne et Toulon, ces deux villes ne sont pas chef lieu de région (il s’agit de Lyon pour Auvergne-Rhône-Alpes et Marseille pour PACA), mais leur intercommunalité stricto sensu regroupe bien 400 000 habitants. La France comptera donc maintenant 17 métropoles grâce à cet article 46 du projet de loi sur le statut de Paris. Saint-Etienne a réussi à passer le cap en avalant de nouvelles communes dans son intercommunalité.

Un combat consensuel gauche-droite

Le siège de l'AgglO

Le siège de l’AgglO

Pour Orléans, ce sera l’aboutissement d’un long combat qui a réuni gauche et droite, en particulier les parlementaires comme Serge Grouard, Jean-Pierre Sueur et bien sûr le maire d’Orléans en place Olivier Carré et l’actuel patron de l’agglomération Charles-Eric Lemaignen. Manuel Valls qui a reçu à de maintes reprises les élus de l’Orléanais s’est donc laissé convaincre qu’Orléans méritait bien ce titre de métropole. Pour quoi faire ? « Nous devons créer cette dynamique de territoire qui nous permettra de renforcer notre attractivité et donc notre économie, nos emplois… »  expliquait récemment Charles-Eric Lemaignen, le président de l’agglo. Pour l’habitant de l’agglomération dans un premier temps cela ne changera pas grand chose au  quotidien.

Avant l’accession au statut de métropole, Orléans devra passer de Communauté d’agglomération (son statut actuel) en communauté urbaine qui englobera les 22 communes de l’agglomération. Elle se dotera alors – sans doute début 2017- de nouvelles compétences, l’urbanisme, les zones d’activités économiques, la culture, le sport…D’ailleurs, le futur grand équipement sportif, la grande salle en projet qui formera un ensemble avec le Parc des expositions et le Zénith, passera par exemple sous la responsabilité de la CU.

Au Parlement en octobre

Quant à la loi sur Paris et donc sur les quatre nouvelles métropoles qui rejoindront les 13 villes métropoles existantes, (Brest, Rouen, Rennes, Strasbourg, Grenoble,  Bordeaux, Lille, Montpellier, Toulouse, Nantes, Marseille-Aix, Lyon, qui est aussi département et Paris), elle devrait être discutée au Parlement en octobre. On voit mal le Parlement voter contre cette loi, voulue notamment par Anne Hidalgo maire de Paris et François Rebsamen, le maire de Dijon mais qui comptera aussi des soutiens dans l’opposition à l’Assemblée comme les cinq députés LR du Loiret, entre autres.

P. Chavannes (à dr.)(architecte urbaniste) en pleine explication du futur téléphérique des Aubrais.

Chalres-Eric Lemaigne et  P. Chavannes (à dr.)(architecte urbaniste) sur le chantier d’Interives, un des grands projets de la future métropole.

Face aux grandes régions que la loi a doté de pouvoirs accrus en matières économique, les métropoles constituent un contrepoids déterminant. Même si pour Olivier Carré, le maire d’Orléans qui ne cache pas son ambition de devenir le président de la future métropole orléanaise, la capitale de région devra jouer le rôle de locomotive du Centre-Val de Loire et entraîner Tours dans son sillage.

Tours frustrée

Tours qui avait joué sa carte pour devenir métropole et avait semble t-il un TGV d’avance…le TGV un des atouts dont ne dispose pas Orléans. Mais Tours n’a pas le bassin d’emplois de 400 000 habitants et surtout n’a pas le titre de capitale régionale comme Orléans et Dijon. D’ailleurs le préfet de région, Nacer Merah, estimait lui même récemment que “Tours n’affiche pas les conditions nécessaires pour passer en métropole”. Mais, comme chacun sait, au moins dans les discours officiels,  il n’y a plus de concurrence entre Orléans et Tours depuis belle lurette…!

Pourtant, on imagine sans peine que les élus tourangeaux dont Philippe Briand (LR) mais aussi Marisol Touraine (PS), qui se verrait bien revenir à la tête du département d’Indre-et-Loire, vont inspirer au Parlement des amendements pour remettre Tours dans le wagon métropolitain.

Ch.B

 

Commentaires

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  1. Les métropoles ainsi créées ne risquent-elles pas, en attirant l’emploi et donc la population, de désertifier encore un peu plus nos campagnes ?

    Beau sujet de réflexion.

  2. Pas sûr que cette “fuite en avant” en matière de concentration des compétences serve la démocratie locale et rapproche les citoyens (non consultés) de leurs élus !
    Une métropole pour quoi faire ?
    La réflexion en cours sur le SCOT devra trancher entre l’orientation ligérienne “naturelle” (ouvrant la voie à une complémentarité avec Tours) et la “séduction” pour un Grand Bassin Parisien faisant de la métropole d’Orléans un territoire d’accueil des délocalisations parisiennes et des entreprises innovantes. Jouer sur les deux “tableaux” relèverait du “qui trop embrasse mal étreint”, avec une métropole assise entre deux chaises sans véritable personnalité !
    Attention aussi à ne pas se couper des espaces ruraux : refuges des populations “rejetées” par la Grande Ville et se sentant de plus en plus abandonnées par les pouvoirs publics, au point de ne même plus voter ou de se réfugier dans les votes extrêmes !
    La métropole ne doit pas devenir un espace d’opulence au milieu d’un désert. La solidarité et le vivre ensemble sont à préserver dans une démocratie de plus en plus menacée !
    En conclusion, le passage à la métropole n’est pas qu’une question de forme ou de statut mais bien un enjeu de fond dont les citoyens doivent rester parties prenantes et non spectateurs comme les politiques locaux semblent actuellement s’en satisfaire !

  3. A Daniel Buon,

    les citoyens comme vous dites sont restés passifs pendant 20 ans et nous avons donc pris un retard considérable, pour faire d’Orléans une vraie métropole, avec des projets décidés en commun et financés en commun par tous les élus et les habitants concernés.
    Le Zénith, le parc des expositions, le futur Palais des Congrés, sont un exemple flagrant de ce qui bénéficie à tous et reposait jusqu’à présent sur le seul Orléans. Ne parlons pas de l’hôpital, du théâtre, de l’Université, etc.
    Il est évident que tous les grands équipements doivent reveler de la future métropole.
    Il faut que nos élus se battent pour qu’une gare TGV desserve le Grand Orléans, pas pour aller plus vite à Paris, mais pour être relié aux autres grandes villes.
    Un jour se posera aussi la question de la desserte aéroportuaire.

    Il serait intéressant mainenant de savoir si d’autres communes limitrophes souhaitent rejoindre le Grand Orléans. Je pense notamment aux communes au nord et au nord-ouest d’Orléans.

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