Blois: le projet Saint-Vincent-gare-Médicis sur les rails

C’était le gros morceau du conseil municipal de Blois lundi 21 novembre : le projet d’aménagement « Saint-Vincent-gare-Médicis ». 3 Vals Aménagement a l’autorisation d’acquérir le collège Saint-Charles, pour un montant de 2,375 M€.

Le collège Saint-Charles, qui déménagera à la rentrée 2018, va être acquis par la Sem 3 Vals Aménagement.

Le collège Saint-Charles, qui déménagera à la rentrée 2018, va être acquis par la Sem 3 Vals Aménagement.

Pour un néo-Blésois, impossible de mesurer le pas qui vient d’être franchi, lundi 21 novembre dernier au conseil municipal de Blois. Sans répondre encore sur le fond à la crise structurelle du commerce de centre-ville blésois (64 cellules commerciales vacantes, soit près de 10 % selon un récent rapport de l’Inspection générale des finances), et sans répondre encore sur ce qui va le remplir, le futur centre-commercial du chevet Saint-Vincent est sur les rails. Du moins, le foncier du site est désormais maîtrisé par la Ville. Le point qui faisait débat était sans conteste le rachat par la Ville de Blois du collège Saint-Charles. Des négociations, menées depuis presque 2 ans, ont connu des hauts et des bas, la Direction diocésaine de l’enseignement catholique, propriétaire des lieux, ne voulant pas lâcher le bâtiment pour une croûte de pain, fut-il béni. Mais la Ville de Blois avait du mal aussi à mettre les billets sur la table (1,5 M€ au départ), et le maire, Marc Gricourt, avait même évoqué, pour rassurer les promoteurs, une possible « expropriation » si d’aventure on ne trouvait pas de solution. Une solution qui aurait à n’en pas douter rallumé le brasier d’un affrontement Don Camillo – Peppone.

Le juste prix

Le chevet Saint-Vincent, théâtre du futur pôle commercial du centre-ville blésois.

Le chevet Saint-Vincent, théâtre du futur pôle commercial du centre-ville blésois.

Les voies du Seigneur ne sont peut-être pas si impénétrables qu’on le croit – après tout, nous vivons une époque où tout semble désormais vraiment possible – et un accord a bien été trouvé entre la Ville, la DDEC, la Fondation Victor Dillard et l’organisme de gestion du collège Saint-Charles (Ogec). Le montant des indemnisations est arrêté à 3,782 M€ pour l’Ogec Saint-Charles, afin de permettre les travaux nécessaires à la relocalisation du collège dans les anciens bâtiments du collège Saint-Vincent rue de la Garenne. L’accord porte in fine sur un prix global de 2,375 M€ (estimation du Domaine) et une indemnité supplémentaire de 1,465 M€ à l’Ogec Saint-Charles pour le transfert du collège sur le site de l’ancien collège Saint-Vincent.

“Je ne suis pas d’un optimisme béat”

« C’est la première fois dans l’histoire que nous présentons une telle délibération sur ce projet. Les enjeux sont importants, c’est un espace contraint, tout le monde l’a compris, même la DDEC qui admet que ce projet d’aménagement urbain important pour la ville », a déclaré Marc Gricourt. Son principal opposant, Jacques Chauvin (L.R) reconnaît lui-même que « la Ville de Blois a fait le job. J’ai toujours dit que pour que ce projet aboutisse il fallait maîtriser le foncier. On vient de franchir une étape essentielle à ce projet », ajoute l’élu qui connaît le dossier par cœur – il le promène depuis 30 ans – faisant partie du comité de pilotage et du comité de pilotage politique sur projet…
Michel Chassier (FN) ajoute : « bien que nous ayons pris le dossier en cours et fait preuve de réserves, nous n’allons pas nous y opposer maintenant qu’il est lancé. Nous l’accompagnerons, malgré les incertitudes sur les enseignes attendues ».

