Après Calais, « la Jungle » à Paris

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Les migrants n’ont pas tous pris un bus pour un centre d’accueil en région Centre-Val de Loire ou ailleurs dans l’hexagone. Certains avaient devancé l’arrivée des pelleteuses et pris leurs pénates pour bivouaquer sous d’autres cieux en attendant un hypothétique passage en Angleterre. Guidés par le bouche à oreille et les téléphones portables, assurés de ne point y être seuls, ils se sont installés sous le métro à la station Stalingrad proche de la gare du Nord, débordant sur deux kilomètres du terre-plein de l’avenue de Flandre.

Des tentes en rangs serrés, trois à quatre de front avec, par beau temps, des cordes à linge tendues entre elles et des lessives entières à sécher. Lavées où et par qui ? Nul ne peut le dire, à moins que ce soit l’humidité de la nuit que les campeurs essaient de chasser de leurs habits et des matelas qui jonchent l’asphalte.

Le premier campement de France

stalingrad_metro_station_paris

Peu de femmes, rarement accompagnées d’enfants dans ces quelques 2 500 personnes selon les associations sur place qui, après la dernière évacuation en septembre de ce squat à ciel ouvert l’ont vu se reremplir et se démultiplier. Les humanitaires sont très inquiets. « Les pouvoirs publics parisiens ne sont absolument pas présents, on va au-devant d’énormes difficultés », disent leurs responsables.

Les langues se délient chez les riverains à bout de nerfs : « Il en arrive tous les jours. La situation est innommable. Ce sont des ordures et des excréments dans la rue, des cris la nuit, des batailles rangées avec des pierres et des barres de fer ». Leurs relations se tendent avec les associations «  Ils leur donnent des tentes Quechua et les nourrissent trois fois par jour, évidemment que les migrants ont tout intérêt à venir ici même si nous compatissons », disent-ils inquiets. Les commerçants qui sont confrontés à leurs chiffres d’affaires en berne en peuvent encore moins : « Les migrants sont en train d’asphyxier le quartier », se plaignent-ils. Un docteur dont la clientèle déserte le cabinet déplore, «  il peut y avoir des cas de tuberculose, de typhoïde ou d’amibes chez les gens qui campent dehors en cette saison et dans ces conditions, surtout avec les parcours qu’ils ont effectués. J’ai des patients âgés et des personnes en chimiothérapie, dont les défenses immunitaires sont affaiblies. Ils préfèrent ne plus venir au cabinet. Cela pose clairement un problème d’accès aux soins dans le quartier ».

Emmanuelle Cosse

Emmanuelle Cosse

La ministre du logement, Emmanuelle Cosse, reconnaît que des migrants déménagés sont revenus sur place et que des migrants de Calais se sont joints à eux. La mairie du XIXème a pris conscience de la gravité de la situation. « Nous interpellons quotidiennement l’État pour demander la mise à l’abri immédiate de ces personnes », dit Colombe Brossel, adjointe en charge de la Sécurité et de l’Intégration à la mairie de Paris qui doit ouvrir prochainement un centre humanitaire à la porte de la Chapelle. Il comportera 400 lits à l’ouverture rapidement portés à 600 mais pas de quoi régler le flux existant. Le ministère de l’Intérieur a laissé des places vacantes dans les Centres d’Accueil et d’Orientation de la Région Centre-Val de Loire pour accueillir les migrants parisiens : Stalingrad est désormais le premier campement de France.

Samedi Manuel Valls annonçait l’imminence de l’évacuation du campement de Stalingrad. Ce lundi matin une opération massive de contrôle d’identité y a été entreprise sous contrôle de plusieurs dizaine de CRS sans pour autant que « des mises à l’abri » aient lieu.

F.C.

Commentaires

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    • Et alors? Il faudrait parler des “migrants magnifiques” et des “français égoïstes”?

      Ce n’est que la réalité qui dérange.

  1. Le point capital qui semble échapper à ceraines personnes :On fait comme si c’était tous des réfugiés politiques qui demandaient une protection provisoire mais la réalité est tout autre . 95% ne sont pas des réfugiés politiques, mais tout simplement des immigrants économiques dont le but est la résidence définitive dans l’Eden Européen qui les fait rêver depuis leur enfance. Les enfants Maliens, Ivoiriens, nigériens, sénégalais Erythréens ont souvent un seul but aller vivre en France et en Europe
    Le chaos actuel est une aubaine pour ces 95 % d’immigrants “économiques”qui tentent leur chance en Europe.
    Si on ne renvoie pas ces populations inadaptées, inintégrables, inemployables, problématiques qui s’acroissent de manière ahurissante ( je rappelle qu’une cinquantaine de de pays, presque tous en Afrique noire, ont encore un taux de fécondité entre 4 et 7, l’Erythrée a doublé de population en une vingtaine d’année !), qui apportent avec elles de graves problèmes ethnico-socio-religio-culturels et civilisationnels, nous laisserons à nos enfants une société multiculturelle, multiethnique, communautarisée , extrêmement violente, décomposée, défigurée, explosive. Et si on regarde la natalité, nos enfants deviendront vite minoritaires sur la terre de leurs ancêtres ( ce qui est déjà le cas dans un nombre croissant se quartiers et de villes ) et seront des étrangers dans leur propre pays qui devront partir…ou se soumettre .
    Si on ne prend pas conscience vite , ce sera trop tard et irreversible

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