Aux Pays-Bas, visitons la ville dont le fils peignait des diables

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Cette ville s’appelle ‘s-Hertogenbosc, prononcez : Bois-le-Duc. Et le fils en question, Jheronimus van Aken, plus connu sous le nom de Jérôme Bosch, y est né en 1450. Il y vécut comme en son jardin et y mourut aussi, il y a 500 ans, sans connaître les damnations qu’il représentait sur ses toiles avec tant de délices.

Jardin des délices de J.Bosch ©Musée du Prado

Comme souvent, ne pas se fier aux apparences. Contrairement au monde halluciné des peintures de son plus célèbre habitant, où la main du Malin n’est jamais très loin, la ville de ‘s-Hertogenbosch, francisée en Bois-le-Duc, adopte une attitude beaucoup plus zen. Cette citée médiévale, à une heure d’Amsterdam, est un joyau habillé de façades en brique dont la plus ancienne date du 13e siècle.

Bois-le-duc ©hollandtourism

Bois-le-duc ©hollandtourism

De nombreux parcours balisés en hommage à son célèbre peintre nous guident dans la ville. Sur la Grand-Place, une statue de l’illustre, avec palette et pinceaux, tourne le dos à une maison verte qui appartenait à ces parents et servait d’atelier à son père. Aujourd’hui, une boutique au rez-de-chaussée vend des milliards de petits objets. Sur un autre côté de cette immense place pavée, au n° 61, la façade blanche d’une haute maison abrita les amours du peintre avec une fille de la noblesse fortunée qu’il épousa.

J-Bosch ©hollandtourism

J-Bosch ©hollandtourism

Pour vivre pleinement la ville, il faut absolument que la turpitude du pêché, si elle vous effleure, vous quitte. Les flammes de l’enfer dans les oeuvres de Jérôme Bosch sont des visions cauchemardesques, effrayantes certes, mais qui se dissolvent très vite dans l’harmonie de la cité. Alors, dans la quiétude des venelles, on se ressaisit. Sur les larges avenues, on se laisse aller à toutes les tentations. Les possibilités d’y céder sont nombreuses. Boutiques de mode, antiquaires, terrasses de cafés, aimables restaurants et, pour que le choix soit complet, sept musées animent la ville et quelques fantasmagories aussi…

 

Comme un long cordon ombilical, les canaux irriguent la ville, serpentent sous les maisons, taquinent leurs fondations, surgissent ici, disparaissent là ou boivent ciel et soleil. Pour jouer à cache-cache, embarquez sur une croisière de quelques kilomètres en bateau électrique. Ce parcours apprivoise l’ombre des tunnels, sourit aux herbes folles des berges. Sur des eaux calmes, à peine plissées par l’embarcation, se reflètent, déformées, si c’est possible encore, des personnages du maître du fantastique.

Canal ©hollandtourism

Canal ©hollandtourism

Des escaliers installés sur un de ses côtés de la cathédrale Saint-Jean, belle d’un gothique flamboyant, invitent à une ballade vertigineuse sur ses toits. Ça grouille de gargouilles sur les arcs-boutants.

n6Une centaine en liberté, tellement différentes et nombreuses qu’elles semblent s’animer. On pourrait presque les toucher du doigt. Dans un jeu de miroir, on les regarde fascinés, elles nous regardent médusées. Dans ce face-à-face entre pierre et chair, nul doute, elles se moquent de nous. De nous, ou des grands grotesques d’un monde passé et présent ? Comme échappées d’une peinture de Jheronimus Bosch, démoniaques et rebelles, les gargouilles nous interpellent et nous conduisent dans les méandres foisonnant de l’imaginaire.

Patrick Géraud

Pratique

Y séjourner

– Hôtel Mövenpick, au bord du lac Provenciehuis, à 10 mn du centre ville en voiture ou desserte. Tél. +00 31 (0) 73 687 46 74 et www.movenpick.com

Visite

-L’association : visite Bois-Le-Duc permet grâce à ses guides, dont certains francophones, une visite animée de commentaires judicieux : Tél. +00 31 (0)73 613 50 98 et kringvrienden.nl

Se renseigner

– Sur ce site www.holland.com recherchez : Bois-le Duc dans l’onglet “Autres villes”.

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