Qui veut sa peau… à l’ours ?

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Le plus célèbre des plantigrades sort de sa caverne à la Grande Galerie de l’Évolution de Paris. Des grands espaces où il vit à la tanière où il hiberne, « Espèces d’ours » (www.mnhn.fr/fr/visitez/agenda/exposition/especes-ours) nous plonge dans l’univers de ces grands fauves solitaires dont 6 espèces sur 8 sont aujourd’hui menacées. Exposition tout public jusqu’au 19 juin 2017.

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L’exposition aborde toutes les facettes de l’ours au cœur d’une muséographie interactive. © EB/Mag’Centre

Tout le monde connait Baloo, le grand copain ours de Mowgli, héros du Livre de la Jungle. Mais qui sait à quelle espèce il appartient ? « C’est un ours lippu de la région de l’Inde !, nous apprend Didier Julien-Laferrière, concepteur de l’exposition. Il tient sont nom de ses lèvres développées qui lui servent à aspirer les insectes. »
Décompléxez ! Sur les huit espèces d’ursidés, trois seulement sont connues du grand public : l’ours brun, l’ours blanc ou polaire et le grand panda. Quant aux quatre autres – l’ours malais (le meilleur grimpeur !), l’ours noir (qui peut aussi être roux, brun, gris argenté, beige…), l’our à collier (tatoué d’un croissant blanc sur la poitrine) ou à lunettes (en raison de ses deux cercles autour des yeux) – l’occasion nous est donnée ici de les découvrir.

Aménagée au sous-sol de la Grande Galerie de l’Évolution, l’exposition met en scène 25 spécimens naturalisés au cœur d’une muséographie pédagogique avec dispositifs interactifs, grandes fresques panoramiques, projections de films courts, et discrètes ambiances sonores. Du nounours réconfortant (au passage saviez-vous que l’on doit le fameux Teddy’s Bear à Théodore Roosevelt ?) aux relations avec les hommes, ou encore de son alimentation (« omnivore opportuniste » mais pas que…) à son mode d’hibernation (en fait il n’hiberne pas vraiment), toutes les facettes de l’ours sont ici explorées.

6 espèces sur 8 menacées

Amateur de tranquillité et de grands espaces, l’ours joue un rôle écologique important : « Non seulement c’est un semenceur de graines, comme l’ours brun, explique Didier Julien-Laferrière, mais c’est aussi une espèce ‘parapluie’ (NDLR : l’étendue de son territoire permet la protection de d’autres espèces), vigie de la bonne santé des écosystèmes ». Pour autant, comme le révèle l’exposition, la pression exercée sur son espace de vie menace gravement certaines espèces de disparition.

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Ours le plus menacé des huit espèces, le grand panda de Chine voit depuis 5 ans son effectif remonter grâce à des programmes de reforestation de bambouseraies. (copyright sur la photo)

Tel le grand panda, le plus en danger avec seulement 1800 individus, victime de la conversion des forêts en zones agricoles dans la région du Sichuan en Chine (il faut nourrir une population de plus en plus importante) ; l’ours malais (ou des cocotiers) victime de la déforestation en Indonésie et Malaisie, pays grands producteurs de bois tropicaux, et où pousse le fameux palmier à huile de palme. En Inde, l’ours lippu subit les ravages de l’urbanisation qui mite son territoire (la population a été multipliée par 6 depuis 1951) ; le célèbre ours blanc (ou polaire) dont la banquise qui fond à vue d’œil sous l’action du réchauffement climatique fait disparaître les phoques dont il se nourrit.

L’ours brun en joue dans les Pyrénées

Si la situation actuelle de l’ours brun n’est pas préoccupante (200 000 individus dans le monde), la menace de l’espèce pèse toutefois dans certains pays d’Europe (50 000 individus) comme en France. « Une trentaine d’individus vit aujourd’hui dans les Pyrénées contre cinq en 1995, souligne Didier Julien-Laferrière. Ceci grâce à quatre lâchés d’ours slovènes dans les Pyrénées en 1996, 1997, 2006 et 2016.
Mais pour préserver l’espèce, il faudrait en réintroduire une quinzaine. » Car même si l’ours a une meilleure image que le loup, sa présence est sens cesse remise en question dans la région. « Il n’est pas bien accepté parce qu’il perturbe les activités pastorales », explique Patrick Haffner, l’un des conseillers scientifiques de l’exposition. Une des problématiques exposées ici à travers un espace dédié à l’ours des Pyrénées où l’on retrouve naturalisée, la fameuse ourse Canelle, dernière ourse des Pyrénées abattue en 2004.

Estelle Boutheloup

En marge de l’exposition, accessible à tout public, un cycle de conférences est organisé et des animations pédagogiques proposées aux enfants.

Grande galerie de l’Évolution du Muséum national d’histoire naturelle 
Musée d’histoire naturelle à Paris, France
La grande galerie de l’Évolution est une des galeries du Muséum national d’Histoire naturelle. Elle se situe dans la partie sud-ouest du Jardin des plantes dans le Vᵉ arrondissement de Paris.
36 Rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris
 
Ouverte tous les jours de 10 h à 18 h, sauf le mardi
Grande Galerie de l’Évolution + exposition temporaire : 11 €
Gratuit pour les visiteurs de moins de 26 ans

 

© EB/Mag’Centre

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