logo o jazzEn en ce lendemain de commémoration et à la veille d’une autre, l’accueil par les Samedis du Jazz du quintet “United Colors of Méditerranée ” a pris samedi 12 au Théâtre d’Orléans un relief singulier. Un vrai moment de grâce, magnifié par l’enthousiasme, le talent et la générosité de cinq amis musiciens unis (united)… comme les cinq doigts de la main.

En dépit d’une absence – remarquée – de toute annonce ou mention dans le quotidien régional [mais pas sur Magcentre, ndlr], et malgré un horaire modifié (15 heures au lieu de 17, c’est désormais la règle), le rendez-vous fixé par le troisième “Samedi du Jazz” de la saison n’a pas manqué de faire le plein. 450 spectateurs (au moins) se pressaient dans le hall du Théâtre, et la chaleur de leurs applaudissements, l’insistance de leur rappel et l’éloquence de leurs commentaires montrent que ce United Colors of Méditerranée”, qui jouait pour l’une des toutes premières fois, a unanimement emporté l’adhésion.

Taïb Detmar

Difficile de rester insensible à ce partage musical des couleurs et des cultures de la Méditerranée. Difficile de ne pas partager l’émotion de cet hommage à des musiques que traversent et irriguent les rythmes, les modes, les harmonies d’un pourtour méditerranéen ou voisinent et cousinent depuis des millénaires les influences juives, arabes, andalouses, gréco-turques…
Et c’est tout le talent de UCOM, à commencer par le violoniste Guillaume Dettmar, compositeur de la plupart des morceaux (et “accessoirement” prof au conservatoire d’Orléans) que d’avoir su fondre dans le creuset du jazz toutes ces influences, ces sensibilités, ces cultures.

On trouve également à la manœuvre dans cette formation atypique, une autre figure de la musique que l’on aime, Jean-Jacques Taïb, formidablement à l’aise dans cet univers, au sax ténor, à la clarinette et à l’anche de ce taragote – acquis pour l’occasion –, sorte de méga-clarinette d’origine hongroise qui vous envoûte telle la flute du charmeur de serpent !

On ajoutera, évidemment, les excellents Philippe Draï aux percussions, Pierre Bluteau à la guitare et Brahim Haiouani à la contrebasse, indispensables à l’harmonie du tout.

samedis du jazz

Impossible, on l’aura compris, de ne pas communier à cette fièvre musicale tantôt festive, parfois presque cérémonielle. Impossible, par delà la musique, de ne pas percevoir l’écho de ces conflits (ethniques, religieux, idéologiques…) qui déchirent le pourtour méditerranéen (et pas que) où se sont forgées – faut il le rappeler – les bases de nos civilisations modernes.

Ajoutez à tout cela une mise en son impeccable (dira-t-on jamais assez, la compétence et la disponibilité des équipes techniques du Théâtre, dont la bienveillance pour ces “Samedis” ne tarit pas, au bout du 65e concert) et l’on comprendra que les absents… ont eu grand tort !

Jean Louis Derenne

Avec l’aimable autorisation de Ô Jazz

Prochain Samedi du Jazz (toujours proposé par la Scène nationale et ô jazz!) avec le trio tourangeau “Steak”, samedi 10 décembre même heure (15 heures), même lieu (Théâtre d’Orléans).

ET DEMAIN LUNDI 14, UN REPORTAGE PHOTOS SIGNÉ MARIE-LINE BONNEAU

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