Tours a t-elle pourri la naissance d’Orléans métropole?

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La candidature de Tours au statut de métropole a-t-elle pourri la vie d’Orléans qui devait l’obtenir logiquement dans la loi sur le statut de Paris ? Ce n’est pas aussi simple mais la multiplicité des candidatures (Tours, Clermont-Ferrand, Metz) qui se sont ajoutées aux quatre légitimes que sont Orléans et Dijon (les deux seules capitales régionales à ne pas être métropoles) et Saint-Etienne et Toulon pour des critères démographiques, a effrayé les sénateurs. « Nous avons fait le maximum avec Eric Doligé (LR) pour changer la position de notre groupe », explique le sénateur du Loiret Jean-Noël Cardoux. En vain.

 

orleans-tours

 

Au Sénat, comme à l’Assemblée, c’est la commission des lois qui prépare les lois à présenter et à débattre en séance publique, même lorsqu’il s’agit d’un projet de loi (donc du gouvernement). Or dans cette loi sur le statut de Paris, 40 articles sont consacrés à la capitale et le 41 ème consiste à adjoindre quatre villes supplémentaires aux quinze métropoles existantes. Orléans était donc parfaitement dans les clous pour décrocher le titre.  Seulement voilà, elle a trébuché sur le premier obstacle, au sein de la commission des lois où la droite (LR et UDI) est majoritaire, comme au Sénat. Et ces sénateurs, élus par les maires de campagne ont joué la ruralité contre les grandes villes, y compris Jacqueline Gourault (Modem 41) qui a voté contre l’article 41 comme le sénateur du Cher François Pillet.  Au final, l’article 41 a été repoussé et donc exit les quatre futures métropoles du futur débat au Sénat.

Un amendement tourangeau

Jean-Jacques Filleul (PS).

Jean-Jacques Filleul (PS).

Paradoxe : seul le groupe socialiste du Sénat, avec Jean-Pierre Sueur, a défendu l’article 41, alors qu’hormis Dijon (dont le maire est l’ancien ministre François Rebsamen) les trois autres métropoles potentiellement concernées sont tenues par la droite.

A l’initiative des sénateurs de l’Indre-et-Loire notamment, des amendements ont été déposée pour inclure d’autres villes qui ne sont pas capitales régionales, ni d’une démographie suffisante comme Tours, Metz, Clermont-Ferrand… Un amendement « tourangeau » qui venait après un lobbying intense des parlementaires de Touraine, les députés Jean-Patrick Gille (PS) et Philippe Briand (LR) et les sénateurs socialistes Stéphanie Riocreux, qui a remplacé Jean Germain, et Jean-Jacques Filleul, auprès de Manuel Valls et Jean-Michel Baylet, et y compris de François Hollande.

Un civage urbain-rural

Jean-Noël Cardoux (LR,Loiret).

Jean-Noël Cardoux (LR,Loiret).

« Les sénateurs dans l’ensemble sont modérément favorables aux métropoles et ont affiché une rivalité entre urbain et rural qui me parait nettement exagérée », commente diplomatiquement Jean-Noël Cardoux. « L’article 41 du gouvernement n’a pas été perçu comme une correction à la marge de la loi actuelle mais comme la réouverture du dossier des métropoles, ce qu’il n’est pas », explique t-il.  Olivier Carré comme Serge Grouard, les deux « maires » d’Orléans, le nouveau et l’ancien, sont furieux de la suppression de cet article 41.

Comment en sort-on ? « Il n’y a pas de souci, c’est un débat parlementaire, le gouvernement va chercher à rétablir son texte initial, pas sûr qu’il y parvienne au Sénat, il aura plus de succès à l’Assemblée », affirme Olivier Carré pour qui Tours ne remplit  pas les critères pour être métropole , pas plus que Reims, le Havre, Clermont, contrairement à Orléans, Dijon, Toulon et Saint-Etienne.

Pas un long fleuve tranquille

Jean-Pierre Sueur a aussi l'oreille de Manuel Valls. (Archives).

