Hugues Saury (LR), président du Loiret : “N. Sarkozy, meilleur rempart contre le Front national”

Primaire de la droite et du centre : après Mathieu Schlesinger (maire d’Olivet, LR), pour AlainJuppé, Olivier Carré (député-maire d’Orléans, LR), pour Bruno Le Maire, et Constance de Pélichy (maire de La Ferté-Saint-Aubin, LR), pour Nathalie Kosciusko-Morizet,  nous avons interrogé Hugues Saury, président du département du Loiret, sur les raisons de son soutien à Nicolas Sarkozy. Un choix qui a surpris et qu’il explique notamment par le « rempart » que constituerait Nicolas Sarkozy contre le Front national.

Quant aux autres rendez-vous électoraux, Hugues Saury n’exclut pas de sa présenter aux Sénatoriales et soutiendra Alexandrine Leclerc (UDI), vice-présidente du département, sur la sixième circonscription, plutôt que Stéphane Fautrat (LR).

saury

Hugues Saury, vous avez tardé à vous déclarer et vous avez aussi créé la surprise en vous prononçant pour l’ancien Président. Le choix était-il entre Sarkozy et Juppé?

Je n’ai pas voulu me déclarer sans savoir ce que disaient les uns et les autres, donc j’ai lu leur différents bouquins et au fil de mes lectures j’ai trouvé que Fillon, Le Maire, Juppé et Sarkozy, avaient tous des choses intéressantes à dire. Au final c’est Sarkozy qui me semblait être l’homme de la situation.

Vous n’étiez pas obligé de prendre parti… ?

Non, mais lorsque l‘on est à un poste de responsabilité, on se doit de prendre position. L’élection présidentielle est toujours un moment important mais encore plus cette fois-ci. Car si l’on se plante collectivement et que l’on a quelqu’un qui ne fait pas le boulot, je crains que ça ne se passe pas bien,  que les gens descendent dans la rue et que l’on se retrouve avec Marine Le Pen à la tête de notre pays.

Cela fait-il partie des risques lors de cette élection ?

Oui, je sens une exaspération des gens. Certains sujets tabous depuis fort longtemps sont des sujets de préoccupation de nos concitoyens. Ainsi, on ne pouvait pas parler d’immigration sans être taxé de xénophobie, de racisme.  Sur ce sujet comme sur d’autres, le discours était très formaté.  Désormais, la parole se libère. Avec ces excès  auxquels je n’adhère pas. Mais je crois aussi qu’il faut dire les choses, car sinon les gens estiment que les politiques ne prennent pas les mesures qu’il convient, qu’ils ne se préoccupent pas des vrais sujets. Or, ce sont ceux qui les disent avec excès et avec des objectifs néfastes pour notre pays qui remportent la mise.

Justement, on accuse Sarkozy de dire les choses avec excès lui aussi, avec ses petites phrases retenues par la presse, comme sur les Gaulois. Il va chercher ainsi un électorat enclin à voter Marine Le Pen.

De même qu’Alain Juppé va chercher un électorat centriste et à gauche, Nicolas Sarkozy est un candidat de droite qui va chercher des électeurs qui votent Front national non pas par adhésion, mais par ras le bol, par désespoir, par exaspération. Ces gens-là il faut les ramener vers un vote qui ne soit pas FN car ils sont des plus en plus nombreux et ça devient inquiétant.

Donc vous choisissez Sarkozy comme rempart contre le Front national et contre l’arrivée de Marine Le Pen à l’Elysée ?

sarkozyLe candidat idéal aurait été un mixte de ces quatre candidats, l’expérience de l’un, la jeunesse de l’autre, le dynamisme du troisième. Mais Je pense qu’il’ est le meilleur rempart contre le FN. Pour autant, si Alain Juppé l’emporte je le suivrai sans état d’âme.  Mais je crois qu’il ne faut pas oublier de parler à une majorité silencieuse. On  le voit dans un département comme le Loiret. On parle de la fracture en milieu urbain, entre les banlieues et la ville. Mais en milieu rural aussi on constate un désespoir fort. Et puis là encore, on est dans les excès de la campagne. Quand vous  lisez des ouvrages, des publications et quand vous écoutez ce qu’ils disent, il y a une grande différence. Aussi bien pour Sarkozy que pour Juppé. Juppé apparait plus rond, plus souple, plus ouvert que ce qu’il écrit alors que Sarkozy apparait beaucoup plus ferme, plus fort, plus excessif, que ce qu’il écrit.

Et Fillon… ?

C’est quelqu’un, on le voit dans son bouquin, qui a une vraie réflexion sur l’état du pays et les solutions pour y remédier.

Les révélations de Patrick Buisson sur Sarkozy, par exemple lorsque celui-ci traite Fillon de « pauvre type » ou lorsqu’il envisage un rapprochement avec le FN, ne vous ont-elles pas ébranlé ?

