Orléans – La rentrée des classes du Président : tout un programme…

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François Hollande et la ministre de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem ont visité l’école élémentaire du Nécotin et le collège Jean-Rostand à Orléans. Une visite sous très haute sécurité, et une allocution quasi programmatique pour le Chef de L’État.

François Hollande et Najat Vallaud-Belkacem à leur arrivée au collège Jean-Rostand.

François Hollande et Najat Vallaud-Belkacem à leur arrivée au collège Jean-Rostand.

Une visite normale pour un Président normal. Presse locale et régionale tenue à distance, dispositif de très haute sécurité, quartier du Belneuf bouclé, allocution bordée comme une grand’voile de Tabarly : c’était cependant une rentrée pas tout à fait comme les autres pour les 360 élèves et 38 enseignants du collège Jean-Rostand d’Orléans, un établissement classé en REP+ (Réseau d’éducation prioritaire renforcé, l’un des 10 de l’académie Orléans-Tours).

En compagnie de Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale, le Président Hollande est passé dans les classes de CP, CE1 et CM2 de l’école élémentaire du Nécotin située en face du collège, et qui bénéficie du dispositif “plus de maîtres que de classe” mis en place pour lutter contre les inégalités à l’école. Les élèves de CM1 en étaient à la première leçon d’un cours de… chinois. “C’est important d’enseigner d’autres langues que l’anglais ou l’espagnol” a-t-il déclaré devant les élèves, médusés de recevoir une telle visite le jour de la rentrée.

“Faire aimer l’école aux enfants”

Hollande allocution La visite s’est poursuivie au collège Jean-Rostand, dans une classe de 6e notamment, en cours de mathématiques où l’on utilisait les tablettes numériques. Puis dans son allocution, le Président de la République a déroulé, devant un auditoire composé entre autres d’élèves silencieux – bien des professeurs ont dû rêver d’une telle attention – les grandes réformes qui entrent en action lors de cette rentrée 2016. Sécurité tout d’abord : “que chaque élève puisse aller à l’école sans avoir peur”, a-t-il déclaré, précisant qu’il avait mobilisé “3.000 réservistes de la gendarmerie en plus” pour sécuriser les abords des établissements.

L’Éducation nationale est le premier budget du pays, et pour François Hollande, “le risque c’est de croire que l’école qu’on a connu c’est l’école du futur”. Car il s’agissait bien de justifier des réformes qui ne sont pas passées comme une lettre à la Poste, loin s’en faut. Réforme du 1er degré, poursuite des rythmes scolaires (“un succès, avec 180 jours de classes en plus mais sur des durées plus courtes”), la lutte contre le décrochage scolaire (110.000 élèves décrocheurs contre 150.000 en 2011). “Il faut faire aimer l’école aux enfants, et leur dire aussi que c’est un travail, il faut de l’obstination, de la ténacité pour réussir”. Le collège numérique ne fut pas oublié, avec l’objectif “d’ici à la fin 2018, que tous les établissements reçoivent le numérique pour tous”, accompagné de formations à son utilisation.

60 % d’une classe d’âge avec une licence d’études supérieures

Hollande bain foule Mais la réforme du collège – qui fait encore des remous – avait sans doute plus qu’une autre besoin d’un appui du Président Hollande. “Pourquoi fallait-il faire une réforme ? Il fallait moderniser le collège unique, assurer une plus grande autonomie des élèves dans les apprentissages. Et cela, ce n’est pas un risque, c’est une chance”, a-t-il dit devant un parterre d’enseignants, d’élèves, et… sa ministre de l’Éducation nationale. “Faire le bilan, justifier les changements, donner des moyens : c’est ça la rentrée”, a-t-il ajouté esquissant une ligne d’horizon : “Quelle étape supplémentaire ? Il faut renforcer l’articulation collège – lycée, et réformer le lycée à son tour, pour mieux préparer les élèves et futurs bacheliers aux enjeux d’avenir. Puis mieux assurer la transition entre le lycée et l’enseignement supérieur. Il n’est pas normal que bon nombre d’étudiants sortent sans diplôme. Je souhaite que 60 % d’une classe d’âge puisse obtenir une licence”, a-t-il évoqué en fin d’allocution, dans ce qui ressemblait à s’y méprendre à un futur programme d’un futur candidat.

Frédéric Sabourin.

 En marge de la visite présidentielle
Le Président de la République François Hollande a notamment été interpellé par un couple à l’entrée de l’école élémentaire du Nécotin. Une femme portant le voile et un homme qui l’accompagnait ont notamment crié “Vous n’êtes pas le bienvenu ! à bas la République, vive l’aristocratie !”, selon le témoignage de journalistes qui avaient été autorisés à suivre la visite dans l’école. Un peu plus loin, tenue à l’écart par un important cordon de forces de l’ordre, environ 70 manifestants contre la loi travail s’étaient rassemblés, plus des salariés de l’entreprise Philips de Lamotte-Beuvron dont des suppressions d’emplois sont annoncées, ainsi que quatre opposants gabonais demandant au Chef de L’État “on a besoin de M. Hollande ; on a besoin de la France !”. Le reste de la visite s’est déroulée sans incident notoire. Les médias ont également été souvent écartés du dispositif de visite, rendant l’exercice difficile notamment pour la presse locale et régionale.

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