Mahler, une création lumineuse de l’Orchestre Symphonique d’Orléans

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Ah, que vous savez peu au sujet du bonheur de l’homme, vous, les confortables et les gentils ! car bonheur et malheur sont deux frères jumeaux qui grandissent ensemble ou, comme chez vous, – restent petits ensemble
Nietzsche, ” Le Gai savoir “

orchestre symphonique d'orléans

De l’ombre à la lumière, d’une marche funèbre à une incroyable variété thématique qui telle la vie, nous porte de la joie à la mélancolie, cette symphonie de Mahler est à la fois riche et complexe avec une écriture dense et fourmillante d’inventions. Et c’est au prix d’un travail instrumental très périlleux que la formation de 18 musiciens sous la direction de Dylan Corlay, avec l’audace d’un jeune chef, réussit à restituer cette œuvre majeure du compositeur dans une adaptation de Karl Simon, qui offre une autre écoute, où la virtuosité instrumentale suscite une émotion transcendée.

“J’ai donné vie aux pulsations et aux sonorités les plus audacieuses” GM

Bien sûr, cette symphonie fut écrite pour un orchestre de 100 musiciens, mais cette orchestration en petite formation s’inscrit parfaitement dans la modernité de l’écriture de l’œuvre, elle souligne même son caractère novateur et quasi expérimental. Étonnamment, l’orchestre de chambre nous rapproche de l’intense spiritualité de Mahler, l’homme nous apparait dans une proximité musicale qui renforce les sensations si ambiguës de la destinée humaine: profondément inspiré par Dostoïevski, Mahler parle “à ses frères humains”.

“Sans romantisme, ni mysticisme, c’est la présence de l’homme en pleine lumière du jour”. GM

De la mort, que Mahler frôla quelques mois avant de composer cette marche funèbre du premier mouvement, au ravissement d’une vie bucolique retirée dans la montagne pour écrire cette symphonie illuminée par son amour pour Alma, en passant par ce célèbre adagietto, romance sans paroles que Luchino Visconti utilisa pour le final de son film “Mort à Venise”, cette symphonie n°5 dirigée par Dylan Corlay, est un magnifique éblouissement musical qui nous surprend autant qu’il nous enchante.

dylan corlay

Dylan Corlay

Et le public orléanais, qui avait rempli la grande salle du théâtre ce samedi soir, ne s’y est pas trompé en faisant un triomphe, à la création en France par l’Orchestre Symphonique d’Orléans, de l’adaptation de cette symphonie n°5 de l’immense Gustav Mahler.

GP

Mahler : Symphonie n° 5 en do dièse mineur
Version Musique de Chambre – transcription : Klaus SIMON.

Samedi 12 novembre à 20 h 30, dimanche 13 novembre à 16 heures,
salle Touchard, Théâtre d’Orléans. 
Tarifs: 24/20/11€.
Réservation auprès du Théâtre d’Orléans, du mardi au samedi, de 13 heures à 19 heures. Tel.: 02.38.62.75.30 à partir de 14 heures.

A noter: « Prélude littéraire » à  19 h 45 en soirée et à 15 h 15 en matinée: les écrits des compositeurs y sont dits par les élèves du Département Théâtre du Conservatoire d’Orléans.

En savoir plus: www.orchestre-orleans.com Et aussi: www.dylancorlay.com

orchestre orléans

 

 

Commentaires

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  1. Tout ce que vous dites est vrai, mais il n’en reste pas moins qu’à 18 musiciens, même si la performance individuelle et la finesse de jeu sont remarquables, on ne peut pas obtenir la puissance et les effets de masse voulus par Mahler…
    Ce n’est pas gênant pour l’adagietto, dont l’éxécution fut magnifique d’émotion et de délicatesse, mais pour le reste, on est un peu “sur sa faim”, comme un bon repas dont on aurait eu seulement le dessert sans le plat principal.
    Et les cordes trop peu nombreuses (un par pupitre !) sont souvent couvertes par les vents.
    Alors je regrette un peu que les contraintes budgétaires aient conduit notre cher Orchestre d’Orléans à ne pouvoir nous offrir que cette version “light” de la 5e de Mahler …!
    Osons le dire, pour qu’il ne soit pas privé des moyens de ses ambitions.

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