Orléans: maigre public pour le sarkozyste Christian Estrosi…forfait de dernière minute

Après la défection de François Fillon à Blois, c’est Christian Estrosi qui au dernier moment a été contraint d’annuler sa participation à la réunion dont il était la “vedette”, mercredi soir dans la banlieue sud d’Orléans.

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Selon les informations fournies par Jean-Pierre Door, le député-maire (LR) de Montargis, c’est un incident grave provoqué par un passager au départ de Genève (Suisse) qui a perturbé le vol et retardé l’arrivée du président de la région PACA à Paris-Orly. Au final, c’est Gérald Darmanin, le directeur de campagne de Nicolas Sarkozy qui, appelé à la rescousse pour rattraper le coup, a remplacé au pied levé Christian Estrosi.

Bloqué à Genève

Fraîchement remarié le week-end dernier, le très proche de Nicolas Sarkozy, aura évité un bide. Ils n’étaient qu’une soixantaine en effet à garnir la salle des fêtes de Saint-Pryvé-Saint-Mesmin chez Thierry Cousin, le maire, toujours décidé à se présenter sur la première circonscription aux législatives malgré le choix de la CNI (Commission nationale d’investiture) de LR qui s’est porté sur Charles-Eric Lemaignen, le président de l’AgglO. 

Deux autres candidats aux législatives accompagnaient Gérald Darmanin sur scène, Jean-Pierre Dooor, le président de la fédération, candidat au renouvellement de son siège sur la quatrième et Stéphane Fautrat le secrétaire département qui brigue la sixième contre vents et marées. Pas de chance, le président de la CNI justement, Christian Estrosi, n’a pas pu apporter physiquement son soutien à Stéphane Fautrat. La CNI se réunira le 15 décembre, après la primaire et selon le résultat, les investitures d’origine seront confirmées. Ou pas si Alain Juppé sort vainqueur.

Sarkozy, “en pleine forme”

Thierry Cousin (LR), maire de Saint-Pryvé.

Thierry Cousin (LR), maire de Saint-Pryvé.

Si l’on en croit les derniers sondages, François Fillon remonterait son retard sur Nicolas Sarkozy, mais pour ses partisans celui-ci est en “pleine forme, il a la gnaque”, a insisté Jean-Pierre Door qui avait été reçu par Nicolas Sarkozy le jour-même, comme tous les parlementaires LR. Pour Gérald Darmanin, maire de Tourcoing et vice-président du conseil régional des Hauts-de-France, “il faut une élection exemplaire, non contestée, non contestable“, en référence à la déplorable guerre Fillon-Copé pour la présidence de l’UMP de triste mémoire.

En cinq points parfaitement étayés, Gérald Darmanin a expliqué ce qui faisait la différence entre Nicolas Sarkozy et ses concurrents. En sortant aussi la grosse artillerie contre le pouvoir sortant, genre, “nous ne pouvons plus être le seul état communiste d’Europe“, rien que ça…“Nous ne proposons pas d’augmentations d’impôts” a souligné le directeur de campagne, “alors que Juppé et Fillon augmentent la TVA”. Quant à la délinquance elle “… a baissé lorsque NIcolas Sarkozy était ministre de l’Intérieur de 17%”, Gérald Darmanin s’est ensuite appliqué à démonter que la baisse des effectifs de police dont tout le monde accuse l’ancien président, ce n’est pas le problème. “Le problème c’est la justice”, et à l’entendre Christiane Taubira doit être encore place Vendôme puisqu’elle s’est encore retrouvée mise en cause et uniquement elle, sur la politique pénale.

Tir nourri contre Bayrou

Maigre public pour Estrosi...qui n'est pas venu.

Maigre public pour Estrosi…qui n’est pas venu.

Autre angle d’attaque, dans la famille LR celui-là, Gérald Darmanin comme son patron ne s’en est pas pris frontalement à Alain Juppé, mais à une autre cible récurrente, François Bayrou. Le maire de Pau “n’a pas voté la réforme des retraites de 60 à 62 ans” et surtout, “il est pour la régularisation des sans papiers“. “J’ai confiance en Alain Juppé mais pas en François Bayrou…Il faut une majorité claire”. 

Comment expliquer cette maigre chambrée pour une des vedettes de l’équipe Sarkozy? Démobilisation du noyau dur de l’ancien Président? Ralliement massif à Juppé ou simple ras le bol des réunions publiques? S’il fallait se fier à l'”affluence” du camp sarkozyste mercredi, la finale  de la primaire pourrait bien se jouer entre Juppé et Fillon. Mais à contrario la veille à Nice, l’ancien Président avait fait un tabac…

Ch.B

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Interview Gérald Darmanin:

“C’est entre Juppé et Fillon que le débat sera tendu jeudi”

Gérald Damanin lors de son intervention.

Gérald Darmanin lors de son intervention.

 

  • Gérald Darmanin, c’est l’actualité, une réaction sur la candidature d’Emmanuel Macron…

Monsieur Macron a tout à fait le droit de se présenter. Je pense que cela embête à la fois Monsieur Juppé parce que c’est une candidature de centre gauche et bien sûr Monsieur Hollande. Maintenant c’est vieux comme la politique, voilà un ministre qui n’est pas tout à fait fidèle au président qui l’a nommé…

  • Vous le directeur de campagne de Nicolas Sarkozy, la remontée de François Fillon ça vous inquiète ?

Comme je ne crois pas aux sondages quand ils sont bons, mauvais ou moyens, je ne vais pas les commenter quand ils sont très bons. Aujourd’hui Nicolas Sarkozy a des tendances très positives, c’est le seul qui garde son électorat, lequel lui est très fidèle, très attaché. Monsieur Fillon est quelqu’un de qualité qui prend des voix à Alain Juppé. Des voix modérés qui se posent la question de l’alliance de M. Juppé avec François Bayrou, c’est la raison pour laquelle François Fillon récupère ces voix là…

  • Seulement à Alain Juppé… ?

Oui, car Nicolas Sarkozy a ses soutiens, ceux qui ont le plus de convictions et ce sont ces soutiens qui se déplaceront le plus dimanche

  • Le dernier débat télévisé de jeudi soir sera-t-il déterminant pour le résultat de cette primaire ?

Il sera important comme les autres débats. C’est vrai que devant des millions de personnes, il peut être déterminant si l’on fait une bêtise. Nicolas Sarkozy l’aborde de façon assez tranquille. Il a su montrer qu’il connait les sujets de fond. Entre M. Juppé et M. Fillon ce sera sans doute un peu plus tendu…

  • La victoire de Trump quelles répercussions sur la primaire… ?

La victoire de Trump, c’est l’occcasion de voir que le favori des sondages et des élites n’est pas celui qui sort du chapeau. Les peuples ont leur propre pouvoir. En même temps le message c’est qu’il faut face à Trump, il faut face à Poutine, il faut face à Merckel quelqu’un qui a du poids du caractère, du tempérament. Qu’on aime ou pas Nicolas Sarkozy, c’est manifestement celui qui peut le mieux négocier face à Trump.

 

Commentaires

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  1. Christian Estrosi ne déplace pas les foules, alors qu’il était lui-même candidat à la présidentielle. Nous n’aurons donc pas d’explication du vieux jeune marié, sur son invraisemblable cumul de fonctions électives, ni sur le dispositif de sécurité du feu d’artifices de la promenade des Anglais à Nice. Malgré tout, il trouve le temps de voyager à l’étranger, lui qui veut durcir les lois relatives à l’immigration, oubliant ses origines italiennes et celles marocaines de sa deuxième épouse. Un homme bourré de contradictions !

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