Great moment for The Great Disaster

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Le naufrage du Titanic a donné lieu à de nombreuses productions culturelles. Mais celle-ci… ! Au Théâtre de la Tête Noire (Loiret), Anne-Laure Liégeois met en scène Olivier Dutilloy sur le texte de Patrick Kermann. Un comédien pour un monologue intense, des voix multiples et un récit à en perdre haleine. Le tout, figé pendant 55 minutes. Une performance physique et artistique simplement géniale !

Photo christophe-raynaud-de-lage

Photo christophe-raynaud-de-lage

L’homme est déjà sur scène en pleine lumière, les yeux fermés, bras nus le long du corps. Les pieds stables à une quarantaine de centimètres l’un de l’autre, il est bien droit, immobile, raide comme un piquet… raide comme un mort. Un mort, dont seuls la bouche et les yeux vont nous parler du fond de l’océan glacial.

Ce mort, c’est Giovanni Pastore, alias Jean le berger, jeune émigré italien ne sachant pas nager qui a quitté ses montagnes du Frioul pour aller chercher du travail, d’abord en France puis en Allemagne avant d’embarquer à Cherbourg comme plongeur à bord du Titanic où il lavera et astiquera les 3177 petites cuillères en argent du restaurant des premières classes et avec lesquelles il sombrera par devoir.

Depuis les profondeurs, Giovanni remonte le cours de sa vie et raconte. Raconte, dans un débit sans pause, intense, vivant et sans jamais trébucher, son enfance dans les montagnes, la noyade de la nonna dans la fontaine, la main froide de Cécilia… Une courte vie, modeste et monotone, qui s’oppose et se glisse dans les scènes et dialogues futiles des premières classes. Un autre monde, attaché au champagne, à la bourse et aux petites tâches sur les vêtements. Un monde qui n’a que faire des troisièmes classes, ceux qui n’ont accès à rien et certainement pas aux canots de sauvetage. Ceux que l’on ne comptera pas parmi les victimes et avec lesquels Giovanni sombrera au fond de l’eau.

Un grand rendez-vous où Olivier Dutilloy arrive à nous captiver et à nous ancrer dans des scènes, uniquement à la force de ses yeux, de sa bouche et de sa narration, sans décor, ni costume, sans rien. C’est fort, beau, parfois drôle et émouvant, statique et dynamique à la fois, original, exceptionnel. Bref, une prouesse sur toute la ligne.

E.B.

Vendredi 25 et samedi 26 novembre à 20h30.

Théâtre de la Tête Noire 144, ancienne route de Chartres, 45770 Saran

Tél. 02 38 73 02 00

www.theatre-tete-noire.com

 

 

 

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