Hommage aux victimes du terrorisme

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Un à un, les noms des 230 défunts tués dans des attentats visant la France de novembre 2015 à juillet 2016 ont été égrenés ce lundi matin dans les jardins de l’Intendant de l’Hôtel des Invalides, à Paris. Une cérémonie organisée depuis 1998 par l’Association française des victimes du terrorisme (AFVT) et la Fédération nationale des victimes d’attentat et d’accidents collectifs (Fenvac) chaque 19 septembre.cd8c1d7c71411061e34fed17e3872d449ec09be4

Les cieux gris conviennent aux cérémonies du souvenir.Ils contiennent ce qu’il faut de mélancolie et de tendresse pour rendre moins douloureux un regard vers un passé atroce. Et, ce matin, Paris s’était parée d’une délicate brume comme un geste de compassion envers ceux qui n’ont que leur mémoire et leur cœur pour retrouver les êtres que la barbarie leur a arraché, comme un baume sur tant et tant de plaies qui ne servent qu’à faire souffrir. Une pluie fine et continue, était aussi de la partie, mais qui s’en souciait devant la statue -fontaine de « La parole portée », seul monument parisien dédié aux victimes du terrorisme ? Tous les participants laissaient pénétrer en eux les notes de l’hymne international des victimes du terrorisme, mélodie composée après l’attentat de 2004 à Madrid. Tous rescapés des attentats et familles des victimes disparues écoutaient, debout, silencieux laissant entrer en les souvenirs qui se mélangeaient à leur douleur. À chaque nom, une rose blanche est déposée au pied de la statue. La minute de silence fut lourde de toutes les peines que n’atténuent pas la Marseillaise chantée par les cœurs de la Garde républicaine.

29354bb6b73fc11079628d10c660f69df0bea550L’assistance était clairsemée. 700 personnes étaient attendues, il n’en était venu que 400, journalistes, politiques, membres des associations, du protocole de l’Elysée et de la sécurité compris. Peu avant le début de la cérémonie, les équipes techniques avaient retiré au fur et à mesure les chaises sur plusieurs rangs pour éviter l’image des chaises vides à l’écran des nombreuses télévisions qui allaient répercuter l’événement à l’infini.

Aux premiers rangs, les personnalités étaient nombreuses. Autour du président de la République. Manuel Valls, Jean-Yves Le Drian, Anne Hidalgo, Michel Sapin, Claude Bartolone mais aussi Nicolas Sarkozy, François Fillon, Alain Juppé ou encore François Bayrou.A moins de huit mois de la présidentielle, la lutte antiterroriste s’annonce comme un des thèmes incontournables de la campagne et la classe politique sait qu’elle ne peut ignorer les attentes des victimes, tant en matière d’indemnisation que sur le travail de mémoire.

Dans l’assistance, quelques personnes en fauteuil roulant, un jeune homme longiligne cherchant constamment l’équilibre avec ses béquilles,Sur chacune un autocollant du drapeau tricolore.

“Paix aux morts , courage aux vivants”

391338d07bf4c1b44791aaa61acc56ab98c5a433Sous une tente blanche, les prises de paroles se succèdent. D’abord Georges Salines, président de l’association « 13 novembre: fraternité et vérité», père de  Lola, tuée au Bataclan, puis Arthur Denouveaux, rescapé du Bataclan et vice-président de l’association Life for Paris, puis Maverick Touati, président de l’association des victimes de Ouagadougou (Burkina Faso), et Chloé Arnaud, pour les victimes de Grand Bassam (Côte d’Ivoire), qui ont tous deux perdu leur père dans ces attaques terroristes . Un rescapé français de l’attentat de Gao (Mali), pleure un collègue et ami et dire: «Paix aux morts, courage aux vivants».

Yasmine Bouzergan-Marzouk, 21 ans, qui a perdu trois membres de sa famille dans l’attentat de Nice secoue l’assistance. En deux sanglots qu’elle parvient mal à réprimer, elle relate la «scène de guerre» de Nice qu’elle a vécue, avant de refuser l’ amalgame de sa «confession musulmane» avec celle des «barbares». Des discours touchants pleins d’émotion qui s’achèvent par l’intervention plus institutionnelle de deux responsables d’association de victimes: Guillaume Denoix de Saint-Marc, dont le père a péri dans l’attentat du DC10 d’UTA en 1989 et qui dirige l’Association française des victimes du terrorisme (AfVT), et Pierre-Étienne Denis, président de la Fédération nationale des victimes d’attentats et d’accidents collectifs (Fenvac).

Des ressources supplémentaires

29354bb6b73fc11079628d10c660f69df0bea550Puis vient le tour du président de la République.Il assure aux victimes et familles de victimes, qu’il engagerait des moyens supplémentaires pour la lutte contre le terrorisme. « Nous devons pérenniser l’action qui a été engagée, je parle bien sûr de tous les moyens pour prévenir les attentats, pour les dissuader, pour les empêcher, et c’est un travail constant qui appellera des moyens encore supplémentaires au-delà même de ce que j’avais décidé pour les renforcer », a-t-il affirmé. En outre, « les ressources du Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme seront revues et l’Etat s’en portera garant sur la durée  car le terrorisme avait changé de dimension ». La secrétaire d’État chargée de l’aide aux victimes, Juliette Méadel, également présente. deux mois après l’attentat de Nice, a recensé « plus de 1100 demandes » qui ont été déposées auprès du Fonds de garantie des victimes d’actes terroristes et « près de cinq millions d’euros » d’avances sur indemnisation qui ont été versés.

F.C.

En un an, la France a été touchée le 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis (130 morts), le 15 janvier 2016 à Ouagadougou (30 morts dont deux Français), le 13 mars à Grand-Bassam en Côte d’Ivoire (19 morts, quatre Français), le 22 mars à Bruxelles (32 morts, un Français), le 1er juin à Gao au Mali (quatre morts, un Français). Le 13 juin un policier et sa compagne ont été assassinés chez eux à Magnanville (Yvelines), le 14 juillet un camion a tué 86 personnes à Nice, le 26 juillet, un prêtre est égorgé dans son église de Saint-Etienne-du-Rouvray, près de Rouen.

Marianne Dubois : Indemnisation des victimes du terrorisme, que de temps perdu !

Marianne Dubois

Marianne Dubois

“Le 15 octobre 2015, j’interrogeais la Garde des Sceaux de l’époque sur le Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d’autres infractions de droit commun, le FGTI, créé pour indemniser les victimes d’actes de terrorisme. A la suite de l’attentat du Bardo, qui a fait vingt-quatre morts et quarante-cinq blessés, les victimes françaises dont des Loiretaines n’avaient toujours pas été indemnisées et se sentaient oubliées et délaissées par l’État français. La Ministre avait annoncé qu’il « y avait sans doute lieu de revoir certaines règles applicables aux décisions du fonds ». Or, près d’un an après, le Président de la République, rendant solennellement hommage à toutes les victimes du terrorisme a annoncé une réforme du système d’indemnisation des victimes du terrorisme. «Le fonctionnement et les règles seront réformés. Ses ressources seront revues en conséquence. » Il n’est que temps !”

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