Macron en marche vers la présidentielle

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Sept mois après  son lancement « En Marche » revendique 90 000 membres,  du moins selon les clics des ordinateurs et son fondateur, Emmanuel Macron. Ce mouvement dispose dorénavant d’un organigramme révélé, ce mercredi, en grandes pompes à Paris, au Pavillon Gabriel, à deux pas des enregistrements de Michel Drucker et, à 200 mètres de l’Elysée. Clin d’œil volontaire, humour assumé ou prix de la salle ? La veille encore la conférence de presse devait se tenir avenue Marceau.

Emmanuel  Macron lors des fêtes de Jeanne d'Arc à Orléans

Si l’ambiance était un peu plus chaleureuse que  celle qui devait régner au Conseil des ministres  hebdomadaire tenu à la même heure par un président soutenu seulement par 4% des Français selon les sondages, elle n’était pas enthousiaste juste un brin attentiste. Candidat à la présidentielle l’ancien ministre de l’Economie qui s’est fait la belle en août dernier ?  Suspense encore et toujours même si sa garde rapprochée piaffe d’impatience. « Bien sûr qu’il y va ! » déclarait un de ses proches soutiens, suffoqué qu’on se pose encore la question.

Richard Ferrand secrétaire général

klamky_bEmmanuel Macron a fait une courte apparition liminaire sur l’estrade pour répéter qu’il poursuit sa marche et sa démarche, qu’il va au rythme annoncé, que son mouvement est fait pour  « s’installer dans la durée et que «  dans ce qui ressemble à une crise de civilisation, on doit avoir de la constance et de la clarté idéologique ». Puis il a  donné le nom du secrétaire général  de  « En Marche », Richard Ferrand.  Cet Aveyronnais de 54 ans, député socialiste du Finistère  depuis 2012 et toujours  membre du  PS répond à qui s’en étonne  « je  ne  renie pas ce que je suis. Pour moi, c’est la continuité ». Encarté depuis 1980, ce mitterrandiste revendiqué a navigué avec Henri Emmanuelli, Louis Mermaz et Kofi Yamgnane, en 1991 secrétaire d’État aux Affaires sociales et à l’Intégration,  dont il fut  le conseiller spécial. Conseiller régional de Bretagne, à la tête du groupe socialiste de cette assemblée tenue par l’actuel ministre de la Défense, il a rencontré Emmanuel Macron en septembre 2014 peu après la nomination de celui-ci à Bercy.

« On a tout de suite senti qu’on avait des choses à faire ensemble » dit Richard Ferrand qui a été rapporteur de la Loi Macron à l’Assemblée  et le premier parlementaire à soutenir l’ancien ministre dans sa démarche. Le premier Secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis,  a beau tempêter « un socialiste qui soutiendra un candidat autre que celui du parti sera exclu », Ferrand maintient  son cap et réplique « la meilleure manière d’être  socialiste, c’est d’être en marche ! ». Formé par  des communicants, lorsqu’on lui demande quels sont les parlementaires qui soutiennent « En Marche », une quarantaine selon la rumeur, il botte en  touche  voulant respecter le silence de « certains par prudence, d’autres avec retenu » avant d’ajouter « si notre courbe ne s’inverse pas nous sommes en bonne voie pour devenir le premier parti politique de France ».  Cependant,pour rattraper le PS qui compterait 135 000 militants dont  85 000 à jour de cotisation la distance est encore longue même pour un bon marcheur.

Du côté finances, Richard Ferrand annonce 2,7 millions d’euros en caisse récoltés auprès de « 6400 donateurs ».  au mouvement

Un organigramme qui préfigure un maillage territorial

Les noms de neuf délégués nationaux ont été donnés :

Benjamin Grivaux qui  est désormais le porte-parole du mouvement. Originaire de Chalon-sur-Saône, ancien élu PS qui a été vice-président d’Arnaud Montebourg au Conseil général de Saône-et-Loire, diplômé de l’IEP et HEC, il est directeur de la communication d’Unibail-Rodamco, le leader européen des centres commerciaux. Il a également conseillé DSK jusqu’en 2007 puis  Marisol Touraine, à partir de 2012. 

Stéphane Travert depuis 2012 élu PS de la 3e circonscription de la Manche, qui avait jusque-là toujours été à droite.  En  2013  il a été opposant à la loi sur la sécurisation de l’emploi. Il y contestait  “les mesures de flexibilité”.