J’ai lu cela de très loin car je ne m’intéresse pas du tout à ce type de déclaration.

Êtes-vous d’accord sur tout avec le programme de Nicolas Sarkozy, par exemple la mise en détention des fichiers S ?

saury département cg45Non je ne suis pas d’accord sur tout. On a entendu dire « nous sommes en état de guerre », Président compris, et tout le monde dit d’autre part, « nous sommes dans un état de droit ». Il faudrait savoir. Soit l’on est en état de guerre et il faut prendre des mesures d’exception, et qui sont forcément liberticides. Soit nous ne sommes pas en état de guerre et dans ce cas là on ne le fait pas. Moi je crois que nous sommes en état de guerre et qu’il faut absolument préserver les Français. Quant au fichier  S, il ne comporte pas que des terroristes en puissance. Mais ceux sur lesquels il y a un risque je pense qu’il faut les mettre hors d’état de nuire pour notre société. 

Donc on sort de l’état de droit?

Non, si l’on reprend les propositions de Sarkozy cela se ferait sous le contrôle du parquet.

Votre choix de Sarkozy étonne car vous donnez l’image d’un homme modéré y compris par rapport à votre prédécesseur, c’est un paradoxe ? On vous aurait plutôt vu avec Juppé…

Oui, je le sais bien. Nicolas Sarkozy a probablement le discours le plus ferme, celui qui donne l’impression d’être le plus à droite mais je ne suis pas certain que ses mesures soient les plus à droite. Ainsi en économie Nicolas Sarkozy n’est pas le plus libéral, il est plus mesuré, étatiste. Cela me convient mieux.

Dans le département, quelles sont les mesures que vous ayez prises qui collent avec votre choix de la primaire ?

Hugues Saury

Hugues Saury

On parle de la primaire de la droite et du centre. Dans le discours on a l’impression que ce sont des candidats éloignés les uns des autres. Mais nous sommes dans une même famille politique. Encore une fois à la lecture des écrits, on s’aperçoit qu’il y a beaucoup de points communs entre les programmes. Tous sont d’accord par exemple pour revoir les différentes aides sociales, pour les rendre plus cohérentes, mieux les contrôler. Sur ce point Nicolas Sarkozy ne diffère pas des autres. Autre thème, il s’est exprimé pour un équilibre des investissements entre milieu urbain et milieu rural. Il y a une coupure entre urbain et rural et c’est un élu urbain qui le dit, cette France qui se sent délaissée il faut trouver les moyens de la rassurer. Il faut investir  sur les déplacements, le numérique. Sur l’agglo on a deux lignes de tram mais quand on veut venir de Gien dans la capitale régionale, c’est très compliqué.

Et sur le maintien des départements, sont-ils tous d’accord ?

Non pas tous. Fillon et Sarkozy sont pour le conseiller territorial. Aujourd’hui  les conseillers régionaux ne sont pas connus. Les conseiller départementaux oui. Dire que les conseillers territoriaux siégeraient au département sur certains sujets et à la région pour d’autres, ce n’est pas stupide. Mais je ne crois pas que la préoccupation majeure des Français soit l’organisation territoriale, ni que ce soit vecteur d’économies.

Hugues Saury

Les sénatoriales sont-elles une des raisons de votre engagement derrière Nicolas Sarkozy ?

J’avais dit juste avant mon élection à la présidence du département que lorsque l’on est pendant quinze ans élu de terrain, on a envie à un moment dans sa vie politique d’avoir une autre vision.

Vous n’êtes pas candidat ?

J’avais dit juste avant mon élection à la présidence du département que lorsque l’on est pendant quinze ans élu de terrain, on a envie à un moment dans sa vie politique d’avoir une autre vision.

Donc ce ne sera pas pour cette fois… ?

Pour l’instant je n’y pense pas.

Les listes sont en train de se constituer…

Oui, mais c’est dans un an. Il y aura eu avant, la Présidentielle et des législatives. Reparlons-en au mois d’avril…

Aux législatives, qui soutenez-vous sur la sixième circonscription, Alexandrine Leclerc, votre vice-présidente ou Stéphane Fautrat ?

Ce serait dommage qu’il  y ait des primaires UDI-LR au premier tour, d’autant plus que sur un certain nombre de territoires le Front national risque de faire un bon score.  J’espère donc  qu’il y aura un accord au niveau du département pour qu’une circonscription soit dédiée à l’UDI, et autant que ce soit une candidate. Si l’on fait des primaires nationales de la droite et du centre, si l’on considère que ces deux partis font route ensemble vers une alternance, j’estime  que l’on ne peut pas ne pas trouver un accord dans notre département.  En tous cas je militerai en ce sens.

Stéphane Fautrat, le secrétaire départemental, va vous en vouloir, vous êtes bien membre de LR… ?

Oui, mais en même temps, il doit donner l’exemple…

 

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