Jacques Chauvin

Jacques Chauvin

Une inquiétude que n’hésite pas à partager en privé Jacques Chauvin : « Je ne suis pas d’un optimisme béat. Tout simplement de la lucidité ! Et une vigilance de tous les instants, voir des exigences. L’enseigne H&M n’a toujours pas dit oui par exemple. On nous a parlé de Monoprix pendant 2 ans, on a vu le résultat ! ». Une quinzaine d’enseignes se seraient pour l’instant montré « un intérêt très fort » selon Marc Gricourt, « mais H&M par exemple attend le dépôt du permis de construire avant de signer ».

Le commerce en débat, post mortem ?

Les travaux du centre-ville souvent pointés du doigt dans les difficultés rencontrées par les commerçants.

Les travaux du centre-ville souvent pointés du doigt dans les difficultés rencontrées par les commerçants.

Du projet Saint-Vincent-gare-Médicis aux commerces souffrants du centre-ville de Blois, il n’y avait qu’un pas; et c’est Louis Butheau, adjoint au commerce et à l’artisanat qui l’a franchi avec des bottes de sept lieues. Dans un récent article de nos confrères de la Nouvelle République, il fait un constat froid d’un réalisme cinglant sur l’état du commerce de centre-ville blésois. Allant même jusqu’à remettre en doute que le projet du chevet Saint-Vincent suffise à lui seul à revitaliser le centre-ville. « La vacance commerciale, nous la subissons, plus que nous en sommes responsables. Nous ne sommes pas responsables de la topographie de la ville qui entraine la construction de pavillons à la périphérie. Nous n’avons pas donné l’autorisation au centre Leclerc de s’agrandir. Nous ne sommes pas responsables de l’augmentation des loyers commerciaux et de leur prix élevés. Nous ne sommes pas responsables du développement du e-commerce et des bouleversements qu’il entraine chez les consommateurs. C’est pourtant nous qui sommes pointés du doigt quand le commerce va mal en centre-ville » a-t-il déclaré dans un long plaidoyer. « C’est une question d’intérêt général, il nous faut un consensus, faire front commun. D’autres villes moyennes nous montrent que c’est possible. Ni la Ville de Blois ni les habitants n’y arriveront seuls. CCI, Chambre des Métiers, Fédérations de commerçants, Ville etc. nous devons tous nous y mettre. Ça aura un impact budgétaire mais à plusieurs on serait plus fort ».

commerces bloisChristelle Ferré, élue indépendante d’opposition « ne comprends pas trop cette réaction. Ça fait des années qu’on répète ce que vous déplorez ». Position que partage Jacques Chauvin, estimant que « ça mériterait un vrai débat. Nous avions voté contre la taxe sur les locaux vacants qui pour nous est inefficace ». Sans répondre directement à la charge de Louis Butheau, le maire de Blois ne nie pas « les difficultés grandissantes du commerce en ville, mais nous sommes parmi les villes qui s’en sortent le mieux ». Il rappelle que l’agglo a mis en place « un groupe de maires de la première couronne pour l’examen des demandes d’extension commerciales ».

Pas touche à la fiscalité

Le conseil municipal a ensuite examiné le « ROB » (Rapport d’orientations budgétaires), où les pertes de recettes liées à la baisse des dotations de l’État aux communes (ressources globales en légère baisse de 0,7 %). Malgré cela, la majorité municipale de Marc Gricourt décide de ne pas augmenter la fiscalité. Un ambitieux programme d’investissements de 38,4 M€ sera mené jusqu’à la fin de la mandature (2020). Dépenses qui augmentent et recettes qui stagnent (+ 0,5 %) : les contraintes budgétaires seront soumises au vote du budget primitif le 12 décembre prochain.

F.Sabourin.

 Calendrier du projet Saint-Vincent-Gare-Médicis :

* Décembre 2016 : dépôt du permis de construire devant la CDAC (Commission départementale d’aménagement commercial).
* Fin mars 2017 : début des fouilles archéologiques du site exigées par la Drac.
* 4e trimestre 2017 – 3e trimestre 2018 : travaux sur le secteur Monsabré (qui accueillera la future nouvelle Poste).
* Juin 2018 : acquisition du bâtiment de La Poste.
* Été 2018 : déménagement du collège Saint-Charles.
* Septembre – décembre 2018 : démolition de La Poste.
* Fin 2019 – début 2020 : ouverture au public des nouveaux espaces commerciaux.

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