Les patrons du Medef 41 en assemblée générale

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Le Medef 41 tenait jeudi 3 novembre son assemblée générale annuelle à Cap’Ciné (Blois). Après Pierre Gattaz en 2015, c’est au tour du vice-président et trésorier du Medef Geoffroy Roux de Bézieux d’avoir été invité pour une conférence autour de la douloureuse question : “Peut-on encore être entrepreneur en France en 2016 ?”

Environ 240 chefs d'entreprises ont répondu à l'invitation du Medef 41.

Environ 240 chefs d’entreprises ont répondu à l’invitation du Medef 41.

L’entreprise, tout le monde aime ça. Même les ministres du gouvernement. Même les candidats aux primaires de droite, centre, gauche, dessus, dessous. Pourtant, il semble difficile aujourd’hui d’être entrepreneur. C’est bien simple : la dose d’emmerdements quotidiens donne souvent du fil à retorde aux chefs d’entreprises, particulièrement des TPE-PME. “Ce qui est difficile en France ce n’est pas de créer une entreprise, c’est de la faire grandir”, explique le vice-président et trésorier du Medef national Geoffroy Roux de Bézieux. Cet ex commando marine, créateur en 1996 de la chaîne de magasins de téléphones mobiles The Phone House, passé par l’Oréal, créateur de Breizh Mobile, fondateur du groupe Notus Technologies et dirigeant d’Oliviers & Co (production d’huile d’olive), fait les mêmes constats qu’à peu près tous les dirigeants d’entreprises, quelle que soit leur taille : trop de normes, trop de complexité dans le droit du travail, un compte pénibilité pénible à remplir et appliquer, trop de richesses englouties par le poids de la dette publique, un CDI inadapté aux conditions d’emploi actuel. Bref, comme le résume à lui seul Bruno Robert, président du Medef 41 : “le grand ras-le-bol des patrons !”.

“Les États-Unis ont eu Steeve Jobs. Nous on a Pôle Emploi”

Bruno Robert.

Bruno Robert.

“Nous passons plus de temps à faire autre chose que ce pourquoi nous sommes faits”, se lamente Bruno Robert, pointant du doigt le “choc de simplification” qui ne simplifie rien, ou si peu de choses. Et ce n’est pas le prélèvement de l’impôt à la source prévu pour 2018 qui va arranger ça, à entendre le patron du Medef 41 et Geoffroy Roux de Bézieux. “Pourquoi en France faut-il que l’entrepreneur soit toujours de mauvaise foi ?”. Dans la salle, environ 240 chefs d’entreprises opinent du bonnet à des propos très corporate. “Les États-Unis ont eu Steeve Jobs. Nous on a Pôle Emploi”, ajoute le vice-président du Medef, peut-être déjà en campagne pour la succession de Pierre Gattaz dans deux ans.

A propos de campagne, il s’en dit de belles actuellement à l’approche de 2017. Geoffroy Roux de Bézieux aurait-il une petite préférence pour l’un des catalogues de bonnes intentions qui seront – promis juré – mises en œuvre dès le 7 mai prochain ? “Un électrochoc ne pourra être accepté que s’il y a une vision”, insiste-t-il. “Or pour l’instant, on entend surtout des mesures à prendre, mais on n’entend pas de vision. Pour que les gens acceptent les décisions difficiles à prendre, il faut être pédagogiques. S’ils ne voient pas et ne comprennent pas où l’on va, ils n’accepteront pas”.

Le modèle anglais semble avoir la préférence de ce brillant dirigeant, adepte du rugby à ses heures et triathlète chevronné. “Les Anglais, quand ils font entrer une ligne dans leur code du travail, ils en font sortir une autre. Ils ont aussi un principe de lois limitées dans le temps : si elles ne soit pas revotées au Parlement, elles tombent d’elles-mêmes. Ça oblige ceux qui les ont créées à s’interroger sur leur efficacité, en les évaluant”. Il reconnaît cependant qu’un “dirigeant ne veut pas prendre de risques en embauchant un salarié, et celui-ci ne veut pas être jetable comme un Kleenex”.

Geoffroy Roux de Bézieux, au Perrier tranche.

Geoffroy Roux de Bézieux, au Perrier tranche.

Avec 57 % de la richesse créée en France qui sert à financer les dépenses publiques – par la dette et par l’impôt – il ne reste plus qu’à faire comme les autres pays européens qui ont déjà bu la potion amère à avaler : supprimer des emplois publics, ou du moins arrêter d’en créer. Les “Anglais” en ont rayé 500.000 de leur île. “En aidant au préalable les gens concernés à se reconvertir dans le secteur privé”, précise Geoffroy Roux de Bézieux. Courage, le printemps de mai 2017 c’est pour demain… 

F.Sabourin.

 Le Medef 41, c’est : 1200 adhérents. 83 % d’entreprises de moins de 50 salariés. 1/3 de l’emploi salarié de Loir-et-Cher représenté. En 2015, plus de 1510 entreprises mobilisées au travers de 53 rencontres techniques, partages d’expériences, formations… www.medef41.fr

 

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