Orléans-Troyes (1-1): un singe en Nivet

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Après la déception du derby stérile du val de Loire – entendez le 0-0 des métropoles – la rencontre entre le 4e de Ligue 2, habitué à l’ascenseur avec la ligue 1, et le 18e, coutumier des joutes du National, s’annonçait comme une opération maintien, à l’heure où le projet de passage en métropole, niché dans le projet de loi du Grand Paris, dispute un barrage périlleux au Sénat.

Lors d'USO-Troyes.@USO. Julien Peron

Lors d’USO-Troyes.@USO. Julien Peron

Peu porté en avant, en dépit de son passage à Guingamp, le portier géant Samassa et le vétéran Nivet, malin comme un vieux singe en hiver aurait dit Antoine Blondin, sont là pour porter l’estocade et prouver que l’ESTAC n’est pas qu’un quartier populaire de Marseille.

Du côté orléanais, on rit bien jaune en début de rencontre : non content de mouiller son maillot, Antar Yahia le déchire dès la 3e mn, tel un Suisse perdu à l’Euro. Dès la 5e mn, un centre orléanais venu de l’aile droite flirte avec les nuages au lieu de traîner à portée de museau d’un renard des surfaces de réparation.

Sami broyeur

img_0636C’est là que Sami confond Toussaint et Noël, Halloween et cadeaux aux visiteurs. Hésitant à dégager, il perd le ballon à la 7e mn quelques mètres devant les buts orléanais : c’est Sami qui vous veut du bien, et surtout à l’équipe adverse, et entre quasi-quadras de bonne compagnie, il offre le 1er but au chauve qui peut encore beaucoup, Benjamin Nivet. Les absences de l’élève Sami sèment désarroi et désolation. Comme si cela ne suffisait pas, tel un roman de Daudet, Le dernier Nabab joue au Petit chose, avant de se réveiller à la pause, en un sommeil paradoxal. Enervement oblige, à la 12e mn, comme les « drouguis » font la claque, Ziani en délivre une à un Troyen et récolte un carton jaune.

Houla enchaîne bien quelques dribbles endiablés de belle facture et Bareto un “coup du sombrero” spectaculaire, mais sans affoler l’arrière-garde auboise.

Faire front contre le National

USOComme dans la primaire de la droite vue par Sarko, ce sont bien les centres qui gâchent tout. Quand la maladresse des tirs ne s’y ajoute pas, comme sur un contre rapidement mené par Houla à la 30e. Dépités, les drouguis abandonnent leur mission de supporters en chef pour entonner “le National on en veut pas” après avoir chanté “vous faites un peu pitié” au lieu de “vous êtes notre fierté “, avant de conseiller un humiliant “la tribune sur le terrain”…

Il faut un coup franc lointain pour provoquer un corner, sans conséquence, à la 33e. À la 39e à nouveau, c’est un corner qui réveille la tribune Vagner, mais la tête de Seidou est écrasée, c’est dur,  alors qu’une minute plus tard Ayari ne fait décoller qu’un tir de moineau. Un nouveau coup franc aux 30 m à la 42e ne donne rien. Dans le temps additionnel, un nouveau corner provoqué des glissades dignes d’Orleans-on-ice, avant qu’une tête enfin cadrée d’Ayari, ne soit repoussée sur sa ligne par Samassa.

Barreto dans la surface troyenne.

Barreto dans la surface troyenne.

À la rentrée des vestiaires, l’USO revient plus agressive et obtient un corner à la 48e. Mais la menace du 2-0 plane : à la 57e, une tête plongeante frôle le poteau de Sissoko. Le manque confiance collective des Orléanais suinte, l’ennui aussi. Pourtant à la 62e , un centre à ras de terre menace Samassa, mais aucun pied orléanais ne fait un petit pas vers le maintien, grand pour l’équité du score. Et pas plus à la 64e, quand un coup franc bien placé de Bareto à 20 m semble confondre lucarne et lancement d’Ariane sur la base de Kourou, plus près des nuages que de la cage. Pire encore, Sissoko s’ennuie tellement qu’il fait le spectacle à la 68e avec une sortie intempestive, laissant son but vide, mais Troyes ne veut pas abuser de l’hospitalité et refuse l’offrande du 2e but grand ouvert.

Comme un coaching gagnant

Sentant que tout peut encore basculer, Frapolli sort en 5 mn l’artillerie défaillante et fait rentrer les chevau-légers : Benzouien remplace Houla à la 66e et Delcos, absent depuis la coupe de la Ligue contre Tours en août, fait enfin sa rentrée avec classe à la 71e. Aholou, déchaîné, se lance dans un beau déboulé, mais son tir est contré. Les occasions se multiplient, mais on se résigne à voir à nouveau les Orléanais gâcher à en désespérer Guy Roux, d’une volée confuse de Seidou à la 74e avant la meilleure occasion, un ballon qui file à la vitesse d’un sénateur en commission devant la cage troyenne. Petite lumière d’espoir toujours allumée, Ziani apporte sa touche de justesse technique et de vision du jeu, mais comment marquer quand la multiplication des corners, tels des pains au chocolat à 15 centimes, ne débouche sur rien ? Décidément un seul Puyo vous manque, et tout le monde des tireurs de coups de pied arrêtés est dépeuplé.

Delclos, cheval de Troie

Enfin à la 84e minute, alors que certains spectateurs ont déserté en attendant Delclos , le petit Jordi trouve la voie pour délivrer le stade de La Source, sur un beau centre venu de la droite, telle une offrande de Bayrou à Juppé. Et la fin du match en devient palpitante : à la 88e, deux joueurs s’écroulent tour à tour dans la surface troyenne sans susciter de réactions de l’arbitre, au grand dam du public ulcéré. Les 5 mn de temps additionnel fournissent encore des occasions nettes à l’USO, victime de sa maladresse sur le dernier geste, alors qu’une victoire de prestige lui tendait les bras.

Les Orléanais p:ressent sur le but de Troyes.

Les Orléanais pressent sur le but de Troyes.

Selon l’adage en vigueur quand on prend le quart pour veiller sur le Loiret, « heureux qui comme Ulysse a fait un long voyage ». Revenue à elle au bord du fleuve royal, l’équipe de Frapolli a un sérieux talon d’Achille – l’inefficacité devant le but – mais du coeur à l’ouvrage ; elle n’est pas encore dans la position désespérée de Francois Hollande, mais le temps lui est compté pour amorcer le sursaut, à l’instar des barragistes de la primaire, Fillon et Le Maire à la veille du 2e débat. Mais à l’applaudimètre final, un seul vainqueur : Thomas Renault, le régional de l’étape, enfin de retour sur le banc après un an, non pas au Canada, mais de rééducation suite à sa blessure. Comme en politique, les cicatrices suscitent la sympathie du public. La victoire ? Ceci est une autre histoire.

Paul Jozet

US Orléans Loiret Football 1-1 ES Troyes AC

Buteurs : Delclos (84ème) pour Orléans ; Nivet (6ème) pour Troyes

Composition de l’USO : Sissoko, Pinaud, Sami, Yahia (c), Seidou, Ziani, Aholou, Barreto (Belkalem, 90ème), Houla (Beizoune, 66ème), Ayari (Delclos, 72ème), Nabab.

 

Commentaires

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  1. À défaut d’un festival de beaux buts sur le terrain, on aura eu droit, avec cet article, à un festival d’astuces “à deux balles” !
    Affligeant !

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