La colère chez les policiers : le gouvernement appelle au dialogue

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« Les policiers manifestent une exaspération que je comprends, même si je leur dis très clairement qu’on ne peut pas, quand on est policier, défiler avec des voitures de police et des gyrophares ». Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve ne pouvait mieux traduire l’embarras du gouvernement devant la révolte des policiers.

Police natio

Dans la nuit de lundi à mardi, ils étaient 400 rassemblés près de l’hôpital St Louis dans le dixième arrondissement de Paris, où leur collègue, une adjointe de sécurité de 28 ans, grièvement brûlée au visage et aux mains par un cocktail Molotov le 8 octobre à Viry-Châtillon est toujours hospitalisée. Puis ils ont défilé sur les Champs-Élysées avec leurs voitures de service.

Ce n’est pas une première, il y a déjà eu des manifestations de forces de l’ordre, mais, fait extrêmement rare, les agents de terrain d’octobre 2016 n’obéissent à aucune consigne syndicale. Ils expriment leur colère, leur impuissance, leur fatigue, en un mot leur ras le képi ou la casquette. Ils ne sont pas aimés et reconnus dans la population dont une partie les agresse physiquement et, l’on fait sans cesse appel à eux dans un contexte terroriste qui entraîne de l’insécurité. Il l eur est beaucoup demandé. Aussi le malaise est-il très profond dans « la grande maison » confrontée à une réalité du terrain fort éloignée des propos lénifiant de la place Beauveau.

“Rassurer ceux qui sont inquiets”

Certes, Jean-Marc Falcone, directeur général de la police nationale (DGPN) a fustigé une « action inacceptable et contraire aux obligations statutaires » des policiers mais il est dans son rôle, il se doit de rappeler les règles de l’institution et d’annoncer une enquête de l’IGPN. Cependant il est peu probable que le gouvernement n’ira pas au clash et va tenter de déminer la situation, même si sa marge de manœuvre est faible. A quelques mois de la présidentielle de 2017, période propice pour faire entendre ses revendications, s’il cède aux demandes de renforts et de moyens il met en danger son budget, s’il résiste il va à la confrontation musclée et pousse les forces de l’ordre vers un vote antisystème, probablement FN. Au cours du Conseil des ministres de ce mercredi , le chef de l’État a réaffirmé le « soutien qui a toujours été le sien et celui du gouvernement » aux policiers tout en appelant « au dialogue ». Le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll a précisé que la volonté de François Hollande était que « le dialogue se noue  avec les syndicats de police qui rencontreront le ministre de l’Intérieur dans l’après-midi.

Bernard Cazeneuve a reçu hier  les organisations syndicales de la Police Nationale ©Ministère de l'Interieur.

Bernard Cazeneuve a reçu hier les organisations syndicales de la Police Nationale ©Ministère de l’Intérieur.

Deux syndicats de gardiens de la paix, Alliance et l’Unsa-Police, auxquels s’est joint Synergie (second syndicat d’officiers), ont en effet sollicité une réunion «en urgence» avec les ministres de l’Intérieur et de la Justice.  Le ministère de l’Intérieur a immédiatement annoncé que Bernard Cazeneuve les recevrait à 17 heures place Beauvau. A l’issue du Conseil des ministres, Bernard Cazeneuve a déclaré souhaiter «rassurer ceux qui sont inquiets et apporter le nécessaire apaisement» .Ce sera ensuite au tour du garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas, de les recevoir, à 19 heures.

Un autre syndicat, Unité-Police SGP-FO, a pour sa part appelé ce mercredi à une manifestation silencieuse, «une marche de la colère policière et citoyenne», le mercredi 26 octobre. Il y convie les autres syndicats et la population. «Ce sera à Paris et en province et sans banderoles ni prises de parole», a déclaré son porte-parole Nicolas Comte.

F.C.

 


 

 

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