Orléans : les start-up du Lab’O ouvrent leurs portes

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L’incubateur d’entreprises numériques et de start-up ouvrait ses portes mardi 15 novembre pour une « start-up assembly », occasion rêvée de faire le tour du propriétaire, et de se poser les bonnes questions sur le fonctionnement de ce lieu emblématique de l’Orléanais depuis son ouverture en fanfare en juin dernier.

Lab'O

Inauguré le 10 juin dernier en même temps que son homologue « Mame » de Tours, le Lab’O, incubateur d’entreprises numériques et de start-up ouvre ses portes les 15, 16 et 17 novembre pour une « start-up assembly ». La trentaine d’entreprises de ce genre se présente aux visiteurs, curieux de connaître cet endroit aussi énigmatique qu’emblématique de l’agglomération orléanaise.

Né du projet French Tech qui préconisait de développer des lieux « totem » type incubateurs et installés dans l’ancien laboratoire pharmaceutique du groupe Famar, racheté par la Ville puis revendu à l’agglomération pour 8,8 M€, les 4.500 m² du Lab’O ont coûté 11,2 M€ de travaux pour sa réhabilitation, en attendant les 14.000 m² sur six niveaux supplémentaires prochainement, afin d’y accueillir à plein régime une centaine d’entreprises. Qui sont-elles ?

 

Lab'OSélectionnées sur dossier, elles sont de deux types : soit des entreprises numériques aux projets déjà bien ficelés à la recherche d’un lieu favorable à leur fonctionnement et leur développement ; si le projet est viable, un bureau est proposé. Soit des porteurs d’idées, même vagues, et un espace de « co-working » est dans un premier temps offert. C’est l’effet start-up, littéralement « grandir vite » (voir la rubrique « La question que tout le monde se pose » en cliquant ici). « L’idée c’est d’être dans le numérique, et de donner du temps tout en le partageant pour les porteurs de projets qui souhaitent s’installer ici », explique Stéphanie Hublin-Besson, cheffe de projets et référent réseaux, partenaires et prospectives. « A l’arrivée, les porteurs de projets bénéficient d’un parrainage avec une personne déjà implantée dans le Lab’O, peuvent s’entraîner au pitch, participer à des ateliers de sensibilisation, bénéficier du fonds d’investissement ». Car en effet, si les idées fusent et semblent géniales – le propre même d’une start-up est de développer quelque chose de nouveau, d’innovant, à forte et rapide valeur ajoutée – le nerf de la guerre, comme partout ailleurs, c’est l’argent. Généralement, les porteurs de projets sont à la recherche de finances pour développer leurs projets, sans toujours et même rarement se rémunérer au passage. « Ce lieu appartient vraiment aux entreprises », ajoute-t-elle, « le fonds d’investissement a rassemblé 21 M€ actuellement, public-privé, banques et assurances et collectivités ». Le loyer défi toute concurrence : 95 € hors taxes du m² la première année ; le Lab’O permet aussi des échanges avec le Mame de Tours, et il intègre le « réseau village Crédit Agricole, permettant des échanges avec… New York. Tous les statuts d’entreprise sont tolérés, de la SARL à la SA en passant par la SAS et même le statut associatif. Mais pas le statut de micro-entrepreneur, « trop fragile, et l’objectif est de créer de l’emploi » souffle un des « start-upeur » présent.

Lab'OParmi les start-up qui présentaient leurs activités, Géonomie, qui développe, en lien avec l’Association des paralysés de France (APF) une application, Eskalias, dédiée aux professionnels de santé, aidants et utilisateurs, solution d’optimisation d’itinéraires pour personnes en situation de handicap grâce à une précision de guidage unique. Trois associés l’ont créée il y a un an, employant un CDI, un contrat de professionnalisation et un stagiaire, et cherchent activement à commercialiser l’application. Une piste sérieuse avec la SNCF est en cours.

Lab'ORomuald Beugnon a créé Mash Up Table, de l’anglais de cuisine « faire de la purée ». Ce Géo Trouvetou développe un système de fabrication de films à destination de publics scolaires et d’associations qui œuvrent en faveur de l’éducation à l’image. Une table avec un système numérique simple d’utilisation permet, en disposant dessus des cartes pré-imprimées, de faire apparaître des images animées, des sons et des extraits musicaux comme sur une table de montage cinématographique. Il espère, après avoir décroché un partenariat avec le réseau Canopé (ressources pédagogiques transmédias pour l’Éducation nationale), tester son invention auprès d’enseignants.

50 fois la mise de départ

« C’est un lieu de création et de numérique », explique Geoffroy, un des start-upeur guide du jour des locaux du Lab’O. « L’installation casse les codes, on peut avoir une salle de réunion avec des poufs, si cela permet aux gens d’être autant créatifs que s’ils étaient autour d’une table classique, où est le problème ? ». Casser les codes, grandir très vite, une idée, une technologie, besoin d’argent, est-ce que c’est viable ? Autant d’expressions et de formules inhérentes à l’univers des start-up, ces petites entreprises qui aspirent à gagner rapidement beaucoup d’argent en apportant des solutions numériques ciblées, de niches. « Imaginez un groupement d’investisseurs. Ils disent : on va mettre 1 million sur chacun des 15 projets. Sur les 15, 14 vont se casser la figure, mais il y en a un qui va nous rapporter 50 fois la mise de départ », ajoute encore Geoffroy. Un nouveau modèle qui fait parfois un peu peur par son côté saut dans l’inconnu mais dont on aurait tort de sous-estimer le bon en avant qu’il représente pour certains services.

F.Sabourin.

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