L’arrivée de migrants de Calais dans la région: le préfet prépare le terrain

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Lors d’un échange informel avec les médias du Loiret, le préfet de Région Centre-Val de Loire a apporté quelques précisions concernant l’accueil des migrants dans les régions suite à l’article paru dans le Figaro du 13 septembre, et l’émoi médiatique qu’il a produit toute la journée.

Nacer Meddah

Le préfet de Région Nacer Meddah.

 Toutes les régions, sauf deux : l’Ile-de-France et la Corse. “L’accueil des migrants provenant de Calais sera fonction du du critère démographique pondéré par les efforts déjà faits par chaque région”, précise Nacer Meddah, préfet du Loiret et préfet de Région. Le plan Cazeneuve prévoit pour la Région Centre-Val de Loire  un total de 828 places d’hébergement (260 existent déjà) d’ici la fin de l’année. 580 nouvelles places devront donc être créées. “Il s’agit de créer des conditions d’accueil et d’hébergement décents, afin de palier au démantèlement de la jungle de Calais, mais aussi des jungles qui se sont installées sur les trottoirs parisiens”, a insisté le préfet de Région. “C’est pour l’instant un travail de coordination avec les autres préfets de la région Centre-Val de Loire, mais aucune répartition par département n’a été définie”. Il existe deux types de migrants : ceux qui fuient objectivement un pays en guerre – que l’on peut nommer des réfugiés – et ceux qui partent pour motifs économiques. L’examen de leur situation ne donne pas le résultat ; un réfugié a vocation a rester sur le sol français, un migrant économique peut se voir débouter du droit d’asile. “Il faut prendre le temps de bien écouter leur histoire, car ensuite le basculement dépend d’elle. Soit vers un CADA (Centre d’accueil des demandeurs d’asile) ou un UDA (Urgence pour demandeurs d’asile)”. Le traitement des femmes seules avec enfants et des mineurs isolés réclame une attention particulière. Ces derniers sont pris en charge par les Conseil départementaux.

“Tenir compte de l’existant”

“On ne va pas imposer à des élus d’accueillir des migrants sur leur territoire. Bien sûr que nous allons faire ce travail en concertation avec eux”, insiste Nacer Meddah, après la journée du 13 septembre où un certain nombre d’élus se sont émus d’avoir été pour l’instant écartés de la prise de décision. “J’ajoute que c’est l’État qui prend tout en charge, pour les collectivités cela n’aura aucun coût”. D’où l’intérêt de trouver des structures d’accueils ne nécessitant pas de gros travaux d’aménagement. “Des négociation sont déjà engagées avec les centres Afpa, la SNCF, le Crous, même le groupe Accords pour trouver des lieux d’hébergement vacants disponibles assez rapidement et déjà fonctionnels”. Actuellement, 260 personnes migrantes ou réfugiées sont présentes dans la Région, au démantèlement de la zone sud de la jungle de Calais au printemps dernier. Un tiers ont déposé une demande d’asile. 38 Soudanais sont notamment hébergés dans le centre Afpa de Blois, un hébergement qui sera d’ailleurs prolongé au delà de la fin septembre, date initialement prévue. Au total près de 80 migrants sont accueillis dans le Centre d’accueil et d’orientation (CAO) de Blois. 80 demandeurs d’asile sont également présent dans le CADA de Buzançais, logés dans l’ancienne gendarmerie notamment.

Meddah “Il faut tenir compte de l’existant”, ajoute Nacer Meddah, “nous aurons une rencontre avec le ministre de l’Intérieur en début de semaine prochaine. Mais d’ores et déjà nous devons faire vite : deux à trois semaines. Ensuite, le délais d’examen des demandes d’asile doit s’accélérer : deux à trois mois pour traiter les demandes. Mais c’est sûr, nous allons manquer de CADA, il faut créer des places un peu partout dans la région, et pas trop éloignés des centres urbains, car il est nécessaire que les personnes ne soient pas trop éloignées des opérateurs sociaux qui vont les accompagner”.

Une affaire à suivre de près, dans un contexte d’instrumentalisation politique lié au climat fortement électrique d’une campagne électorale en vue des échéances 2017, mais en ne perdant pas de vue qu’il s’agit avant tout de personnes humaines dont la situation à Calais – dans les conditions épouvantables de nombreuses fois décrites – ne peut plus durer.

F.Sabourin.

 

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