Rétro: “Au nom de la Loire” avec Fabrice Moireau

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Date initiale de publication: 19 novembre 2015
 
Loire petit jour-pont-sept
 
Cette beauté, cette déclaration d’amour à nulle autre pareille vaut le coup d’œil. Cette manière de saisir la Loire, son frémissement et son allure, son eau  et son air de grande dame et de jolie femme est magnifique. Sans doute unique. Avec plus de quatre-vingt  aquarelles exposées aux cimaises de la galerie orléanaise Le Garage, Fabrice Moireau, né à Blois en 1962 , artiste qui a suivi ses études au lycée Pothier d’Orléans avant d’entrer à l’Ecole nationale supérieure des arts appliqués à Paris, dessinateur qui nimbe à merveille le trait de couleurs, créateur qui vit aujourd’hui à Olivet,  réaffirme avec bonheur et humilité un talent étourdissant de science et de sensibilité.
 
Un merveilleux dessinateur, architecte de lumière
 
Dessinateur d’une précision fidèle et déconcertante de limpidité, scénographe de la juste ambiance, architecte de lumière,  cet auteur du catalogue du premier Festival des jardins de Chaumont-sur-Loire illustré à l’aquarelle (1992), puis du carnet “Paris” de Louis Vuitton (1994), met des lignes, des vapeurs, des transparences, des couleurs, des reflets sur  la beauté des paysages. Il la capte, la garde,  la retransmet. Sorte de passeur de Loire, il est comme les poètes qui s’emploient, avec une enfance grave, à  mettre patiemment et de manière fulgurante  des mots précis sur l’instant qui s’offre  à nous ainsi que sur l’indicible émotion que ce dernier fait naître.
 
De surprises en surprises, pas à pas et page à page
 
Auteur de merveilleux carnets de voyage publiés entre autres  aux éditions du Pacifique et chez Gallimard, Fabrice Moireau, qui se définit comme un “photographe impressionniste”,  dessine avec une exactitude enchanteresse,  Paris et ses toits, mais encore New York, Venise, la Provence, Berlin ou le jardin de Monet  à Giverny. Grand voyageur, coureur de vie qui s’offre à perte de vue, il est un “scribe” pour les contemplatifs,  retranscrit et attise l’attirance que de belles destinations font naître. 
Toujours, que ce soit sur le papier chiffon ou sur le papier coton où évolue sa main, voici,  à la marge du dessin et cependant faisant corps avec lui, ces quelques mots écrits  au crayon. Ce sont des mots vifs et souples. Ce sont de ravissantes et sobres informations,  échos cendrés de l’image, indications géographiques, motifs  à la précieuse élégance.
 
Exposition de rêve et dont rêvait Le Garage
 
Ici, avec “Au nom de la Loire”, exposition de charme que rêvait de monter depuis des années le galeriste Michel Dubois, l’un de ses attentifs et admiratifs compagnons de route, voici des œuvres évoquant les atours et alentours d’Orléans. Place,  ainsi, aux ponts, à la courbe sensuelle et radieuse du sable, aux quais altiers, à la pluie sur les ardoises, au crépi de lumière sur les façades, au chemin de halage, aux tourbillons, aux bateaux, aux mariniers et à tant d’autres émerveillements. Place encore au soleil et au temps gris, aux lumières aériennes,  à ce parfum d’humide des  rives,  ou à l’ombre troublante des lourdes frondaisons accompagnant la course inexorable, lente, puissante et majestueuse du fleuve.
 
-“Je suis un photographe impressionniste”
 
Fabrice Moireau, enfant de Loire à propos de ces icônes réalisées pour cet accrochage: “Avec cette exposition, j’ai fait le point avec la Loire. Je me suis mis à jour. Je suis un photographe impressionniste dans ce sens où c’est l’impression d’un moment que je veux retranscrire le plus juste possible. Je parle en fait de cette fugacité d’un moment, de la lumière, de la justesse exacte des couleurs et des choses. La Loire est le fleuve de mon enfance, et quand tu nais en bord de Loire, c’est comme une personne, tu t’inquiètes de sa santé. Cette Loire elle est grosse, elle est faible, elle est molle, elle est bleue, elle est jaune… S’enquérir de sa santé, les pêcheurs font du reste ça très bien. Ils la regardent bien au matin. Ils sont amoureux d’elle.”
Et Fabrice Moireau de poursuivre: ” La Loire est est une personne plutôt féminine, dangereuse, qui est belle, qui te charme. Elle est impressionnante”. 
Quelques mots encore de cet artiste qui dessine sur le vif avec une folle fluidité la moindre dentelle d’un paysage: “C’est en fait tout ce que tu ne vois pas dans un paysage qui est intéressant, c’est ce qui existe, ce qu’il y a entre deux choses qui te plaisent. Parce que c’est ça le rêve, c’est tout ce que que tu ne vois pas.”
 
Jean-Dominique Burtin.
 
“Au nom de la Loire”, exposition de Fabrice Moireau, galerie Le Garage, du 21 novembre au 13 décembre. Au 9, rue de Bourgogne, Orléans.
Vernissage vendredi 20 novembre à partir de 18 heures.
Samedi et dimanche, de 15 heures à 19 heures. En semaine: 06.08.78.34.02.
Par ailleurs: rencontre dédicace et exposition avec Fabrice Moireau le mercredi 25 novembre à 18 h 30 à  La Librairie Nouvelle, place de La République,  Orléans.

 

 

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