“En marche” mais jusqu’où?

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valls macron el khomri

Emmanuel Macron s’est fait la belle. Depuis le temps que tout le monde se demandait s’il oserait quitter le gouvernement et quand ! Voilà c’est fait. François Hollande déjà amputé de son aile gauche est privé de son aile droite.Sa « créature » l’a abandonné en rase campagne. Après deux ans passés au gouvernement, nanti d’un bilan plutôt léger, « le Mozart de Bercy » jugeant « le système politique actuel dépassé », entend jouer sa propre partition. . Il était, dit-il, à l’étroit dans son poste de ministre de l’économie alors que le gouvernement s’emploie à appliquer la ligne social démocrate qu’il prône comme François Hollande.

Bien que le chef du mouvement « En Marche » n’ait toujours pas levé l’ambiguïté sur ses ambitions présidentielles, cette démission accompagnée de l’annonce d’un « projet nouveau » semble bien confirmer un désir d’Elysée, manifesté dès le 13 juillet dans le fracassant meeting de la Mutualité à Paris. En larguant les amarres sans annoncer le but du voyage espère-t-il pousser l’actuel président à renoncer à un second mandat ?
Si tel était le cas, ce qui est loin d’être sur, Emmanuel Macron trouverait sur sa route un Manuel Valls qui a clairement posé les jalons de sa possible candidature au meeting des socialistes à Colomiers en début de semaine

Espace politique :

Membre d’un gouvernement de gauche Emmanuel Macron , n’est pas socialiste, mais ni de gauche, ni de droite bien que se montrer en compagnie de Philippe de Villiers, très à droite, ne le gêne pas. Dans quel espace politique le candidat Macron à la présidentielle qui n’a jamais mené la moindre campagne électorale va-t-il développer son projet ?

Ils sont nombreux les politiques chevronnés qui comme Jean-Pierre Sueur saluent les idées et l’allant de l’ancien ministre de l’économie, mais lui rappellent que des gens comme Mendes-France, Delors, Barre et surtout Rocard qui a conservé sa carte du parti socialiste jusqu’en 2016, n’ont pu réformer qu’en s’appuyant sur le parti dont ils se réclamaient. Dans un pays où traditionnellement et surtout depuis 1958, l’élection présidentielle se montre très réactive au clivage droite/gauche, et bien que ce clivage ait évolué depuis quelques années, l’ancien chouchou du président aura bien du mal à exister et rassembler un électorat conséquent.

Malgré l’appel du pied amical des centristes de l’UDI, le séduisant Emmanuel Macron vient de monter sur un ring où tous les coups sont permis. Il va devoir démontrer sans tarder sa capacité à imposer un projet et un programme qui réconcilient les Français avec la politique, sinon l’opinion ne lui pardonnera pas sa démission et la lui fera payer.

Françoise Cariès

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