Pontlevoy (41) : la Stravaganza et la musique de Corelli

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Le 24 juillet dernier, les organisateurs étaient ravis de voir cet ensemble prestigieux se produire dans la Chapelle pleine à craquer.   À coup sûr, il y aura au moins un concert baroque dans la prochaine édition du Festival de Musique de Pontlevoy !

Succès pour le concert du 24 juillet au Festival de Pontlevoy (Loir-et-Cher)

Succès pour le concert du 24 juillet au Festival de Pontlevoy (Loir-et-Cher)

 La Stravaganza se présente dans la forme la plus habituelle pour jouer la musique de Corelli : deux dessus (toujours des violons pour ce compositeur, mais chez le Tchèque Zelenka toujours deux hautbois), le violoncelle baroque tenu entre les genoux et non muni d’une pique, la basse complétée par une guitare ou un théorbe, le clavecin ou l’orgue positif. Les deux violons sont montés de cordes en boyau, et sans mentonnière (création de Spohr, contemporain de Beethoven et Mendelssohn). Les archets sont tenus très haut. On joue sans vibrato, invention romantique. Corelli fait faire à la technique de l’instrument un bond en avant considérable. Il faut attendre Paganini pour voir arriver de nouveaux progrès significatifs en ce domaine. La Stravaganza joue au diapason 415.

Né en 1653, Corelli s’installe à Rome vers 1675 comme violoniste de Saint-Louis-des-Français et bénéficie de la protection de la Reine Christine de Suède. Puis il reçoit le soutien de mécènes généreux et éclairés, les Cardinaux Panfili et Ottoboni. Il rencontre Haendel, Alessandro Scarlatti… Relativement restreinte en quantité, son œuvre de chambre est exclusivement consacrée au violon. Très soignée, elle se limite à deux Livres de chacun douze Sonates d’église op.1 et op.3, deux Livres de chacun douze Sonates de chambre op.2 et op.4, et un recueil de douze Sonates pour Violon et Basse op.5.

Les Sonates de l’op. 2 suivent presque toutes le même plan  : un prélude  majestueux en notes pointées comme une ouverture à la française, une allemande toujours presto, un grave adagio et une gigue comme dans la sonate 4 jouée ici, ou une gavotte. La dernière du recueil, l’op 12 n°2, est une vaste chaconne qui donne lieu à une succession de variations de virtuosité développant toutes sortes de formules rythmiques qui alternent avec d’autres mélodiques et plus méditatives. Les Sonates n° 2, 3  et 10 de l’op. 4 sont en quatre mouvements lent-vif-lent-vif, le n°3 terminé par une Courante, les autres par une Gigue. Les n° 5 et 8 de l’op. 3 sont des sonates d’église alternant quatre mouvements lent-vif-lent-vif. Le choix de l’orgue positif s’impose comme basse de ces pièces. Remarquable est l’allegro de l’op.3 n°8, beau thème de fugue à trois voix.

Toutes ces pages sont jouées joyeusement. Tous très brefs, leurs mouvements présentent une diversité qui exclut toute impression d’ennui. Très beau concert, salué par une salve d’applaudissements !
 
Roger Bouchard. 

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