Florence, un week-end hors du commun

Par Anne-Marie Minvielle

Connaissez-vous vraiment bien tout à Florence ? En Toscane, la capitale des arts attire des millions de touristes. Mais que faire, pas comme les autres, même si le temps vous est compté? Voici quelques idées qui sortent de l’ordinaire pour ceux qui ont déjà tout vu ou sont rebutés par les heures d’attentes des grands musées. L’art italien pour les plus blasés, un itinéraire à suivre en deux jours.

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Le long de l’Arno avec les Strozzi 

Rendez-vous matinal au palais Strozzi, non loin du Ponte Vecchio sur l’Arno. Ses façades en ronde-bosse explosent dans ce quartier chic où se reflètent les enseignes de la haute-couture parisienne. Les Strozzi ne voulaient-ils pas rivaliser avec la puissance des Medicis à la Renaissance ? La cafeteria dans la cour, propose des petits-déjeuners sympathiques pour discuter sur les expositions temporaires organisées par la Fondation Strozzi. À voir.

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musée Marino Marini

Piazza San Pancrazio, le musée Marino Marini (1901-1980) contraste par sa conception muséologique austère et moderne, bien cachée derrière les grilles d’une ancienne église. Il abrite près de 200 oeuvres de ce sculpteur, dont Il Cavaliere saisissant telle une œuvre étrusque. Ami de Henri Moore et Giacometti, Marini se réfugia en Suisse durant la Seconde guerre mondiale.

Voisine du musée, la petite chapelle Rucellai (XIV°s) abrite un superbe mausolée en marbre orné des armes des Médicis.       

i-flo-ognissanti-ghirlandaio-1-amm-copieContinuons le long de l’Arno vers l’ouest. L’église baroque des Ognissanti –de Tous les Saints- est toute à la gloire du peintre florentin Domenico Ghirlandaio. À droite de la nef, une Piéta d’inspiration flamande de cet artiste Renaissance mort brutalement de la peste, rivalise avec un Saint Augustin signé Botticelli. N’oubliez surtout pas de pénétrer dans le cloître et d’admirer dans le réfectoire la grande fresque de la  Cène comptant parmi les premières œuvres de Ghirlandaio. La fraîcheur des détails, des oiseaux à ceux de la table et le calme des lieux rendent pensif, loin de l’agitation extérieure.

Remontant vers le nord, le musée de Santa Maria Novella et les adorables fresques de Paolo Uccello s’ajoutent aux Giotto, Boticelli, Massacio, Ghirlandaio, Lippi et les autres… Ils ne vous ferons pas oublier de passer par l’Officina Profumo Farmaceutica de cet ancien monastère dominicain, au 16 Via della Scala. Ces dames connaissent certainement déjà ces parfums, chics mais chers, qui embaument cette apothicairerie aux boiseries et aux pots séduisants. Une bougie au Pot-Pourri pour embaumer la maison vous coûtera 40 €, mais quelles senteurs, et la visite est gratuite.

De quoi s’endormir ce soir à l’hôtel avec une poignée d’herbes venue du paradis…

Le centre des Medicis

Retour plein centre, traversant de bon matin courageusement les foules qui s’agglutinent autour du fabuleux Duomo et son baptistère.

Après avoir photographié les façades rayées de marbres blancs et verts, n’hésitez pas à rentrer dans le nouveau Museo dell’Opera del Duomo. Tout se passe ici, les copies sont à l’extérieur !

Rénové en 2015, le musée présente sur trois étages les plus belles œuvres du Duomo, en respectant la présentation esthétique de cette « Maison de Dieu », comme le précise son directeur, Monseigneur Timothy Verdon. Vous y retrouvez, entre autres, les façades et les statues du Baptistère mais aussi celles d’autres églises, les authentiques portes en bronze de Ghiberti et Pisano, l’impressionnante statue en bois de la Sainte Madeleine de Donatello et la Piéta inachevée de Michel-Ange. Montant les étages, les statues et les reliefs du Campanile ainsi que les maquettes de Brunelleschi mènent à une loggia d’où la vue s’étend, comme dans une cathédrale, sur la grande salle intérieure du musée. Superbe, la salle du trésor n’est pas loin. Enfin le troisième étage s’ouvre sur une terrasse extérieure d’où la photographie sur la coupole du Duomo à quelques mètres de là, s’impose à tout prix.

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Quelques rues plus au nord conduisent à l’Opificio delle Pietre Dure, 78 Via degli Alfani. Ce discret musée évoque nos Gobelins français. Ce sont encore les Medicis, mécènes florentins, qui créèrent cette manufacture des métiers d’arts en 1588. Elle était initialement destinée à la fabrication de la marqueterie de pierres dures, l’une des spécialités de l’artisanat à Florence, nommée commesso. Son musée particulièrement intéressant est unique en son genre. Il expose les plus belles pièces de cet art qui envahit toutes les cours de l’Europe à l’époque. Louis XIV se devait d’avoir à Versailles des tables ou des cabinets en marqueterie de pierres dures. Les Habsbourg les envièrent. Il en reste à Madrid, à Londres et en Suède… Le laboratoire de restauration des pierres dures, toujours présent, ne se visite pas, mais témoigne des onze laboratoires spécialisés en restauration (métaux, tissus, bois, etc..) de cette manufacture de restauration réputée l’un des plus importantes au monde. Ici on travaille !

i-flo-san-marco-4-amm-copiePar contre, vous retrouverez la foule des touristes, mais cela en vaut la peine, au musée national de San Marco où s’étagent les chefs d’œuvre de Fra Angelico. Il y travailla toute sa vie pour exprimer son amour de Dieu. Le pape le canonisa en 1984, faisant de lui le saint patron des artistes.

Enfin, si vos pieds ne crient pas grâce, prenez un taxi abordable pour atteindre en fin d’après-midi, les jardins de la villa Bardini.

L’un des plus beaux panoramas sur Florence vous laissera un souvenir inoubliable de cette ville d’art, qui ne s’en laisse pas conter.

Adresses utiles

firenzeturismo.it
museumflorence.com
palazzostrozzi.org






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