Bourges : ambiance tendue devant la préfecture entre FN et pro-migrants

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Devant les grilles de la préfecture de Bourges, la manifestation Anti-Migrants baptisée Ma commune sans migrants sur les réseaux sociaux et organisée par la Fédération départementale du Front National, était prévue samedi après midi 5 novembre. La contre-manifestation, organisée à partir d’un communiqué d’un « groupe d’habitant-e-s de Bourges et du Cher solidaires des migrant-e-s », un peu moins. 

 

La contre manifestation favorable à l'accueil des migrants.

La contre manifestation favorable à l’accueil des migrants.

De fait quelques 80 militants frontistes ou assimilés, du Cher mais aussi de l’Indre, se sont retrouvés face à près de 200 pro-migrants, de Bourges et de Vierzon. Entre les deux lignes, une banderole et quelques policiers nationaux. Dans une main le parapluie siglé de la Légion Étrangère,  et fier de le montrer aux caméras de France 3, le drapeau tricolore dans l’autre assorti d’un impérieux ”J’y fais attention… Il vient de Fréjus !”  Affichettes « Welcome » tendues à bout de bras de l’autre côté. Ambiance tendue sous la pluie berruyère. Beuglements des « on est chez nous » et réponses toutes aussi virulentes au nom de la « Solidarité ».

Un début de débat … vite éteint

FN

Jean-René Coueille, conseiller régional (au mégaphone).

Bardé de son écharpe de conseiller régional, Jean-René Coueille donnait du mégaphone, tel un de ces cégétistes honnis, et haranguait ses troupes. Il n’hésitait pas à jouer avec le nombre de ses opposants et lançait à la cantonade un goguenard «  c’est tout ce que vous avez pu rassembler aujourd’hui … » qui faisait marrer son premier, et pas si épais que ça, rang de sympathisants. Bruno Bourdin, le conseiller municipal et conseiller communautaire de Vierzon, un temps derrière le calicot « Clandestins dehors, les Français d’abord » avait pris un peu de recul pour suivre d’un œil plus serein la suite des événements.  

Quelques solidaires tentaient même de discuter un peu avec leurs vis-à-vis. Le débat était très rapidement éteint . On en restait au leitmotiv du « on est chez nous », certes basique mais efficace. «  On ne peux pas recevoir tout le monde qui vient de partout » expliquait l’un. « Je ne comprends pas comment nous ne pourrions pas recevoir  65.000 migrants pour une population de 66 millions d’habitants. En Jordanie, par exemple, on se retrouve avec un million de réfugiés pour trois millions d’habitants … », répliquait l’autre. On ne pouvait pas s’entendre.

Petite échauffourée en fin de manif

FN BourgesUn peu d’effectif policier arrivait à la rescousse. Le calme restait relatif. Pas de frotti-frotta. A peine  moins creux que pour un basique match de foot les slogans répondaient aux quolibets. On se tançait. On se regardait, parfois le bas du visage masqué par une écharpe aux trois couleurs, ou pas…  C’était selon le camp.
Au bout d’une heure de confrontation verbale, venait le temps d’évacuer les lieux par les anti-migrants, dans un premier temps. Entre un mur et les voitures du parking, des frontistes laissaient le terrain avant d’aller du côté de la place Séraucourt occuper une rangée de tables en terrasse de bistrot. Entre l’alignement des pros-migrants et voitures du parking, c’était un peu plus chaud pour une autre partie des anti-migrants. Un mot plus haut que l’autre. Une jeune femme que l’on bouscule et une droite qui arrive pleine face d’un quidam venu au secours. Provoc pour les uns. Provoc pour les autres. Rapidement stoppée l’échauffourée. Un policier, un encadrant FN, des bonnes volontés… La tension retombait en même temps que la place Maurice-Plaisance se vidait de ses drapeaux. Derrière la banderole qui souhait la bienvenue aux migrants, les pros occupaient encore un peu le terrain avant de se disperser et que quelques uns se retrouvent dans un troquet de la rue Moyenne. La manif ça donne décidément soif…

Fabrice Simoes.

 28 jeunes migrants arrivant de Calais avaient rejoint Bourges fin septembre dernier. Lundi 24 octobre, 99 personnes migrants de Calais sont arrivées dans le Cher, à Bourges, Vierzon et Saint-Amand-Montrond.

Commentaires

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  1. Et c’est à qui le tonfa que l’on voit sur la photo ? Rien à voir avec un manche de parapluie.
    On ne fait pas valoir ses idées par la violence !

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