Quand Orléans s’éveillera : prends Gard à toi !

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Se garder des crocodiles dandys

Par un froid de loup et sans crier Gard, l’USO, en panne de victoire depuis au bas mot le début des primaires de la droite, entendait bien se recentrer et se relancer par une victoire sur Nîmes sous peine de passer l’hiver au fond de la mine. Devant des tribunes au départ à moitié vides et transies comme des groupies de Nicolas Sarkozy, le stade de La Source prenait des airs de Nationale, loin de la poésie de la 7 où on prenait plaisir à traîner en fredonnant, et des bouchons de la 20, pour accueillir un Olympique à la gloire bien ternie depuis les temps glorieux de Kader Firoud, de Michel Mézy et de Cacharel.

 

Si loin de l’Olympe

img_1134Comme pour des primaires de la gauche, un Valls attend sur le banc des remplaçants, mais guère de chance d’être appelé ce soir-là, alors que Sarkozy donne à Nîmes peut-être le dernier meeting de sa vie.

Peu de choses à se mettre sous la dent en début de match, en-dehors des belles accélérations du 7, spécialiste des petits et grands ponts du Gard. Empruntés comme un achat à crédit – mais en l’occurrence, c’est le spectateur qui baille – les Orléanais se contentent alors d’un bon pressing et de déviations en première intention, mais leur manque d’agressivité peine à dégager le chemin du but adverse, jusqu’à une superbe occasion d’Armand d’une reprise à la 9e avant une nouvelle démonstration rythmée de Ziani sur la droite, dont le centre pour Armand, décidément très actif, ne donne rien. Enfin à la 17e, la supériorité technique des Gardois provoque un centre rasant qui file dangereusement devant le but orléanais, une minute seulement avant la superbe ouverture du score nîmoise par Kouakou, peu cruel coup du sort, mérité coût du sport.

 

Station orbitale

img_1125Réagissant enfin, juste à la suite d’une belle reprise de volée nîmoise menaçante, Armand se décale pour un tir croisé qui frôle le poteau nîmois à la 23e. Mais Nabab continue de jouer son rôle de tour, souvent sans contrôle et ne répondant plus. Et Barreto tente, en desesperado, un tir de 40 m à la 30e aussi dangereux qu’une remontée finale de Jean-François Copé à la veille du scrutin. En un hommage répété et méritoire aux exploits spatiaux franco-russes, un tir de Barreto décolle à la verticale de Baïkonour à la 35e et, pire encore, à la 43e, Armand envoie directement vers les rives de Loire la balle d’égalisation toute faite, avant une nouvelle tête au point de penalty dans le temps additionnel (47e). Face à une défense Orleans complètement passive, Nîmes m’est tout prêt de doubler la mise sur un tir rasant à la 51e puis sur une tête bien frappée à la 53e. Mais c’est le tournant du match.

 

Les deux derniers Nabab

img_1283Alors que l’on se dit, dépité comme Bruno Le Maire après un débat télévisé, que « tout est perdu, for l’honneur », et qu’à défaut de la passe de deux victoires, contre Nîmes puis Valenciennes, deux passes réussies de suite sont déjà monnaie rare, la surprise arrive, le favori annoncé vainqueur trébuche : Belkhalem décrète le grand soir, s’arrache pour égaliser et manque de doubler la mise sur une belle tête. Il faut dire que la seconde mi-temps est réussie, elle s’anime, sans y prendre gare. Frapolli a dû frapper fort les esprits aux vestiaires, les zombies maladroits et gourds se sont transformés en pressants footballeurs, combatifs et déterminés à jouer leur va-tout, comme sur l’air d’une conclusion gouailleuse de NKM.

Mais Nîmes domine à nouveau à 10 mn de la fin, et Yahia échappe miraculeusement à l’exclusion, dernier défenseur prenant un jaune qui méritait de virer au rouge.

On se prend à rêver à un bon match nul assez méritoire, quand un centre d’Armand offre une magnifique reprise à Nabab à la 82e. Oui, « Nabab a marqué » entonnent les Drouguis.

 

Sprint final

Après le second but d'Orléans.

Après le second but d’Orléans.

Le match s’emballe, devient fou, le KO menace, Ziani fait admirer sa technique. Rentré à la place du méritant Armand, aussi actif que malchanceux, à la 84e Ayari déborde, passe à Aholou qui rate l’immanquable balle de break, celle du 3-1, sur laquelle le gardien nîmois se blesse. Et c’est loin d’être fini : à la 89e mn, Delclos qui vient de rentrer, réveille le syndrome des tirs au but ratés des Herbiers ; il manque la balle de break, expédiant dans les airs le penalty enfin sifflé par un arbitre qui en avait refusé deux évidents, un à chaque équipe, pour main nîmoise et sur la contre-attaque, pour faute de Sissoko dans son duel.

 

Un barrage pacifique contre la descente. Tours et Auxerre, mes deux amours

l'entraineur de l'USO Olivier Frapolli félicite son gardien Sissoko.

l’entraineur de l’USO Olivier Frapolli félicite son gardien Sissoko.

Frissons garantis pour l’interminable temps additionnel. Barreto continue de régaler par ses dribbles virevoltants, mais Aholou oublie de tirer alors qu’il était dans la surface idéalement placé face au but, il développe sans conclure. Enfin, l’arbitre délivre les 22 acteurs, l’USO non seulement ne perd plus, mais tient enfin sa victoire, inespérée et inspirée (2 à 1), comme jamais depuis celle, si convaincante, sur Strasbourg, bref, du pur Fillon : après l’insipide première période, l’arc-en-ciel. Et parfois, il faut savoir compter sur la solidarité régionale des « métropoles virtuelles », voire la coopération avec les régions limitrophes : avec Tours en perdition, qui paie cher sa ballade aux rives de la descente, dormant comme un loir dans la boue du Cher, et Auxerre qui gâche, Orléans garde une chance de faire barrage à la descente, à l’affront du National et à ses matchs un brin primaires. Orléanais, hissez-vous vite dans le téléphérique de la remontée au classement, en une traversée inter-rives salvatrice, avant la trêve des confiseurs, plus de cadeau.

Paul Jozet

 

Commentaires

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  1. Comme d’habitude, festival… de vannes à deux balles !
    Décidément, ces commentaires sportifs sont toujours aussi affligeants !
    Comme l’écrivait Sacha GUITRY, “Le calembour est à l’esprit ce que la fiente est à l’oiseau”. Sans commentaire, c’est déjà si bien dit !

  2. Moi cette chronique ne m’a pas déplu avec ses clins d’œil appuyés à l’actualité politique de campagne électorale et activité spatiale franco-russe.

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