Beaumont-en-Véron (Indre-et-Loire): portes ouvertes au premier centre de déradicalisation

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Alors que se multiplient les affaires mettant en cause des jeunes gens et jeunes filles en cours de radicalisation et qui pour certains passent à l’acte, comme dans l’attentat manqué aux bonbonnes de gaz  de Paris, le premier centre de déradicalisation d’Etat vient d’ouvrir non loin de Chinon, à Beaumont-en-Véron.  

Mesures de sécurité maximum.

Mesures de sécurité maximum.

Mardi matin les autorités responsable de cette opération en ont ouvert les portes à la presse et expliqué son fonctionnement et ses objectifs. Les premiers pensionnaires seront accueillis dans une quinzaine de jours. 

C’est le préfet d’Indre et Loire, Louis Le Franc accompagné de Muriel Domenach, la nouvelle secrétaire générale du comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation qui ont cornaqué la presse dans les locaux. A l’entrée les journalistes ont été minutieusement fouillés et contrôlés, alors qu’ils étaient une centaine de riverains à manifester à l’extérieur. 

Une manifestation de riverains devant le centre.

Une manifestation de riverains devant le centre.

“Nous sommes inquiets, et ce n’est pas le maire ni les autres élus qui nous ont rassuré”, a déclaré un membre du collectif “radicalement digne de Pontourny”, du nom du lieu dit qui accueille le centre  où les jeunes résideront. a colère gronde toujours chez certains habitants. “Ce n’est pas facile”, glisse en réponse le maire de Beaumont en Véron. Contrairement aux manifestants, Bernard Château, lui, a participé à la visite de presse, comme d’autres élus locaux qui tentent depuis six mois de rendre “acceptable” la présence de ce “centre de prévention, d’insertion, et de citoyenneté”.

Le moins dangereux possibles

Dans une chambre du centre de Beaumont.

Dans une chambre du centre de Beaumont.

“Notre volonté, c’était de faire en sorte qu’il soient le moins dangereux possible”, résume Laurent Baumel, député d’Indre-et-Loire, classé “frondeur” du PS. Selon le préfet, il s’agira de jeunes adultes, hommes ou femmes de 18 à 30 ans “en voie de radicalisation”, qui n’ont jamais été condamnés pour des faits de violences, qui ne sont pas suivis par la justice pour des faits de terrorisme et qui ne sont pas allés combattre en Syrie.

Les autorités ont installé 18 caméras de surveillance, ainsi qu’un faisceau anti-intrusion. Les pensionnaires, tous internes, pourront disposer de leur mobile mais les sorties seront contrôlées et accompagnées. Les jeunes, qui devraient être environ 25 au début 2017, seront encadrés par une équipe de trente personnes, éducateurs, psychologues, enseignants, etc. ainsi que des prestataires extérieurs. “Ce n’est pas un établissement privatif de liberté. C’est un établissement social et médico-social”, précise Pierre Pibarot, directeur du groupement d’intérêt public réinsertion et citoyenneté.

Développer leur esprit critique

Les autorités au tour de Murielle Domenach, la déléguée interministérielle.

Les autorités au tour de Murielle Domenach, la déléguée interministérielle.

Muriel Domenach dit vouloir travailler “dans la sérénité” pour assurer la réussite de ce projet expérimental. Histoire aussi de chercher l’apaisement dans la commune. 

Au programme des jeunes qui viennent de toute la France, Il y aura un travail de distanciation, destiné à développer leur esprit critique, avec une réflexion sur le fait religieux, l’histoire la philosophie, l’utilisation d’internet, puis un travail sur l’engagement citoyen avec lever des couleurs et le vivre ensemble, au sein de l’établissement.

Le programme comprendra également un volet médical et social avec des psychologues formés aux questions de radicalisation et enfin une préparation à l’insertion sociale et professionnelle. Le tout se déroulera sur une période de 10 mois, répartie en trois temps. Première phase, le diagnostic et la vie à l’intérieur du centre, coupé du milieu extérieur nocif, une deuxième phase consacrée à la mise en œuvre de dispositifs de droit commun d’aide à l’insertion, et une troisième période consacrée à l’individualisation du projet avec une ouverture accrue de la vie sur l’extérieur. Un travail sera parallèlement mené avec les familles. A l’issue des dix mois, les jeunes qui quitteraient le centre en situation d’échec continueront toutefois d’être suivis par les services de la préfecture.

 

 

 

Commentaires

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  1. Je ne crois pas un instant à l’efficacité d’un tel dispositif, qui est de plus fort coûteux. Rendez-vous dans un an pour un premier bilan.

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