Présidentielle : Emmanuel Macron annonce enfin sa candidature

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Fini le suspense : Emmanuel Macron a annoncé sa candidature à la présidentielle de 2017. « J’en ai pesé la gravité et les enjeux. Je l’ai annoncée quand j’ai été prêt. Je suis resté le maître des horloges. Dans quelques mois, une opportunité nous est offerte, celle de refuser le statu quo pour choisir d’avancer. Pour mener le combat que nous sommes conduits à mener la responsabilité du Président de la République est immense et j’en suis pleinement conscient. C’est pourquoi je suis candidat à la présidence de la République », a-t-il expliqué à la presse régionale à laquelle il a accordé une heure de dialogue ce jour dans son nouveau siège de campagne à peine installé, 99 rue de l’Abbé-Groult à Paris dans le XVe arrondissement.

Emmanuel  Macron lors des fêtes de Jeanne d'Arc à Orléans

Emmanuel Macron lors des fêtes de Jeanne d’Arc à Orléans


Le candidat antisystème

Certes, mais la date n’a pas été choisie au hasard. Le fondateur de « En Marche ! »  s’invite dans le troisième débat des  candidats à la primaire de droite. Gageons que les sept participants à l’exercice n’auront pas ce soir de mots assez durs pour ce jeune Brutus qui a mordu la main de celui qui lui avait tout donné, pour cet homme aux grands discours dont le bilan ne comprend qu’une petite loi.

Philippe Vigier

Philippe Vigier

Philippe Vigier, élu de l’Eure-et-Loir, président du groupe UDI à l’Assemblée nationale a déjà réagi en ce sens « La trahison d’Emmanuel Macron qui a défini puis mis en œuvre la politique de matraquage fiscal et le déclin industriel de François Hollande, est désormais totale. Cette candidature qui montre une nouvelle fois que la légitimité du Président de la République est vivement contestée jusque dans son propre camp, est davantage un problème pour François Hollande qu’une solution pour les Français et les Françaises ».

Se déclarer le 16 novembre c’est aussi prendre de court François Hollande et Emmanuel Valls. Que reste-t-il du « trou de souris » dans lequel le chef de l’État espère encore se glisser ? Quelle audience reste-t-il à Manuel Vals pour crédibiliser l’alternative réformiste qu’il a commencé à développer ? Le benjamin des candidats se glisse dans tous les interstices : « La gauche est divisée depuis le premier jour  de ce quinquennat. Même constat à droite où il n’y a d’accord sur rien. Je ne parle pas des élus mais des appareils politiques, des logiques politiciennes qui paralysent aujourd’hui notre capacité à aller de l’avant. J’ai vu de l’intérieur  la vacuité de notre système politique qui empêche les majorités d’idées au motif qu’elles fragilisent », lance-t-il. Il est le candidat  anti-système, qui ne s’inscrit dans aucun cadre : « L’enjeu n’est pas pour moi de rassembler la gauche, il n’est pas de rassembler la  droite, l’enjeu est de rassembler les Français. Ma volonté est d’avoir un impact sur notre vie politique », martèle-t-il.

Il plait, il séduit

macron
Ce que propose Emmanuel Macron et l’image qu’il renvoie à l’opinion sont loin d’être  dans l’ordre des choses établies. Il a soutenu la flamme johannique à Orléans, s’est affiché au Puy-du-Fou aux côtés de Philippe de Villiers, assume une approche libérale de l’économie, se dit de gauche le tout emballé  dans  une intelligence pointue, un abord avenant et une éducation  de  jeune homme bien élevé. Il plait, il séduit. « La solution est en nous. Elle se fera grâce à une révolution démocratique profonde, elle ne dépend que  de notre unité, de notre courage, de notre volonté commune. C’est cette  révolution démocratique à laquelle je crois, celle par laquelle en France et en Europe, nous conduirons notre propre révolution plutôt que de la subir », c’est beau, c’est noble, c’est propre à soulever une foule. « La France doit retrouver confiance en elle et bâtir son projet par le travail d’abord, par l’investissement ensuite pour réussir la révolution numérique, pour réussir le passage vers une autre économie, vers une autre société, pour former, pour accompagner la transformation climatique et énergétique. Il faut aussi bâtir notre projet sur de nouvelles protections, parce qu’on ne construit rien de solide en laissant des millions de Français sur le bord du chemin. C’est cela  la crédibilité de l’État ».