Jean-Pierre Sueur a aussi l’oreille de Manuel Valls. (Archives).

Au Sénat, en débat public du 7 au 10 novembre, Jean-Pierre Sueur qui a milité avec les « Orléanais » pour que l’article 41 soit maintenu, déposera un amendement pour le rétablir dans la loi, telle qu’elle sera votée (ou pas) par les sénateurs. « J’ai toujours dit que ce ne serait pas un long fleuve tranquille », commente l’ancien maire d’Orléans qui s’est battu bec et ongle pour Orléans-métropole. Jean-Noël Cardoux déposera aussi un amendement en ce sens.  Pour le reste, les sénateurs de Tours déposeront le leur. « On ne peut pas  l’empêcher Tours de tenter sa chance », admet Jean-Pierre Sueur qui ne veut pas jeter de l’huile sur le feu régional. De toutes façons, le projet de loi sur le statut de Paris qui prévoit (entre autres) la fusion de quatre arrondissements (tenus par la droite) en un seul, risque bien d’être retoqué par l’opposition. Dans son ensemble. On voit mal la droite en période électorale faire ce cadeau à Anne Hidalgo.

Viendra ensuite l’épisode Assemblée nationale. Il est probable que la Commission des lois à majorité socialiste rétablira le quatuor et l’article 41. Et que la loi sur le statut de Paris et les métropoles passera le cap. Avec ou sans les amendements pour les autres villes, en particulier Tours ?

Un titre dérisoire

Lors du vote à l'Agglo.

Lors du vote à l’Agglo.

Cette course à l’échalote des métropoles est en fait un peu dérisoire. Quelle que soit le vote du Parlement, l’agglomération d’Orléans s’appellera Orléans Métropole avec ou sans l’estampille institutionnelle. Elle se cherche déjà un logo. Le mot « métropole » lui-même n’est pas déposé et n’est en rien réservé aux quinze villes actuelles qui le sont au regard de la loi.

Ainsi Saint-Etienne s’appelle déjà métropole, Angers c’est Angers Loire métropole et même…Châteauroux s’est baptisée métropole. C’est dire.

Au final, le bilan très positif de cette « gueguerre » rallumée entre Orléans et Tours, c’est le passage à marche forcée des deux « capitales », de communauté d’agglomération en communauté urbaine qui sera acté le 1er janvier. C’est à stade que se trouvent les vrais transferts de compétences, équipements culturels et sportifs d’intérêt communautaire, voirie, stationnement en ouvrage, concession de la distribution publique d’électricité et de gaz, aménagement et développement économique, social et culturel de l’espace communautaire, équilibre social de l’habitat, politique de la ville, protection et mise en valeur de l’environnement, politique du cadre de vie, gestion des services d’intérêt collectif. Sans parler des 5 millions de dotation supplémentaires de l’Etat attribués à la CU.

La cerise sur le gâteau CU

« On se focalise sur le titre de métropole mais franchement cela ne change pas grand-chose » explique un élu régional. Juste des compétences économiques partagées avec la région et le département, aide sociale, de collèges et de lycées, ou de développement économique)

Bonneau Dessaignes Blois

François Bonneau, le président de Région.

La métropole est une cerise sur le gâteau de la communauté urbaine, un titre un peu plus ronflant pour le rayonnement de la ville. Pas plus pas moins. Quant à accorder le statu de métropole à la fois à Tours et à Orléans, comme le préconise François Bonneau dans son rôle de président de région, si cela peut faire oublier aux Tourangeaux leur frustration ancestrale de n’être pas capitale régionale, allons-y pour Tours-métropole…

Christian  Bidault

 

 

 

Commentaires

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  1. C’est une question de prestige et d’aménagement du territoire. La métropole a vocation à rayonner et à être un moteur régional : être une capitale régionale en somme. Il faut voir la portée symbolique et historique de villes comme Orléans ou Dijon qui règnent symboliquement sur leur territoire depuis bien avant la guéguerre Tours-Orléans. On recrée des grandes provinces comme il y en a en Allemagne par ex.

