Evacués de la “jungle”, 310 réfugiés de Calais accueillis depuis lundi dans la région

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Alors que la “jungle” de Calais est en cours de démantèlement, 310 réfugiés ont été acheminés dans douze centres baptisés CAO (Centre d’accueil et d’Orientation). Mardi en fin d’après-midi, les migrants évacués du bidonville de Calais découvraient leur nouveau foyer de vie, 46 réfugiés à Tours (dans des locaux du Crous) et dix à Saint-Pierre-Des-Corps dans des bâtiments de la SNCF.

La jungle de Calais

La jungle de Calais

L’évacuation et le démantèlement de la “jungle” de Calais a continué mardi. Au total, 4 014 personnes sur les 6 400 à 8 100 migrants qui vivaient dans ce camp à ciel ouvert ont été “mises à l’abri” en deux jours, annonce le ministère de l’Intérieur. En milieu d’après-midi, des équipes ont commencé à démonter les cabanes et abris de fortune vidées de leurs occupants.

Entre lundi et mardi les cinq départements de la région Centre-Val de Loire ont reçu des réfugiés. Seul le Loiret a été exempté pour l’instant. A Cerdon et à Pierrefite-es-Bois, dans un centre de vacances qui avait déjà abrité une vague de réfugiés, 120 places sont réservées et devraient être occupées début novembre.  Au total la capacité d’accueil de la région vis-à-vis des réfugiés de Calais est de 580 places. Depuis la mise en place des CAO en 2015, la région Centre-Val de Loire avait déjà accueilli 645 personnes au sein de 13 CAO. Il reste parmi ces réfugiés 236 personnes encore présentes dans ces structures.

“Ils ne sont pas assignés à résidence”

Le préfet de région avec ses proches collaborateurs expliquant le dispositif d'accueil des réfugiés en région.

Le préfet de région avec ses proches collaborateurs expliquant le dispositif d’accueil des réfugiés en région.

En rappelant le contexte du démantèlement de la “jungle”, le préfet de région qui suit l’opération avec les représentants de l’Etat dans chaque département heure par heure et fait le point chaque soir en visio-conférence avec le ministère de l’Intérieur, a bien précisé que “la localisation a été choisie en concertation permanente avec les maires des communes, en tenant compte des infrastructures disponibles.” Autrement dit, aucun maire comme cela avait pu être le cas auparavant ne pourra prétendre que les réfugiés lui ont été imposés par l’Etat. Précision des service préfectoraux. “Le nombre de migrants par commune a été limité, en tenant compte du nombre d’habitants”.

Nacer Meddah a encore précisé que les mineurs isolés de Calais qui ne pourraient rejoindre leur famille en Grande-Bretagne, seront pris en charge par les départements. Des discussions sont en cours avec l’association des départements de France. Ceux-ci feront l’objet d’un traitement spécifique. Autre mise au point ces réfugiés “ne sont pas assignés à résidence, ils sont libres d’aller retrouver leur famille ou des amis”. Pour l’instant aucun de ceux qui sont montés dans les bus et qui sont donc volontaires pour passer par la case CAO, n’a fait défection. 

Clarifier la situation avant la fin de l’année

Que vont-ils devenir? Encadrés par les associations habituelles déjà présentes à Calais ou dans d’autres sites, sont pris en charge par l’Etat. Coût moyen d’une place en CAO, 25€ par jour et par personne, une somme qui comprend les trois repas et la prise en charge sanitaire et administrative. Au départ de Calais, ces 310 réfugiés ont eu le choix entre trois régions. Pourquoi ont-ils choisi le Centre-Val de Loire? On l’ignore dans le détail mais on peut supposer que ces hommes (il n’a aucun femme) l’ont fait parfois par affinité avec de la famille ou des amis. Les plus nombreux et les premiers à arriver ont été des Soudanais (63%) puis des Afghans (17%), des Érythréens (10%), des Pakistanais (5%).

A Calais avant le démantelement

A Calais avant le démantelement

Pour les autorités préfectorales l’objectif est de clarifier leur situation administrative avant la fin de l’année. Un exploit quand on connait les délais requis jusqu’ici par l’OFPRA qui décide ou pas de leur donner un statut de réfugié. “La préfecture a un guichet unique” pour débrouiller les dossiers et informer les personnes sur les choix qui s’offrent à eux, avant de transmettre à l’OFPRA. Et de les envoyer vers d’autres structures comme les CADA (Centre d’accueil pour demandeurs d’asile) qui disposent de 35 000 places en France.

Ces accueils en région sont donc un sas de transition et de remise sur pied pour des réfugiés qui vivent depuis plusieurs mois dans des conditions très précaires dans la jungle de Calais. “Il s’agit de leur offrir un temps de répit et de leur proposer rapidement une orientation adapte à leur situation” explique la préfecture régionale responsable de la bonne marche de l’opération dans les six départements qui parait pour l’instant bien se dérouler.

Ch.B

La répartition des réfugiés par département en région Centre-Val de Loire

99 personnes dans le Cher : Vierzon (30), Saint-Amand Montrond (15), Bourges (54) 

51 en Eure-et-Loir : Dreux (25) et Nogent-le-Rotrou (26) ;

45 dans l’Indre : Argenton-sur-Creuse (30) et Châteauroux (15) ;

56 en Indre-et-Loire : Tours (10) et Saint-Pierre des Corps (46) ;

59 dans le Loir-et-Cher : Blois (59).

En moyenne, 28 personnes sont accueillies par CAO.

 

 

 

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