Le plus dur reste à faire

Emmanuel Macron, le contact passe bien auprès des Orléanais.

Libéral en économie, socialement de gauche, le candidat Emmanuel Macron au look de gendre idéal peut tenter des électeurs de droite comme de gauche et séduire des centristes. Des élus comme  les centristes Jean Arthuis et Sylvie Goulard ou le LR Renaud Dutreil et la PRG Catherine Barbaroux l’ont rejoint. En son temps François Bayrou avait connu une affluence identique. Cela ne l’a pas mené au pouvoir.

Mais la tension est montée d’un cran. Emmanuel Macron est désormais un danger pour tous les candidats de droite en particulier pour Alain Juppé  qui tend ouvertement la main aux « déçus du Hollandisme ».  Ceux-ci  ont désormais le choix, du moins en attendant les résultats des primaires d’une gauche qui apparait bien faible et très inquiète. L’arrivée de Macron dans le jeu électoral remet du piment dans la partie qui se joue. Mais le plus dur  reste à faire pour celui qui se veut le champion du dynamisme : Il lui faut  rentrer dans le concret pour transcender le clivage gauche-droite  ce n’est pas gagné.

Françoise Cariès.

 Christine Jaguneau, référente Loir-et-Cher du mouvement « En Marche ! » d’Emmanuel Macron.
Mag’Centre : comment réagissez-vous à l’annoce de la candidature d’Emmanuel Macron à la présidence de la République ?
Christine Jaguneau : Je dirais : « enfin ! ». Clairement on attendait cette déclaration. Il se positionne avec le mouvement qui compte actuellement environ 100.000 adhérents partout en France. Il est dans une problématique du renouvellement, regarder l’avenir et non pas le passé. Et surtout, il veut refonder le contrat social. 25.000 personnes ont été interrogées, ce n’est pas un petit sondage de 100 personnes… Ce qui en ressort c’est que le mal être ressenti par tous les Français est lié à la rupture du contrat social. Les règles construites après 1945 ne sont plus adaptées. La question est désormais quelle contribution peut-on apporter au contrat social ? Cette question n’est ni de droite, ni de gauche.

Mag’Centre : Du centre alors ?
Christine Jaguneau : Ni au centre ! Emmanuel Macron ne se définit pas sur ces clivages-là. C’est un mouvement de progressistes.

Mag’Centre : l’histoire de la Ve République montre que sans l’appui et le soutien d’un puissant appareil politique, sans un parti fort, il est impossible de conquérir l’Elysée…
Christine Jaguneau : Jusqu’à présent, il fallait un parti pour y arriver, oui. Mais l’histoire prouve qu’en dehors des partis on peut faire avancer ses idées. Je crois beaucoup à la volonté de changement des Français. Ils veulent que cela change, le ras-le-bol est fort. C’est clair, fort, ils se reconnaissent dans cette volonté-là.

Mag’Centre : En Loir-et-Cher, « En Marche ! », c’est combien de personnes ?
Christine Jaguneau : 236 adhérents à l’heure où nous parlons. Il y a des animateurs locaux sur la base du volontariat (cinq en Loir-et-Cher), et trois comités. Les 4 et 14 novembre, nous avons fait deux réunions, regroupant environ 25 personnes à chaque fois. Deux réunions sont prévues sur l’éducation et la sécurité. Ce sont des lieux d’échanges, la grande diversité des personnes qui viennent permet d’avancer et de faire des propositions.

Propos recueillis par F.Sabourin.

Commentaires

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  1. La plupart des postulants à la prochaine élection présidentielle se posent en “diacritique du monde politique et veulent y apporter des nuances… Macron est de ceux-là.* En quelques mois, son mouvement, “En Marche” …parsec… Est-ce une étoile montante ou une étoile filante?

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