  2. Tours est la vraie capitale régionale, avec 30 000 étudiants, 140 000 habitants intra muros, et une aire urbaine de près de 500 000 habitants. Une position beaucoup plus centrale, à une heure de Paris avec la liaison TGV.

  3. Tours est une ville plus grande qu’orleans, a un chu, une vraie université, un aéroport. Comment pouvez vous écrire qu’orleans est plus légitime que Tours pour devenir métropole? Ça ne correspond à aucune logique, ni économique, ni démographique.

  4. Tours n’est et ne sera jamais une ville légitime. C’est une ville superficielle et ouvrière qui base son argumentaire sur des équipements que la ville ne peut qu’à peine supporter : un aéroport en sursis, un tgv qui n’est là que pour relier Paris à Bordeaux bien entendu et un déficit qui peine à financer les travaux de voirie et d’éclairage… Tours n’est d’ailleurs qu’une ville de passage pour la vallée de la Loire tout comme Orléans. Mais doit-on rappeler qu’Orléans est le centre de la cosmetic Valley ? Que la richesse par habitant est supérieure à sa voisine ? Tours est une ville superficielle qui ne dispose pas d’une vision à long terme de son évolution contrairement à Orléans qui ne cesse de s’accroître comme Tours en son temps et à proposer des projets d’avenir tant sur le plan urbain, culturel et touristique. Rivalité historiques certes, mais sans ce CHU la ville ne serai pas ce qu’elle est aujourd’hui.
    Ce combat se terminera comme il a commencé : Égalité et sans Métropole.

  5. La richesse par habitant orleans oui c est sur car les gens travail à paris bas oui orleans c est la banlieue de paris les salaires sont plus élevés. Tours à d autres arguments il faut regarder les informations pour le voir orleans les médias ne connaissent pas c est la réalitée.tours rayonne déjà plus que ça pseudo rival

  6. Pour information, le siège et le berceau de la Cosmetic Valley se situe à Chartres et non à Orléans … Tours, une ville ouvrière ? Vous entendiez “une ville touristique” peut-être ?

  7. Je reste pantois devant les commentaires à l’emporte pièce des politiques Orléanais.
    Pour eux, Orléans serait légitime pour devenir métropole et non Tours. Sauf qu’il a fallu “magouiller” sérieusement un texte pour tenter de glisser entre autre, deux villes qui pleurnichent d’être des capitales régionales malheureusement sans envergure. Orléans, c’est la grenouille voulant ressembler au bœuf.
    Tours, n’a pas de leçon à recevoir ni d’ordre d’ailleurs de ces gens là.
    Des gens qui au passage sont les rois du double langage.
    Aujourd’hui, Tours et son agglo, c’est 80 000 habitants de plus et cet écart s’accentue de 1 000 habitant chaque année. C’est un CHRU de premier plan, une grande université et des structures tant ferroviaire qu’autoroutière au top. D’ailleurs, curieusement, une grande partie de la jeunesse orléanaise va sur Tours le samedi soir. Chez eux, ils disent s’ennuyer. Orléans n’a rien apporté à cette région depuis qu’elle en est la capitale. Lors de soirées électorales régionales, les médias sont aux abonnés absents dans cette ville. Alors Mr Carré, un peu de retenue et pour les chiffres que vous annoncez, d’évidence vous avez quelques wagon de retard.
    Pour finir, Tours et elle n’est pas la seule des villes du centre, ne veut pas d’Orléans…

  8. Pour moi les deux villes sont légitimes pour obtenir ce statut. Cela aurait le double intérêt de doter LA région la plus faible (démographiquement et économiquement, en excluant la Corse) de France d’un peu plus de moyens, ce qui pour l’équilibre des territoires ne serait pas bête.

    Je ne commenterais pas cet article qui est plein de mauvaise fois…

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