Les policiers ont battu le pavé d’Orléans

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Ils n’étaient qu’une centaine mercredi midi à se rassembler devant le commissariat d’Orléans, faubourg Saint-Jean. Des policiers, tous en civil et sans brassard, quelques uns le visage à minima dissimulé par des foulards, soutenus par une vingtaine de pompiers professionnels et quelques citoyens lambda.

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Au départ du cortège devant le commissariat d’Orléans.

Un spectacle inhabituel que ce cortège de policiers qui s’ébranle encadré par des motards de la police nationale, un sous-officier en uniforme et une voiture du 17. Ils étaient donc 120 selon la police et… 120 selon les policiers manifestants…

Au premier rang du cortège qui a battu le pavé orléanais (c’est souvent le contraire!), jusqu’à la préfecture en passant par la rue Jeanne d’Arc, Patrick Lavainne, responsable syndical, délégué du personnel d’Unité-SGP-FO, le plus important du Loiret, se refusait à parler de mobilisation syndicale. Pour lui il s’agissait de “la marche de la colère et d’un rassemblement citoyen”. 

Les policiers en ont ras le képi

Les pompiers en soutien.

Les pompiers en soutien.

Aucun slogan, aucune banderole, les policiers ont tenu à défiler dans le calme et en silence mais ils ont confié leur détresse et leur ras le bol à qui les interrogeaient. “Nous manquons de moyens en homme. Il nous faudrait 40 personnels supplémentaires sur le département“. Sur le Loiret les effectifs de la police nationale sont de 620. Lors de sa visite en avril, le ministre de l’Intérieur a promis un renfort de 53 policiers, mais les seuls services qui ont été renforcés sont ceux de l’anti-terrorisme.

A l'entrée de la rue des Carmes, un des secteurs chauds d'Orléans.

A l’entrée de la rue des Carmes, un des secteurs chauds d’Orléans.

“C’est nécessaire” admet Patrick Lavainne, mais “on a puisé sur les effectifs de la sécurité publique”, et il conclut ironiquement, “plus on renforce d’un côté, plus on creuse le trou par ailleurs”. Le vieil adage, déshabiller Pierre pour habiller Paul, en somme. Moyennant quoi les policiers en ont ras le képi d’en faire toujours plus.

A Orléans comme ailleurs, les policiers disent crouler sous les travaux administratifs ou des  taches chronophages comme les extractions des prévenus ou des condamnés, de leur cellule. “Elles devraient être faites par la justice, mais là encore, il y a des problèmes d’effectif”. Pendant ce temps, c’est la protection du citoyen qui en pâtit, alors que la France est en état d’urgence.

Une seule voiture de police-secours la nuit et le dimanche

Un policier peut cacher...un manifestant policier.

Un policier peut cacher…un manifestant policier.

img_0547Ainsi la nuit et le dimanche, il n’y a parfois qu’une voiture de police-secours disponible pour 250 000 habitants. Cherchez l’erreur, dans une agglomération où le trafic de stupéfiant prospère et que la proximité de Paris rend particulièrement attrayante aux délinquants de tout poil.

Pour les manifestants d’hier pas question de se mettre hors la loi en défilant, ils étaient en pause déjeuner, d’autres en congés ou en récupération. “Ce ne sont pas seulement les policiers qui sont agressés constamment” poursuivait Patrick Lavainne, “mais tous les représentants de l’Etat, les pompiers, les enseignants…”. 

Une fois parvenus à la préfecture, les manifestants ont entonné une Marseillaise puis des petits groupes ont commenté l’attitude du directeur central de la sécurité publique. Pascal Lalle était hier au commissariat central pour installer officiellement la nouvelle patronne de la sécurité publique à Orléans, Fabienne Lewandowski. Mais il n’a pas voulu rencontrer les syndicats.

En milieu d’après-midi, une délégation de trois policiers ont été reçue par le directeur de cabinet du préfet. Celui-ci visitait à cette heure là le commissariat de …Montargis. Une descente de police toute pacifique donc. Dans la soirée les syndicats de police, forts de toutes ces mobilisations à travers la France, ont été reçus par François Hollande.

Ch.B

Pour Claude de Ganay, député du Loiret, « la colère gronde au sein de la police, et le gouvernement ne veut pas le voir. Ce mouvement n’est pas à l’initiative d’un syndicat de policiers, il vient de la base, et je crois que c’est cela qui effraie à l’Elysée. » Parmi les doléances principales adressées au député, outre les nécessaires augmentations des moyens humains et matériels, se trouvent la redéfinition des missions de la police, un renforcement de la réponse pénale et une réforme de la légitime défense. Pourtant, les autorités de l’Etat ne semblent pas reconnaître la légitimité du mouvement et se contente de recevoir uniquement les syndicats de policiers, ignorant de fait son assise réelle.” 

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