Bourges : les premiers arbres de Séraucourt sont tombés

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Le match entre municipalité et opposants à la nouvelle Maison de la Culture de Bourges paraît avoir tourné à l’avantage de l’équipe de Pascal Blanc, le maire de la capitale des Bitturiges.

Séraucourt

“Quand le bucheron entre dans la forêt avec une cognée à l’épaule, les arbres disent : courage les gars, le manche est des nôtres”.

Cela faisait des semaines que les travaux devaient débuter. Entre coût des projets, discussions entre hommes de l’art, élus et habitants, Pour et contre, les jours passaient. L’été achevé, les arbres ont continué à ombrager la place Séraucourt.

Les opposants étaient parvenus à  bloquer le chantier, au moins temporairement. Le vote municipal du 16 septembre dernier – qui élargissait la zone tampon où il était impossible ou presque d’effectuer des modifications de la ligne d’horizon – semblait donner raison au Collectif « Lutte Séraucourt ». Le temporaire était envisagé, et pouvait finalement devenir définitif. « C’est un nouvel élément, suite à un rapport de l’Unesco, qui doit faire suspendre l’abattage des arbres. Dans un premier temps cette zone n’incluait pas le site mais, désormais ce n’est plus le cas. Du coup, le dossier est différent ».   Les 14.000 signatures, soit plus que le nombre de voix obtenu par le maire lors de son élection, paraissait constituer un parfait contrepoids aux décisions prises en conseil municipal. Recueillis par pétition, ces signatures étaient issues, à 90 %, de l’agglo de la première ville du Cher.    

Des collectifs citoyens

SéraucourtLe début de l’abattage des arbres du site de la place Séraucourt était prévu pour début octobre. Une poignée de manifestants avait pris position dès les premières heures de la matinée pour un rassemblement qui se voulait préventif. Pour la télé et les médias locaux un équilibriste était monté dans un arbre. Le nécessaire question folklore en quelque sorte…

Une soupe populaire plus tard, chacun avait apporté une petite partie des récoltes de son jardin, les membres du collectif constataient que les seuls panneaux de restrictions de stationnement concernaient la prochaine édition des Foulées de Bourges. Le sourire restait figé mais l’espoir demeurait.

On assurait vouloir «  toujours discuter » et on indiquait que « nous ne sommes pas contre la Maison de la Culture. » La veille était de rigueur et on estimait être toujours au courant de ce qui se passait quasiment minute par minute. Les réseaux sociaux s’avéraient utiles sur ce coup-là et la base active constituée d’une centaine de personnes se relayait pour assurer des permanences, des relais informatifs. « Cela a pris la forme de collectifs citoyens », expliquait Marie, une des premières adhérentes au mouvement.  

SéraucourtDes arbres tombés pour rien ?

Le 6 octobre, ce sont près de 120 policiers dont 80 CRS, une dizaine de camions, qui ont réveillé les camping-caristes installés, rue Jean-Bouin, à proximité du site d’abattage, avant de prier la vingtaine de manifestants d’aller voir ailleurs si l’herbe était plus verte. Au petit jour les tronçonneuses pouvaient ainsi agir en toute sécurité. Derrière les grilles, passants, badauds et défenseurs des arbres ont pu assister à la ballade de tronçonneuses, au ballet des grues et des grumes, aux tronc qui tombent et aux branches qui s’écrasent au sol.

SéraucourtTotalement sous contrôle, le chantier devrait durer trois jours. Juste à temps pour que se déroule en toute quiétude l’installation de la course à pied la plus importante de la cité berruyère. Ensuite, ce sera le temps des fouilles archéologiques préventives, en décembre. Pourvu que les « fouilleurs » ne trouvent rien sinon les arbres pourraient bien être tombés pour… rien.

Une chose est désormais certaine, la ligne d’horizon n’est plus la même : les Berruyers peuvent maintenant apercevoir plus facilement la pelouse du stade Alfred-Depège et sa salle de convivialité qui a déjà fait beaucoup parler d’elle.

Fabrice Simoes.

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