Loir-et-Cher : le préfet Yves Le Breton met les voiles

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Le préfet de Loir-et-Cher Yves Le Breton, nommé dans les Côtes-d’Armor à partir du 21 novembre, a fait un “pot de départ” avec son épouse Isabelle dans les grands salons de la préfecture de Blois. Le “tout-Loir-et-Cher” s’y est pressé, et c’est peu dire qu’il y avait plus de monde qu’à son arrivée…

Le maire de Blois Marc Gricourt a offert au couple Le Breton "L'histoire universelle de la navigation", avant de partir pour les Côtes-d'Armor.

Le maire de Blois Marc Gricourt a offert au couple Le Breton “L’histoire universelle de la navigation”, avant de partir pour les Côtes-d’Armor.

Le 1er septembre 2014, lors de sa première sortie officielle en tant que préfet de Loir-et-Cher (un dépôt de gerbe au monument aux morts place de la République à Blois), les rangs étaient clairsemés. Un seul député sur les trois était présent (Denys Robiliard), Maurice Leroy et Patrice Martin-Lalande étant excusés car ils avaient “piscine”. Il faut dire que le prédécesseur d’Yves Le Breton, le très populaire et droitier Gilles Lagarde, était parti scotché du sentiment tenace d’avoir été “limogé” par le premier ministre Manuel Valls sur les chuchotements (dit-on) du président d’Agglopolys Christophe Degruelle.

Depuis, de l’eau a coulé sous le pont Jacques-Gabriel, et la Loire – qui en a vu passer d’autres – a apaisé les esprits “scrogneugneux”. Yves Le Breton, homme-préfet pragmatique et doté d’un flegme so british, a rapidement fait son trou en Loir-et-Cher. L’actualité lui en a immédiatement donné l’occasion… et ne l’a pas lâché durant les deux ans passés au pays des hommes que ça ne gêne pas de marcher dans la boue. Émeutes dans la Zup de Blois fin octobre 2014, attentats de janvier et novembre 2015, état d’urgence, redécoupage de la carte intercommunale, révision du “SDACR” (Schéma départemental de couverture des risques), visites présidentielles (4), visites du premier Ministre (2), une pléiade de ministres qu’on ne compte plus (proximité de Paris oblige), teknival sauvage à Salbris le 1er mai dernier, inondations un mois plus tard… Il ne lui a manqué qu’une invasion de criquets ou une tempête pour clore ces sept plaies d’Égypte-loir-et-chériennes.

C’est peut-être sur les 350 km de côtes des Côtes-d’Armor qu’il les trouvera, le département n’étant pas réputé pour sa modération météorologique, ni pour la patience de ses agriculteurs dont les tonnes à lisier connaissent bien le chemin des grilles de la préfecture… Mais cela ne devrait pas effrayer cet “efficace pragmatique” comme l’a qualifié Maurice Leroy, lequel a bien appuyé avec ses gros sabots du Poislay pour préciser que “s’il n’était pas là lors de son arrivée”, il l’était bien pour son départ. Sic transit gloria mundi.

Kenavo !

Yves et Isabelle Le Breton.

Yves et Isabelle Le Breton.

“Quand tu aimes, il faut partir”. Ce n’est pas souvent qu’un préfet cite Blaise Cendrars et son poème tiré du recueil Poèmes nègres (“Tu es plus belle que le ciel et la terre”). Yves Le Breton, fin lettré, l’a préféré à Claudel et ses Conversations dans le Loir-et-Cher, “trop misogynes”, a-t-il soufflé sans rire, après avoir rappelé que le thème des Rendez-vous de l’histoire cette année était justement… “Partir”. “Partir, c’est mourir un peu, disait Edmond Haraucourt, ce qu’Alphonse Allais avait détourné par ‘Mourir, c’est partir beaucoup’. Mais partir, c’est surtout grandir”, a dit celui qui, avant les remerciements d’usage aux services de l’État, aux élus, aux forces de l’ordre etc., a tenu à associer son épouse Isabelle, plus matheuse que littéraire, mais dont le charmant sourire l’accompagnera jusqu’aux vents marins d’entre Casquets et Ouessant, avec leurs deux enfants qui apprécieront sûrement les marinières de chez Armor-Lux.

Des vents salés de Saint-Cast ou de Bréhat à l’émotion palpable dans la voix de ce serviteur de l’État, il n’y avait qu’un petit pas de danse bretonne qu’il n’a malgré tout pas franchi, mais c’était tout comme. Le souvenir qu’Yves Le Breton, “préfet citoyen” comme le rappela avec justesse le maire de Blois Marc Gricourt en préambule, emportera avec lui est celui du 11 janvier 2015, où 15.000 personnes s’étaient rassemblées place de la République à Blois dans des circonstances bien tristes. “Ce jour-là, j’étais fier, non pas d’être préfet, mais d’être un citoyen, un républicain“. Kenavo et be Breizh, Monsieur le préfet !

F.Sabourin.

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