Les trésors cachés et méconnus de Blois

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Les deux historiens blésois Jean-Paul Sauvage et Pascal Nourrisson récidivent. Après Blois insolite et secret publié en 2013, ils livrent un second opus dans la même veine historique. Blois insolite et méconnu, nous fait partir à la rencontre de l’exceptionnel patrimoine blésois.

Blois possédait un tramway électrique au début du XXe siècle.

Blois possédait un tramway électrique au début du XXe siècle.

 L’ouvrage traite en 42 chapitres synthétiques et remarquablement illustrés à partir de nombreux documents locaux : archives municipales, photographies, gravures etc. issues de collections privées, du Musées des Beaux-Arts, de la Résistance, de la bibliothèque Abbé-Grégoire. De ce qui fait la formidable richesse patrimoniale d’une ville au charme à nul autre pareil… Le jeune Victor Hugo, de passage à Blois au printemps 1825 chez son père Joseph, général d’Empire, la décrit en ces termes : « j’ouvris les yeux et je vis mille fenêtres à la fois …/… toute une vieille ville en amphithéâtre, capricieusement répandue sur les saillies d’un plan incliné ». “L’objet des pages qui suivent, outre de faire découvrir la ville d’un autre œil, c’est la chasse aux mythes ; c’est de montrer que l’aventure des faits historiques basés sur des documents véritables peut être aussi intéressante que les légendes, secrets et mythes », explique Pascal Nourrisson à l’origine de ce livre, écrit à deux mains.   

Au long des 143 pages puisées aux meilleurs sources locales, le duo tord le cou à plusieurs points d’histoire erronés comme par exemple le fait que le quartier de Blois Vienne aurait été une île (impossible d’un point de vue géologique) ou le fait que Jeanne d’Arc serait passé par la rue d’Angleterre pour délivrer Orléans. Partie de la ville le 27 avril 1429 après s’être fait bénir dans la collégiale Saint-Sauveur, la Pucelle est en fait passée par la rive sud, seule route existante à l’époque. Elle a ainsi franchi les fameux Ponts-Chartrains…

330 km de lignes de tramway début XXe siècle

La statue équestre de Jeanne d'Arc située jardin de l'Evêche avec un fragment de pierre provenant de son cachot à Rouen encastré dans la partie basse.

La statue équestre de Jeanne d’Arc située jardin de l’évêché avec un fragment de pierre provenant de son cachot à Rouen encastré dans la partie basse.

Le livre est aussi un formidable plongeon dans l’histoire de France dont la ville a subi les vicissitudes : guerres de 1870, de 1940. On pourra lire avec intérêt le sujet sur le camp de munitions des Allées et celui sur les tirailleurs sénégalais ardents défenseurs de la ville en juin 40 et qui pour 7 d’entre-eux sont enterrés au cimetière de Blois Vienne. Il l’est de la même façon pour l’histoire locale.

Sait-on par exemple que Blois et le Loir-et-Cher possédaient au début du XXe siècle 330 km de lignes de tramway à vapeur sans compter les 113 km de lignes électrique ? Que la ville était dotée d’un hospice jacquaire situé rue du Commerce ? Qu’elle fut la capitale française de la chaussure avec notamment l’usine Rousset, localisée à l’emplacement actuel de la résidence Anne-de-Bretagne et qui employa jusqu’à 1300 salariés ! Ou plus tristement, qu’elle fut le théâtre d’un des premiers pogroms avec l’assassinat le 26 mai 1171 d’une trentaine de membres de la communauté juive ! Accusés « d’avoir pris le sang d’un enfant chrétien » pour faire leur cérémonie de la Pâque, ils furent brûlés vifs près des fourches patibulaires à la Bouillie.    

Tradition horticole remontant aux ducs d’Orléans

On retrouve enfin avec plaisir quelques grands personnages de la ville : le grand céramiste Ulysse Besnard, le peintre illustrateur Paul Renouard, l’historien Augustin Thierry mais aussi Henri IV qui décida la construction d’une galerie entre les Jardins hauts et bas (il ne subsiste qu’un vestige de cette curiosité, détruite en 1866). Sans oublier les heurs et malheurs du pont Jacques-Gabriel, l’un des emblèmes de Blois dont la structure supporta les crues centennales de 1846, 1856 et 1866. Achevé de construire en 1824, l’ouvrage, dont certaines arches furent détruites en 1793, 1870, 1940 et 1944 est aujourd’hui classé aux Monuments historiques.   

On retiendra enfin le travail précis de recensement des arbres remarquables qui essaiment dans la ville dont la tradition horticole ne se dément pas depuis les ducs d’Orléans du XVe siècle. Roseraie sur la terrasse basse des jardins de l’évêché, séquoia géant et cèdre du Liban du jardin Augustin-Thierry, jardin des Simples, magnolia du Conseil départemental… la ville, encadrée de deux magnifiques forêts domaniales, possède un cadre végétal de premier plan.  
 
Max Zov. 

 

 Blois insolite et méconnu, de Jean-Paul Sauvage et Pascal Nourrisson. Les auteurs seront en dédicace à boutique France Loisirs de Blois samedi 5 novembre (16 h à 18 h). Éditions Sutton Tours Passé Simple 23 € . 

 

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