Ombre et lumière de Mahler avec Dylan Corlay

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La saison 2016/2017 de l’Orchestre s’ouvre avec un programme original donné par les Solistes de l’Orchestre Symphonique d’Orléans, sous la direction de Dylan Corlay : la version musique de chambre de la Symphonie n° 5 en do dièse mineur de Mahler. La transcription de cette 5è symphonie a été faite par Klaus Simon, et la création mondiale de cette version a été donnée le 25 novembre 2014, à Fribourg, sous sa direction avec l’Orchestre Holst Sinfonietta. L’Orchestre Symphonique d’Orléans nous en offre la création française.

Dylan Corlay

Rencontre avec Dylan Corlay

L’Orchestre symphonique d’Orléans, Dylan Corlay le connaît bien. Sous la direction de Jean-Marc Cochereau, il participa, en tant que bassoniste, à la saison Brahms ainsi qu’à la représentation de Jeanne au bûcher, d’Honegger, concert donné avec la participation de Marion Cotillard.

Placé sous la direction de Jean-Jacques Kantorow, il participera aussi, avec l’Orchestre d’Orléans à la Cinquième symphonie de Beethoven. Élève de Philippe Ferro en classe de  direction d’orchestre,  il figurera par ailleurs dans le très beau film  de Thierry Augé, “Quand les mains murmurent”,  documentaire tourné au Conservatoire national supérieur de musique de Paris.

Cette fois, Marius Stieghorst, nouveau directeur artistique de l’ensemble Orléanais invite le jeune chef tourangeau, Grand prix du sixième Concours International de Direction d’Orchestre « Jorma Panula » (Finlande 2015), artiste par ailleurs Chef assistant de l’Ensemble Intercontemporain, à diriger cette création française de la Cinquième Symphonie de Mahler, version musique de chambre pour dix-huit solistes de l’Orchestre d’Orléans.

“Mahler était un visionnaire”

Dylan Corlay: “Lorsque l’on ouvre cette partition, on se demande  c’est qui Mahler ? C’est qui ce gars là, c’est quelle idée, c’est quelle époque? Il était un chef d’orchestre et un compositeur, peut être pas apprécié de son vivant, quelqu’un qui n’a pas reçu un accueil chaleureux mais en tout cas une personne inspirée qui écrivait dans l’avenir, sur le cours du monde. Comme Chostakovitch il était un visionnaire. En vérité je ne sais pas si je suis assez mature pour diriger cette oeuvre, un monument  tellement empli de vie. Peut-être que je la dirigerais  différemment dans quelques temps. Mais dès  aujourd’hui je suis heureux de notre travail au service de l’interprétation d’une pièce improbable de musique de chambre  très exposée avec des solistes qui jouent magnifiquement le jeu de la performance.”

dylan corlay

Rencontrer Dylan Corlay, comme ce lundi entre deux répétitions à Orléans, c’est tout simplement savourer le parcours d’un artiste animé d’une douce simplicité, d’un immense talent, d’une lumineuse humilité, d’une exigence à la précision affûtée et feutrée et, enfin,  d’un radieux esprit d’ouverture. Il est un forcené de passion. Décoiffant de suave gravité, de profondeur, de désir accompli d’harmonie.

La direction pour vocation 

Pour la belle histoire, Dylan Corlay  commença le violon à l’âge de quatre ans. Cela dura un ans . “Ce fut une cata, cela ne m’a pas inspiré” dit-il aujourd’hui. C’est à six ans qu’il commence la trompette avec laquelle il officiera dans le reggae avec un art d’une générosité solaire.

En vérité, nous confie ce trentenaire, c’est dès cinq ans qu’il désire être chef. Enfant d’une famille à l’écoute dont le père enseigne la musique dans un collège non loin de Rennes et la mère mélomane est une  sportive de haut niveau, il  découvrira seulement à l’âge treize ans l’orchestre symphonique via l’interprétation de la Cinquième Symphonie,  de Beethoven,  par l’Orchestre des Pays de la Loire placé sous la direction de Hubert Soudan.

Polyinstrumentiste ouvert et passionné

Résolument polyinstrumentiste parce qu’il pense qu’un chef doit être capable de jouer tous les instruments pour dialoguer en les respectant avec les pupitres, Dylan Corlay est de fait un interprète et créateur passionné aimant le partage et conjuguer musique théâtre et la danse. “Sans cesse je suis dans l’exploration. Je suis aussi toujours élève aimant mesurer la transmission afin de savoir à mon tour comment parler” nous dit-il. ” “Chaque fois,  quel que soit le projet, nous essayons tous de faire quelque chose de vrai, de réel et de sincère, quelque chose emplie de sincérité humaine et musicale.”

Un amoureux de la scène vivante

Lors d’un concert, Dylan Corlay peut-il parfois s’abandonner à l’orchestre, quitter  sa baguette de conducteur ? “Certaines fois, quand tout se passe bien, il y a quelque chose qui nous relie. Alors on laisse faire. Cela ne dure que quelques instants. Une communion s’est effectuée. J’aime cette bienveillance que l’on peut éprouver envers chacun”.

Ce lundi, à Orléans, entre la direction d’un West Side Story et celle des Troyens, de Berlioz, sans oublier la composition d’un Concerto pour “pirate et orchestre” (sic), Dylan Corlay s’enthousiasme avec confiance contagieuse et sérénité pour cette Cinquième de Mahler. Il force le respect: “Je donne une vision. Je ne suis qu’un intermédiaire. Ce n’est qu’entre eux que les musiciens peuvent jouer ensemble”

Jean-Dominique Burtin.

Mahler : Symphonie n° 5 en do dièse mineur
Version Musique de Chambre – transcription : Klaus SIMON.

Samedi 12 novembre à 20 h 30, dimanche 13 novembre à 16 heures,
salle Touchard, Théâtre d’Orléans. 
Tarifs: 24/20/11€.
Réservation auprès du Théâtre d’Orléans, du mardi au samedi, de 13 heures à 19 heures. Tel.: 02.38.62.75.30 à partir de 14 heures.

A noter: « Prélude littéraire » à  19 h 45 en soirée et à 15 h 15 en matinée: les écrits des compositeurs y sont dits par les élèves du Département Théâtre du Conservatoire d’Orléans.

En savoir plus: www.orchestre-orleans.com Et aussi: www.dylancorlay.com

 

Photos de répétition: Micheline Taillardat.

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