Congrès de l’ADF : les départements obsédés par leurs budgets

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Le 86 ème congrès de l’Assemblée des départements de France (ADF) s’est ouvert aujourd’hui au Futuroscope de Poitiers. Le choix de ce lieu n’est pas anodin. « Né grâce à la première décentralisation des années 1982-83, le Futuroscope ne pourrait aujourd’hui voir le jour du fait des textes qui encadrent désormais les départements », dit Bruno Belin, président (LR) du conseil départemental de la Vienne.

14589919_1388472907837373_3499294772360893126_oEntre des groupements intercommunaux élargis et des régions musclées, les départements ont du mal à exister et s’interrogent sur leur devenir. Certes leur disparition pure et simple n’est plus à l’ordre du jour mais dépouillés du développement économique, des transports scolaires et interurbains, interdits de clause générale de compétences, ils sont confrontés aux problèmes financiers que leur cause leur « cœur de métier », le social.

À sept mois de la présidentielle,le gouvernement va affronter une Association des départements de France (ADF) obsédée par les problèmes budgétairesde ses membres .

Explosion des dépenses sociales

14494815_1388473024504028_9021155611097161451_nDans un contexte de croissance économique à 1,3 %, beaucoup, dans les soixante-neuf départements de la droite et du centre et les trente-trois départements de gauche, parlent depuis des mois d’«impasse». Ils dénoncent une explosion des dépenses sociales qu’ils détaillent volontiers: augmentation annuelle de 9 % du revenu de solidarité active (RSA), charge des 17 milliards d’euros d’allocations individuelles de solidarité (AIS), progression des dépenses liées au chômage de masse et au vieillissement de la population, coût des mineurs isolés étrangers … Ils n’en peuvent plus. L’an passé ils étaient une dizaine à connaître des fins d’années inextricables, en 2016 ils sont une bonne quarantaine à se demander comment ils vont assurer leurs charges incompressibles. Un tiers des départements ne saurait trop comment régler le RSA en décembre. En 2015, il s’est élevé à 10,2 milliards compensés par l’état à hauteur de 6,4 milliards, 4 milliards sont restés à charge.La Seine-Saint-Denis détient le record des départements hexagonaux les plus touchés par le RSA. « On marche sur la tête ! constate Stéphane Troussel, son président PS. Les pauvres financent la solidarité envers les plus pauvres. Ce n’est pas juste, ce n’est plus acceptable et c’est inefficace.»

Pour une plus juste appréciation des réalités

Certes, les départements n’ont pas toujours été exemplaires dans la maîtrise du nombre de fonctionnaires mais cette réalité qu’ils s’appliquent à rectifier ne les empêche pas d’alerter l’exécutif sur la «fragilité» de leurs finances actuelles. Sans refuser leur participation à la solidarité, ils réclament une politique plus «cohérente» et attendent de l’État une appréciation plus juste des réalités départementales avant que des dépenses «non financées» soient engagées depuis Paris. Dominique Bussereau, président de l’ADF a annoncé que sont association allait saisir l’occasion du congrès pour faire des propositions au gouvernement qui sera représenté par son ministre des collectivités locales, Jean-Michel Baylet. Invités François Hollande et Manuel Valls n’ont pas donné suite.

Françoise Cariès.

 

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