Philippe Vigier : “Je reste un soutien d’Alain Juppé, question d’honneur”

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Le député UDI d’Eure-et-Loire Philippe Vigier, candidat malheureux aux élections régionales 2015, a soutenu Alain Juppé au premier tour de la primaire de la droite eu du centre, et le soutiendra au second. Le maire de Cloyes-sur-le-Loir estime qu’en cas de victoire de François Fillon, celui-ci sera “obligé de travailler sur le centre“.

Philipe Vigier avec Alain Juppé

Philipe Vigier avec Alain Juppé


Avez-vous été étonné par  le score obtenu par François Fillon au premier tour de la primaire ?

Philippe Vigier : Comme tout le monde, j’ai été surpris. François Fillon a pris trente points en trois semaines. Cela ne s’était jamais vu à une élection sous la Ve République. Ce résultat traduit une détresse profonde et il est porteur d’une volonté de réformer le pays dans laquelle s’est retrouvée une majorité d’électeurs.

Quatre millions de votants à cette primaire. Comment interprétez-vous cette forte participation  et le succès rencontré par cette primaire?

Philippe Vigier

Philippe Vigier

Contrairement à  une idée répandue, les Français aiment la politique et l’ont fait savoir. On pouvait craindre que le monde rural  ne se rende pas aux urnes en raison de l’éloignement des bureaux de vote. C’est le cas dans mon département en Eure-et-Loir, comme dans les cinq autres de la région  Centre-Val- de- Loire,  comme partout ailleurs. Je m’en réjouis. Ils ont clairement manifesté leur  opinion et leur souhait de changement radical.

Au premier tour vous souteniez  le candidat Juppé, certains centristes rejoignent François Fillon et vous ?

Je reste un soutien d’Alain Juppé. On ne change pas de camp au milieu d’une compétition, c’est une question d’honneur. A ce propos je tiens à faire remarquer que le maire de Bordeaux n’a pas perdu beaucoup  par rapport  à ce que lui  accordaient les derniers sondages. Ils le voyaient à 31%, il a obtenu 28,6%.

Comment envisagez-vous le second tour, dimanche prochain?

juppé vigierDimanche prochain  ce sera un autre match. Quel sera le corps électoral ? Combien iront voter pour dire qu’ils se retrouvent dans les idées et les propositions de François Fillon ou d’Alain Juppé ? Nul ne sait.  Ce sera une confrontation de projet contre projet après une campagne qui a démarré dès lundi et qui connaîtra un moment clé avec le débat de jeudi auquel Alain Juppé m’a invité à assister. Les débats du premier tour ont eu une influence considérable, celui-ci en aura aussi. Il faut attendre et voir mais   je souhaite que la campagne reste digne, propre, sans invective et sans coup bas.     Chacun doit rester calme. Il est des cicatrices qui ne s’effacent pas et avec lesquelles il est difficile de rassembler les gens et de les faire travailler ensemble.                                                       

Dans l’hypothèse assez  probable où François Fillon l’emporte, les centristes pourront-ils  soutenir la ligne défendue par l’ancien premier ministre ?

Nous connaissons bien François Fillon. Lorsqu’il était à Matignon les centristes étaient  les alliés de sa majorité. Il a fait une campagne à droite, mais il sera obligé de travailler avec le centre, ce qu’il a déjà fait en tant que premier ministre. La droite sans le centre ne gagnera pas la présidentielle. Nous lui demanderons de faire confiance aux régions et aux acteurs des territoires, de recentrer l’état sur les questions régaliennes. Nous sommes, par exemple, en accord sur sa politique fiscale en faveur de l’investissement des entreprises et la  baisse massive des cotisations sociales,  sur l’harmonisation des régimes de retraite, sur une réduction massive mais réaliste des dépenses publiques par exemple.

Une victoire Fillon vous obligera à négocier et à ajuster le nombre d’investitures aux législatives,  accord indispensable à une entente LR – UDI. Où en êtes-vous?

Il y aura un bureau exécutif la semaine prochaine. Naturellement, il y aura des discussions avec nos amis les Républicains pour choisir les meilleurs candidats possible.  Nous serons des partenaires loyaux. Nous voulons une majorité solide, fiable pour réussir le prochain quinquennat et pour la France.

Propos recueillis par Françoise Cariès.

 

Philippe Vigier, Président du groupe Union des Démocrates et Indépendants, estime que la baisse artificielle du chômage relève du cynisme le plus total et n’apporte aucune crédibilité à la candidature de François Hollande.

« Je ne peux naturellement que me réjouir de cette deuxième baisse consécutive du chômage, même si elle est évidemment insuffisante pour inverser la courbe du chômage, ainsi que l’avait promis François Hollande.

En effet, à la veille d’une éventuelle déclaration de candidature de François Hollande, qu’il avait lui-même conditionnée à un bilan positif sur le chômage, il y a plus d’un million de chômeuses et de chômeurs supplémentaires par rapport à 2012.

Il s’agit d’un échec terrible pour François Hollande et toutes celles et tous ceux qui ont soutenu sa politique.

Cette baisse du chômage n’apporte par conséquent aucune crédibilité à François Hollande, qui est désormais totalement disqualifié pour porter les réformes dont la France aura besoin pour renouer avec la croissance et l’emploi. Pire, elle témoigne de son profond cynisme, puisqu’il a multiplié les tours de passe-passe pour diminuer artificiellement le chômage, et renoncé à toute réforme ambitieuse, sans aucune considération pour les drames humains et sociaux qui se sont joués tout au long de son quinquennat.

Derrière cette courbe et ses artifices comptables se cache en effet une augmentation désastreuse du nombre de chômeuses et de chômeurs de longue durée, qui a et continuera longtemps d’avoir des conséquences graves sur notre cohésion sociale.

Derrière cette courbe, ce sont parfois des familles qui explosent, des suicides, des dépressions, des enfants en échec scolaire.

Derrière ce pari personnel, il n’y a que le propre sort de François Hollande qui se joue, et non pas celui des milliers de chômeuses et de chômeurs qu’il a depuis longtemps abandonnés » déclare Philippe Vigier.

Commentaires

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  1. Philippe Vigier met l’accent sur le chômage, mais il y a tant d’autres points qui ne vont pas en France :
    – déclin de nos industries,
    – commerce extérieur déficitaire, dette publique abyssale, salaires et retraites bloqués,
    – éducation nationale de moins en moins efficace, alors que lenombre de bacheliers avec mention a explosé,
    – universités mal gérées,
    – désertification médicale et systèmes de santé hospitaliers publics toujours sur la corde raide,
    – colère des policiers, des pompiers,
    – asphyxie budgetaire des collectivités territoriales, et retard à la fusion des communes,
    – état des réseaux ferrés et des centrales nucléaires,
    – agriculture déséquilibrée par la perte de marchés comme la Russie,
    – dépenses militaires et problèmes d’entraînement et d’effectifs,
    – image de la France dans le monde,
    – pollution,
    – menaces terroristes,
    – immigration et intégration.

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