Ces “électeurs de gauche” qui vont voter à la primaire de droite: témoignages

 Une des grandes inconnues de cette primaire de la droite et du centre tient au corps électoral. Combien de votants? 2,5 millions comme le prévoit certains instituts de sondage, trois millions cinq millions? Ce dernier chiffre correspond aussi à celui de l’audience réalisée par France 2 et Europe1, jeudi soir pour le troisième débat.

 

Premier tour des élections régionales, le 6 décembre 2015, à Tours.

Difficile de réaliser des prévisions fiables sur les résultats lorsque l’on ne connaît pas le corps électoral. Mais l’on sait que si le vote est très large, à priori, ce ne sont pas seulement les purs et durs de LR favorables en grande partie à Nicolas Sarkozy qui se seront déplacés. Une large participation avec les votes du centre droit, des gens proches de l’UDI, sera plutôt favorable à Alain Juppé et dans une moindre mesure à François Fillon, auteur d’une belle remontée dans la dernière ligne droite. Quel pourcentage les électeurs “de gauche”, des “déçus de Hollande” (ou pas) dans ce scrutin vont-ils représenter? 2%, 5%, voire 10% et plus? Vont-ils “fausser” le vote comme le suggère Nicolas Sarkozy?

“Je vais aller voter à droite au nom du TSS (tout sauf Sarkozy)” dit de fait cette électrice de François Hollande en 2O12, qui tient à garder l’anonymat. Pour qui? “Pour Alain Juppé, parce qu’il est capable de rassembler pas de diviser, de cliver, comme l’ancien Président”. 

jeunes socialistesUn autre “électeur de gauche” votera pour NKM: “d’abord c’est une femme, relativement jeune, ensuite elle tranche sur les autres par ses positions sur le numérique, sur l’environnement, la démocratie directe. Enfin à l’entendre durant les trois débats de la primaire, on est sûr qu’elle n’appellera pas à voter Sarkozy au second tour, si celui-ci y parvient”.

Quel poids représenteront les électeurs du FN cette fois-ci, qui mettront plutôt un bulletin Sarkozy dans l’urne de droite et du centre? C’est aussi un paramètre, même s’il risque de ne jouer qu’à la marge, comme l’ont expliqué les deux politologues, Jean Guarrigues et Pierre Allorant, invités de RCF pour l’émission Agora ce vendredi, en partenariat avec Magcentre.fr

Et le vote de gauche pour Chirac en 2002…

Et l’engagement signé qu’il faudra prendre avant de mettre son bulletin dans l’urne, ce n’est pas un frein? Une personnalité connue à Orléans pour ses opinions à gauche et qui, lui aussi ira dimanche voter dans le camp d’en face, explique: “prendre l’engagement de partager les “valeurs républicaines de la droite et du centre” ? Mais comment et pourquoi serait-ce un problème ? Quelles sont ces fameuses valeurs communes ? Je n’en vois pas d’autres que celles que nous partageons tous, les Républicains, à savoir la devise de notre République laïque, sociale et décentralisée : liberté, égalité, fraternité. Cela me va, je signe sans aucune difficulté, et même avec enthousiasme !

Quant au pseudo engagement de soutenir l’alternance, en droit français, le vote impératif n’existe ni pour les élus, ni pour les électeurs. Une obligation n’aurait aucune valeur. Les cris de Nicolas Sarkozy contre le détournement du vote par des électeurs de gauche “stratèges” auraient plus de force s’il ne faisait pas tant de clins d’oeil appuyés aux électeurs du Front national pour qu’ils viennent peser en sa faveur…Et je ne me souviens pas de l’avoir entendu protester contre le vote presqu’unanime des électeurs de gauche en faveur de Chirac au second tour de 2002. Pourquoi ces électeurs s’étaient-ils déplacés ? Au nom précisément des valeurs républicaines que tous les Français partagent, au-delà du clivage droite/gauche.”.

Ch.B

 

 

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