Bariza Khari, sénatrice  de Paris qui ne se représente pas,  franco-tunisienne de 70 ans anciennement proche de Laurent Fabius est surtout connue pour avoir participé en 2004 à la création du club “XXIe siècle”, qui promeut les hauts dirigeants issus de l’immigration, au côté  de Rachida Dati. Elle préside également depuis cette année l’Institut des cultures d’Islam à Paris.  Avec Emmanuel Macron elle dit  partager « sa vision d’une laïcité ouverte ». Elle  opposée à l’inscription de la déchéance de nationalité dans la Constitution,  mesure également critiquée par l’ex-ministre.

Caroline Saudemont : sexagénaire  élue en 2014 maire  d’Arques, sa commune natale de 10.000 habitants  dans le Pas-de-Calais, sur une liste “divers droite”. Ancienne journaliste, elle a été  brièvement adhérente de l’UDI.

Patrick Toulmet : Président de la chambre des métiers de Seine-Saint-Denis, st responsable d’un centre de formation d’apprentis est également “ambassadeur accessibilité de la RATP et de la SNCF”. Il a été conseiller régional UDI en Ile-de-France de 2010 à 2015 mais  dit avoir été “mis sur la touche” lors de la précédente campagne Il avait alors soutenu la liste PS de Claude Bartolone.

-Françoise Holder : Avec son mari Francis , elle a créé dans les années 1960 le groupe Holder, spécialisé dans la boulangerie  et propriétaire actuel des enseignes Paul et Ladurée. Passée par le Medef, où elle a présidé la commission parité, elle reste très impliquée dans l’égalité femmes-hommes  avec l’association Force Femmes qu’elle dirige depuis 2010. Elle s’est rapprochée d’Emmanuel Macron en 2015 après avoir présenté au gouvernement  des mesures pour la simplification.

Jean-Marc Borello :Ancien éducateur spécialisé, cet homme de 58 ans est le fondateur et directeur du Groupe SOS, entreprise spécialisée dans l’économie sociale et solidaire qui reprend des associations en difficulté. Créée il y a plus de 30 ans, elle emploie aujourd’hui quelque 12.000 salariés et son chiffre d’affaires approche le milliard d’euros.

Catherine Barbaroux :En janvier, elle a remis à Emmanuel Macron un rapport pour  « lever les freins de l’entrepreneuriat individuel ».  Elle  est la présidente  de l’Adie, association française spécialisée dans les microcrédits pour apprentis entrepreneurs. Avant , elle a été DRH du groupe PPR de François Henri-Pinault. Mais, femme de gauche, elle ne  s’est jamais tenue loin de la politique puisqu’elle est également passée par le cabinet ministériel de Michel Crépeau au début des années 1980 et a été nommée en 1999 déléguée générale à l’emploi par la ministre du Travail Martine Aubry – fonction qu’elle a continué d’occuper sous François Fillon et Jean-Louis Borloo.

Sacha Houlié : 28 ans,  ancien militant socialiste passé par le mouvement des jeunes socialiste, avocat spécialisé dans le droit public des affaires, a cofondé l’an dernier les “Jeunes avec Macron”, avec trois autres camarades. Il a rencontré le ministre de l’Economie pour la première fois en juillet 2015 et lui est depuis fidèle.  Lors de la primaire de 2011il sentait proche de Dominique Strauss-Kahn puis a soutenu Martine Aubry.

Axelle Tessandier : Cette trentenaire, jeune entrepreneuse a fondé l’agence de communication numérique Axlagency.com lorsqu’elle vivait en Californie, dans la Silicon Valley. Diplômée d’audiovisuel à La Sorbonne, ex-directrice marketing de la branche américaine de Scoop.it, elle est depuis rentrée en France « pour s’engager en faveur de l’innovation » aux côtés d’Emmanuel Macron.

Pas question de d’établir des fédérations départementales avec des sections comme dans les partis traditionnels.  « En Marche » leur préfère   100 référents locaux, un par département qui auront à gérer 1500 comités locaux « Il n’y aura pas de baronnies locales, de sections, ni de regroupements tenues par un tel ou tel » a affirmé Richard Ferrand . Il a précisé que l’âge moyen de ces référents est de 45 ans et que les deux tiers d’entre eux n’ont jamais eu d’engagement politique. Quand nous avons demandé les noms des référents de la Région Centre- Val de Loire, il nous a été répondu qu’on procédait à l’établissement de la liste nationale…… A ce jour nous n’avons toujours pas  l’information demandée. Peut –être sera-t-elle connue lors de la convention d’ « En Marche » qui se tiendra à Paris ou en région parisienne.

F.C.

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